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Berlin exclut tout envoi de troupes en Irak

14 octobre 2004, 20:00

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L’Allemagne a exclu mercredi tout envoi de troupes en Irak dans un avenir proche, tout en n’écartant pas catégoriquement une nouvelle approche à terme, en cas d’évolution de la situation sur place.

Le chancelier allemand Gerhard Schröder a déclaré que l’Allemagne n’avait pas changé de position concernant l’Irak, et qu’elle n’avait pas l’intention d’y envoyer des soldats malgré les propos de son ministre de la Défense selon lequel ce serait envisageable. Schröder a souligné en Conseil des ministres que le gouvernement ne changerait pas de politique concernant l’Irak, ajoutant que le ministre de la Défense, Peter Struck, ne le souhaitait pas lui-même, a-t-on appris auprès d’un participant à la réunion. Le chancelier s’était entretenu au préalable mercredi par téléphone avec Struck, qui se trouve en Roumanie pour une réunion des ministres de la Défense de l’Otan.

<B>Dans le contexte électoral américain</B>

“La position du gouvernement est claire et ne changera pas. Il n’y aura pas de soldats allemands envoyés en Irak. Cela ne changera pas”, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Thomas Steg, à l’issue du Conseil des ministres. Dans la soirée, Schröder a réitéré sa position à l’issue d’une rencontre à Rome avec son homologue italien, Silvio Berlusconi. “La position de l’Allemagne ne changera pas. Nous n’enverrons pas de militaires en Irak”, a-t-il martelé lors d’une conférence de presse.

Dans un entretien publié mercredi par le Financial Times, Struck laissait en effet entendre que Berlin pourrait envisager de revenir sur son opposition à tout déploiement de troupes en Irak en fonction de l’évolution de la situation. “Pour le moment, j’exclus le déploiement de troupes allemandes en Irak. Plus généralement, cependant, personne ne peut prédire l’évolution de l’Irak au point d’exprimer définitivement un tel jugement”, explique-t-il dans cet entretien.

Pour les observateurs, la déclaration de Struck, qui intervient à quelques heures du dernier débat télévisé entre George Bush et John Kerry, est à replacer dans le contexte de la campagne électorale américaine. “Il faut analyser cela par rapport à la campagne électorale américaine et comme une façon pour le gouvernement allemand de se positionner en vue du futur président, quel qu’il soit”, estime Christian Hacke, professeur de sciences politiques à l’université de Bonn.

“La position du gouvernement allemand vis-à-vis de l’Irak est populaire en Allemagne, et elle ne sera pas modifiée fondamentalement si Kerry l’emporte. Mais Struck et Schröder savent qu’ils devront s’impliquer davantage à l’avenir et en conséquence préparent progressivement l’opinion publique”, analyse Dietmar Herz, professeur de sciences politiques à l’université d’Erfurt. Berlin, qui a toujours manifesté son hostlité à la politique irakienne de Bush, s’est déja déclaré favorable à la proposition de son rival démocrate d’organiser une conférence internationale sur l’Irak s’il était élu.

Les propos de Struck, membre du Parti social-démocrate (SPD) de Schröder, ont suscité des commentaires prudents de l’administration américaine. “Les Etats-Unis répètent avec constance qu’une participation internationale à la reconstruction et à la stabilisation de l’Irak est la bienvenue”, a simplement rappelé un membre de la délégation américaine en Roumanie.

En revanche, la sortie du ministre allemand a provoqué les critiques des Verts, alliés du SPD au sein du gouvernement fédéral. “Je suppose que Peter Struck veut dire que dans un avenir prévisible, il n’y aura pas d’implication allemande en Irak, que nous ne nous laisserons pas aspirer dans ce désastre”, a réagi Winfried Nachtwei, spécialiste des questions de défense au sein du groupe des Verts au Parlement.

“La position du gouvernement est inchangée: nous ne serons pas embarqués dans le conflit en Irak”, a-t-il ajouté. Ces derniers mois, Gerhard Schröder avait déjà indiqué en plusieurs occasions que l’armée allemande, présente en Afghanistan, ne serait pas déployée en Irak.

QUIPROQUO

<B>Schröder et Berlusconi ne l’entendent pas de la même oreille </B>

■ La conférence de presse donnée mercredi à Rome à l’issue du sommet germano-italien a donné lieu à une passe d’armes cocasse entre Gerhard Schröder et son hôte, Silvio Berlusconi. Motif: la soudaine panne d’oreillette utilisée par le chancelier allemand pour la traduction. Verdict immédiat du président du Conseil italien : “C’est un appareil de fabrication allemande”. Ce à quoi son hôte allemand a rétorqué en arborant un large sourire et en montrant la marque, Philips, de l’oreillette: “Néerlandaise”.

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