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Boodhoo critique la commission Glover

29 octobre 2004, 20:00

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Harish Boodhoo ne nourrit pas grand espoir sur les conclusions du rapport Glover. Celles-ci, qui devront être prêtes en novembre, seront «bâclées et incomplètes», dit-il. Dans une correspondance adressée jeudi au chef du gouvernement, Paul Bérenger, il veut démontrer la « faillite » de la commission et celle du gouvernement.

D’abord, il reproche à ce dernier de n’avoir pas suspendu les séances de ventes à la barre alors que les travaux de la commission d’enquête se poursuivaient. Harish Boodhoo trouve par ailleurs que les autorités ont fait une « erreur » en n’incluant pas la prescription dans les attributions de la commission d’enquête.

Le journaliste politicien, qui a longuement combattu avec les «victimes» de ce système, affiche aussi son désarroi à propos de la présidence de la commission. «Le président a laissé une mauvaise perception dans l’esprit des Mauriciens», soutient-il. Plusieurs personnes, dont les huissiers, les courtiers, les casseurs, n’ont pas été convoquées. Et les documents soumis par les 225 présumées victimes n’ont pas été passés à la loupe ni référés au parquet pour des vérifications plus approfondies, dit-il.

Harish Boodhoo estime aussi que la commission d’enquête n’a pas utilisé certains de ses pouvoirs dont les perquisitions et l’examen des comptes bancaires, entre autres. Ainsi, il compte organiser une grande réunion des «victimes», le 5 novembre prochain, au centre Marie-Reine-de-la-Paix. «Il faut que les victimes et tous les Mauriciens se mobilisent pour que le judiciaire puisse retrouver ses lettres de noblesse. Les avoués, les avocats et les notaires ont trop abusé de la confiance des gens», soutient Harish Boodhoo.

Il a également lancé l’idée d’un front commun sur la question. Il se dit disposé à avoir des discussions avec le leader de l’opposition et des syndicats, entre autres, pour faire aboutir son combat.

La réunion du 5 novembre sera une réunion préparatoire avant le grand meeting devant la Cour suprême, prévu après les conclusions du rapport Glover. Ce meeting est, selon lui nécessaire, car «se pa sa komisyon danket ki dimounn inn swete e nou pou desann dan lari aster ». Il a exprimé des réserves sur les enquêtes de l’Independant Commission against Corruption et de la police.

Il se réjouit toutefois que le commissaire de Police ait envoyé une équipe à Rodrigues pour une enquête dans le cadre de la vente à la barre tout en déplorant que la commission d’enquête y a été quelque peu «boycottée». Harish Boodhoo a fait part d’un cas où il a aidé une dame, à Rodrigues. Dans sa déposition à la police il explique qu’«un parlementaire aurait demandé Rs 20 000 à une vieille dame pour arpentage alors qu’il était avoué».

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