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Timorés...
Le premier sentiment qui émane de la lecture de ce rapport est qu?ils ne sont pas nombreux ceux qui pensent qu?un tel contrôle est urgent. Le ton est désabusé. Après deux ans de travail, le comité reconnaît n?avoir pas suffisamment approfondi le sujet, déplore l?absence de ses membres aux réunions, la rareté des idées des politiques, quasiment en retrait du débat (seuls le MSM et Rama Sithanen ont déposé). Le président affiche son scepticisme en faisant remarquer que ce ne serait pas étonnant qu?on n?y parvienne pas puisque bien des pays calent. Il est clair que le politique n?est guère motivé par ce changement.
Ce manque de motivation se reflète dans le rapport lui-même : le comité d?élite passe en revue les possibilités de choix, les pistes de réflexion, sans débattre de l?intérêt que telle ou telle option représenterait pour nous, au lieu de recommander une option précise. Il ne s?aventure pas à imposer. Il a permis de savoir cependant qu?est-ce qui est réalisable et ce qui ne l?est pas.
Nous avons besoin d?un réel contrôle. Il y a deux visées que tout projet de financement des partis doit avoir. Mettre un terme au fait qu?un parti se démarque essentiellement grâce aux moyens financiers déployés et non par la qualité de son programme. Et empêcher qu?un candidat ou un parti nouvellement élu ne se sente redevable à un bailleur de fonds, ce qui l?amènerait à répondre à ses propres intérêts et non à ceux de l?Etat. Sur ces deux plans, notre système pêche : un folklore qui étouffe les idées et pas de transparence.
Avons-nous trouvé les moyens de réduire le folklore, cet excès d?agents, de bases, de taxis, de portables, de cadeaux à distribuer... items gourmands qui font couler à flot l?argent ? Pour qu?on dépense moins et qu?on réfléchisse plus, il faudrait faire dévier les pratiques vers les débats télévisés, les débats en salle, le programme par courrier. L?idée est effleurée. Mais l?électeur est-il prêt pour ce type de « marketing » ? Pourra-t-il comprendre que le politique ne soit plus aussi « présent », communique autrement ? Le message passera-t-il ? Il est peu probable. D?où la réticence du politique sans doute. Ces formes de subvention indirecte n?ont pas beaucoup de chances de suffire.
La subvention directe et le contrôle par audit, alors. Il est dommage que l?idée d?un fonds commun proposé par Sachs soit abandonnée. Ce fonds de transition qui rend neutres les donateurs garantissait une partie de la transparence qui aurait protégé celui qui reçoit et celui qui donne. Un débat au Royaume Uni en 1997 illustre cet avantage. Le gouvernement travailliste décide de ne pas interdire la publicité sur le tabac. On découvre ensuite qu?il a reçu une contribution de $ 1,5 m d?un promoteur de courses de Formule Un, proche de. l?industrie du tabac. Des allégations de corruption surgissent. Le parti doit retourner la contribution. Sa décision avait-elle un lien ? Peut-être, peut-être pas. Mais la subvention directe, bien que déclarée, expose les deux parties.
Cela est d?autant plus regrettable que les raisons semblent futiles. Les donateurs refuseraient de financer ceux qui ne partagent pas leurs « idéologies ». Nos partis en ont-ils ? Difficile d?admettre que telle compagnie, gros financier, partage aussi catégoriquement « la philosophie travailliste ou militante » pour déterminer qu?il finance un parti plutot qu?un autre. « Le seuil de 15 % éliminerait les emerging political parties », lit-on encore. Le jeu d?alliances n?empêche-t-il pas déjà ces partis d?émerger. On est bien forcé de penser que la vraie raison c?est le refus de la transparence.
Le changement le plus admis est l?audit des comptes et la déclaration publique des avoirs à l?Electoral Supervisory Commission. L?idée d?en faire le contrôleur en chef est appréciable. Reste le défi de l?audit, qui devra contourner la créativité des pratiques comptables... Un mécanisme solide reste à inventer. Il faut pousser la réflexion encore plus loin.
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