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Malgré le vote de la Knesset Sharon reste sous pression
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Malgré le vote de la Knesset Sharon reste sous pression
Au lendemain du vote par la Knesset de son plan de retrait de la bande de Gaza, Ariel Sharon a fermement rejeté mercredi l’appel émanant de quatre de ses ministres en faveur d’un référendum sur son projet. Ce plan sans précédent visant à évacuer le territoire palestinien occupé depuis 1967 a valu à Sharon des menaces de mort et de guerre civile, profondément divisé son parti, le Likoud, et plongé le paysage politique israélien dans la tourmente.
Benjamin Netanyahou, l’actuel Grand argentier et rival numéro un de Sharon au sein du Likoud, ainsi que trois autres membres du gouvernement israélien ont donné deux semaines au Premier ministre pour organiser un référendum, sous peine de démission. “Je ne cèderai jamais aux pressions et aux menaces et je n’accepterai jamais un quelconque ultimatum”, a déclaré Ariel Sharon au quotidien Haaretz.
“Ma position sur le référendum n’a pas changé: j’y suis hostile parce qu’il provoquerait de fortes tensions et déstabiliserait l’opinion publique”, a-t-il ajouté. Selon un sondage publié mercredi dans le quotidien Maariv, la moitié des Israéliens se disent favorables à un référendum; dans ce cas de figure, 59% voteraient “oui” au plan Sharon et 28% “non”.
Sharon redoute aussi que le référendum retarde l’application de son plan, qui prévoit un retrait des 21 colonies juives de la bande de Gaza et de quatre des 120 implantations de Cisjordanie. Les évacuations, qui se dérouleront en quatre phases en 2005, ne débuteront qu’après un vote du cabinet de Sharon, attendu en mars. “Nous ne pouvons pas encore totalement exclure la possibilité d’un référendum”, a toutefois déclaré un proche de Sharon.
<B>Situation inconfortable</B>
Le départ du gouvernement de coalition de Netanyahou et de ses trois amis du Likoud placerait Sharon dans une situation très inconfortable: il risquerait en effet de provoquer la chute de son cabinet et, par conséquent, la tenue d’élections législatives anticipées en Israël. Ancien Premier ministre, Benjamin Netanyahou est considéré par les marchés comme l’instigateur des réformes économiques.
Sa menace de démission a d’ailleurs fait baisser les valeurs israéliennes à la Bourse de Tel Aviv et fait plonger le cours de la devise israélienne par rapport au dollar. “Les marchés craignent que Netanyahu ne démissionne et que Sharon n’ait besoin de former une nouvelle équipe”, a déclaré un courtier de la banque Leumi. “Les marchés pensent que ‘Bibi’ est bon pour l’économie”.
Une autre possibilité pour Ariel Sharon consisterait à ouvrir sa coalition, aujourd’hui chancelante, au Parti travailliste, dont les députés ont tous voté en faveur de son plan de retrait. Mais une telle décision risquerait aussi de porter un coup très dur au Likoud, que Sharon a co-fondé, et le Premier ministre pourrait alors ne pas être désigné comme candidat de son parti en cas de nouvelles élections.
A l’issue d’un débat animé de deux jours, 67 députés ont voté le plan, contre 45 qui l’ont rejeté et sept qui se sont abstenus. Au sein du Likoud, le vote a été plus serré, 23 députés se prononçant pour, dont Netanyahou, et 17 contre. Deux ministres du Likoud ayant rejeté le plan ont immédiatement été exclus du gouvernement par le Premier ministre.
<B>Sharon rend hommage à Rabin</B>
Les sondages montrent qu’une majorité d’Israéliens soutient le plan qui prévoit l’évacuation des quelque 8 000 colons de la bande de Gaza vivant au milieu de 1,3 million de Palestiniens. La sécurité autour du Premier ministre a été renforcée ces derniers jours, les menaces de morts proférées contre lui étant prises très au sérieux. Pendant le débat à la Knesset, des milliers de colons entouraient le Parlement en traitant Sharon de “traître”.
“Nous avons liquidé Rabin et nous liquiderons Sharon”, pouvait-on lire sur un graffiti inscrit sur un mur. Le Premier ministre Yitzhak Rabin a été assassiné en novembre 1995 par un juif d’extrême-droite opposé au processus de paix. A l’époque, les travaillistes avaient accusé Sharon d’avoir contribué par la violence de ses propos à instaurer un climat délétère. Hasard du calendrier, les commémorations officielles organisées à la mémoire de Rabin avait lieu ce mercredi. “Si dans le climat passionnel du moment, nous avions dit des choses qui ne devaient pas l’être, je m’en excuse”, a déclaré Sharon lors du service religieux consacré à Rabin.
L’Union européenne a salué l’adoption du plan de retrait tout en rappelant que cette intiative devait s’intégrer dans un plan de paix plus large visant, à terme, à la création d’un Etat palestinien viable. “Cette décision est considérée comme une étape importante vers une résolution du conflit israélo-palestinen, à condition que le désengagement soit mis en oeuvre en cohérence avec les cinq éléments que l’UE a identifié”, a déclaré Bernard Bot, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, en référence aux différentes conditions fixées par la feuille de route.
Dès mardi soir, les Etats-Unis avaient également salué le vote de la Knesset. “Le plan de désengagement pourrait être historique et nous y voyons une étape importante vers la réalisation de la vision du président Bush de deux Etats coexistant en paix et dans la sécurité”, a déclaré Trent Duffy, porte-parole de la Maison blanche.
<B>Matthew Tostevin</B>
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