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Hurnam devrait-il démissionner ?

30 octobre 2004, 20:00

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La présence de Dev Hurnam dans l?hémicycle met mal à l?aise. Certains avocats et politiques attachés à la déférence due à l?honorable chambre et au titre, ont dû mal à accepter qu?il ne se retire pas. L?opposition, elle, ose le dire. Et mettre la pression.

« Nous pensons plus que jamais que Dev Hurnam devrait démissionner en attendant d?être blanchi par la cour. » Navin Ramgoolam, le leader de l?opposition, considère que maintenant qu?il fait l?objet d?une enquête judiciaire préliminaire (voir hors-texte), le député de Pamplemousses-Triolet devrait se mettre à l?écart.

La prise de position de l?opposition, précise-t-il, n?a rien de nouveau. « Contrairement à ce que certains avaient avancé, nous avons dès le départ exprimé notre point de vue sur la question. J?avais personnellement protesté le 20 juillet dernier lorsque, quelques minutes à peine après sa remise en liberté sous caution, Dev Hurnam avait adressé une question supplémentaire à ma Private Notice Question. Notre protestation n?avait pas plu à la majorité. »

La requête de l?opposition, pour pertinente qu?elle puisse être, ne reste cependant que sur le plan de l?éthique. « Rien dans la Constitution n?oblige Dev Hurnam à démissionner », explique un éminent juriste qui tient cependant à garder l?anonymat.

Une posture adoptée par un autre avocat et ancien parlementaire. Alors que le premier évite de se prononcer sur la question de l?éthique, le second ne s?en prive pas. Il confie que « la décence voudrait qu?il démissionne de son propre chef et demande à la cour d?entendre l?affaire au plus vite. »

Dev Hurnam devient le second parlementaire depuis l?accession du pays à l?indépendance, après feu Sir Gaëtan Duval, à faire face à un tribunal dans le cadre d?une enquête préliminaire. En septembre 1989, le tribunal de Flacq avait ouvert une enquête préliminaire pour se prononcer sur trois accusations provisoires logées contre le leader d?alors du Parti mauricien social-démocrate (PMSD). C?était dans le sillage de l?attentat qui avait coûté la vie à Azor Adélaïde, en 1971. Le dossier fut par la suite classé sur décision du DPP.

Contrairement à ce qui se passe actuellement dans le cas de Dev Hurnam, l?affaire Duval resta toutefois confinée dans les limites du judiciaire. La classe politique évita de se mouiller, car l?opinion était des plus sceptiques. En raison sans doute du fait que Moorgesh Shummoogum, l?accusateur, qui avait été condamné pour sa participation à l?attentat de 1971, avait mis plus de dix-huit ans avant de parler. Mais également parce que le PMSD avait repris sa place sur les bancs de l?opposition.

À ce stade, rien n?oblige un député qui se retrouve dans le cas de Dev Hurnam à la démission. Il ne perd son siège que s?il est condamné à plus de 12 mois de prison. Depuis le mois de juillet, le député de Triolet-Pamplemousses, suspendu de toutes les instances du Mouvement militant mauricien, siège en indépendant. Tout laisse croire qu?il continuera à le faire jusqu?à la dissolution, qui aura lieu, selon toutes vraisemblances, avant la mi-mai 2005.

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