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«Bérenger a été une déception»

29 octobre 2004, 20:00

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● Quel est l?état d?esprit de l?opposition travailliste à la reprise des travaux parlementaires ?

L?opposition a fait ressortir à maintes reprises que son objectif principal est de provoquer les élections générales anticipées. Pour la bonne et simple raison que le gouvernement a failli dans sa tâche. Nous travaillons donc dans ce sens pour que le peuple ait l?occasion de censurer ce gouvernement. Au parlement, notre devoir c?est d?acculer le gouvernement.

● En tout cas, pour le gouvernement, il n?y aura pas d?élections anticipées. Donc, à un an des élections générales, quel est le « mood » dans le pays, selon vous ?

Ecoutez, il y a une communion palpable entre le parti travailliste (PTr) et l?électorat. Les clignotants sociaux et économiques sont au rouge et le peuple a besoin d?un changement.

● On nous affirme sans cesse que tout va bien entre les partenaires de l?alliance gouvernementale. Qu?en pensez-vous ?

Je sais qu?à l?intérieur des partis au sein du gouvernement, il y a le sentiment que rien ne va plus. Pas plus tard que mardi, avant la séance parlementaire, il y a eu une prise de bec entre le Premier ministre et le député Meghduth Chumroo. Le leader du MMM a reproché au député MSM son excès de zèle sans que le leader du MSM puisse intervenir. Cela démontre une main mise totale du Premier ministre sur le MSM. Cela coule de source aussi qu?il y a une équipe au sein du MSM qui quittera le gouvernement bientôt.

● Des ministres aussi?

Tout ce que je peux vous dire c?est que quand on a enlevé le dossier de métro léger, cela a profondément blessé le ministre des Infrastructures publiques et du transport, Anil Bachoo. C?est une gifle magistrale et cela a consolidé ce groupe de contestataires et les pousse davantage vers la dissension.

● Vous parliez d?une communion entre l?électorat et le PTr mais il ne faut pas oublier que le MMM est très fort sur le terrain.

Ah non ! Malgré son pouvoir au sein du gouvernement, la popularité du MMM en dehors de l?hôtel du gouvernement a diminué. Le parti est tellement vulnérable qu?il est devenu un quémandeur. La population a dégagé un consensus selon lequel le MMM et le MSM ont moralement et légitimement perdu le droit de diriger le gouvernement, même s?ils le font en toute légalité.

● Pourquoi ?

Jamais depuis l?indépendance, les indicateurs économiques et sociaux n?ont été aussi rouges? (Rires) dans tous les sens. Au niveau sectoriel, ils sont tous dans une impasse. Il n?y a jamais eu de morosité et de défaitisme dans l?état d?âme des Mauriciens. Il y a donc un uphill battle. Le psyché de la population exige un nouveau paradigm shift. Le gouvernement, s?il avait un sens du devoir, aurait dû accorder des élections anticipées pour le bien-être de la population. Le FMI nous rappelle tous les jours notre problème de chômage et d?endettement. Maurice risque d?être rétrogradée comme un least developping country. Nous avons le problème institutionnel ? que nous le voulions ou pas, l?affaire MCB ne nous a pas fait de bien ? celui de Law and Order, le rapport du Straconsult, de Transparency International. Le gouvernement, avec sa politique de spin doctoring, devient ridicule. Tout cela ressemble à une comédie malheureusement ancrée dans les réalités tragiques de la politique gouvernementale.

● Et quel est le rôle de l?opposition dans tout cela ? D?y assister, impuissant ?

Le rôle de l?opposition est non seulement to have its say mais aujourd?hui, grâce à une politique de proximité et à travers le dialogue, il représente l?alternance. Le leader de l?opposition a déjà désigné l?éventuel ministre des Finances, nous avons mis sur pied le national policy forum et nous avons un comité d?experts qui travaille sur notre nouveau contrat social basé sur la démocratisation de l?économie, pour que tout le monde ait droit à une participation dans un développement sain du social et de l?économique.

● Cette participation dont vous parlez passe-t-il par la consultation avec la population ?

Oui c?est un dialogue. Nous interpellons les gens, ils nous interpellent. Quand les pensionnés viennent vous dire «Arvin, kan ou rant dan gouvernman, get mo pansyon», cela interpelle. Ces Rs 2 000 sont importantes pour ces personnes. Le gouvernement les a angoissées.

● Dans le concret, que proposez-vous ?

Nous avons un gros problème d?investissement. Moi, je dis prenons avantage de ce que nous appelons la diaspora mauricienne pour amener ce climat de sérénité et de confiance. La Chine a bâti son économie sur la diaspora chinoise, l?Inde essaye de bâtir la sienne sur les Non Resident Indians et Maurice doit avoir une database sur les Non Resident Mauritians et les encourager. Nous parlons de Permanent Resident Scheme pour les étrangers. Pourquoi pas pour la diaspora mauricienne ? Et puis, je pense qu?il faut faire en sorte que Maurice devienne un low tax country. Mais qu?importe ce que nous faisons, le plus important c?est que cela soit financièrement et économiquement sustainable. Et bien sûr, il nous faut la volonté politique. On ne dirige pas un pays de la façon dont ils le font maintenant.

● Vous dites donc que Bérenger ne sait pas diriger le pays ?

Je dis que son gouvernement ne sait pas diriger le pays. Et nous savons qui est le chef du gouvernement. Paul Bérenger a eu une occasion unique de démontrer ce qu?est le sens du devoir et du patriotisme. Cela a été une occasion ratée. Il a passé son temps a faire de la politicaillerie et de la politique partisane.

● Je sais que votre leader a fait savoir qu?à ce stade, il n?est pas intéressé par une alliance électorale. Mais cela peut changer?

Le leader a fait ressortir que la famille du PTr doit grandir et il y a eu des rencontres avec des anciens MMM et MSM pour qu?ils se joignent à nous. Nous élargissons notre base électorale parce qu?il y a beaucoup de déçus et ceux qui se sentent trahis par le MMM et le MSM. Le chômage est en hausse de même que la pauvreté. Et le gouvernement ne règle pas ces problèmes.

● Quel bilan faites-vous du « Prime ministership » de Paul Bérenger?

Si Paul Bérenger n?avait pas accédé au poste de Premier ministre, les gens auraient toujours pensé qu?il aurait été le meilleur Premier ministre que Maurice ait jamais connu. Donc c?est une très bonne chose qu?il soit devenu Premier ministre parce qu?il a été une déception totale. L?histoire va juger cette période comme the rapid fall and decline of the leader of the MMM.

● Parlons de votre leader. Ses proches disent qu?il a changé. Dans quelle mesure ?

En ce qu?il s?agit de Navin Ramgoolam, les personnes vivent la différence et sentent la différence. Sa grandeur réside dans son approche et sa dimension humanitaire. Il a aussi eu la grandeur de dire que certaines erreurs du passé ne seront pas répétées. C?est l?engagement du parti travailliste.

● Si l?alliance sociale va seule aux élections, n?allez-vous pas rencontrer des difficultés dans les villes ?

Pas du tout. Nous abattons un travail formidable au niveau des villes. Le tandem Burty David/Mathieu Laclé fait un très bon travail. Le problème de Doowarkasing à Malherbes reflète cela. There is no substitute for hard work. Nous avons un très bon response dans la circonscription du Premier ministre. Les problèmes sociaux à Camp-Levieux par exemple sont choquants. Finalement, notre mal c?est un bread and butter issue.

● Que pensez-vous de la présence continue de Dev Hurnam à l?assemblée nationale ?

Dev Hurnam est maître de son âme et de sa conscience. Il parle de justice divine. Cela nous interpelle et nous devons nous demander si ce qui est légal est aussi moral et légitime. D?autre part, peut -être est-il temps pour le DPP de motiver ses décisions ?

« Bérenger a eu une occasion unique de démontrer ce qu?est le sens du devoir et du patriotisme. Cela a été une occasion ratée. Il a passé son temps a faire de la politicaillerie et de la politique partisane. »

« Nous avons un très bon ?response? dans la circonscription du Premier ministre. Les problèmes sociaux à Camp-Levieux par exemple sont choquants. Finalement, notre mal c?est un ?bread and butter issue?.»

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