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Déchets métalliques : le bon filon
Le fer peut valoir de l’or. Le groupe Samlo a compris que le business du recyclage de vieux métaux vaut son pesant d’argent. Il en a fait son fer de lance.
La société a investi Rs 12 millions de roupies dans un broyeur. La spécialité de cette énorme machine de 29 tonnes : déchiqueter la ferraille. Elle est capable d’avaler 10 tonnes de ces déchets à l’heure, les broyer, et de les rendre en petits morceaux. Tout y passe. Elle peut digérer des carcasses de voitures, des réfrigérateurs… tout ce que l’on peut trouver comme déchet métallique.
Cette machine a été dédouanée hier. Sa particularité : elle est mobile. La gourmande peut effectivement se déplacer à travers l’île à l’aide d’un camion, permettant plus de flexibilité pour la collecte des déchets métalliques. Son autre caractéristique est qu’elle peut faire le tri des différents composants d’un produit. Par exemple, dans une voiture, elle peut séparer le pare-brise, les pneus, l’aluminium, et ne broyer ainsi que les matériaux en fer.
Le groupe Samlo, déjà connu dans la production de fer, a injecté de l’argent dans un tel équipement pour mieux consolider ses assises dans ce domaine. “Nous avons déjà une fonderie et produisions des barres de fer localement à partir des déchets métalliques. Dans la mesure où nous avons une forte demande pour le recyclage de fer, il était urgent de faire cet investissement”, souligne le directeur de la société, Mahen Gowresso.
En se lançant dans la récupération et le recyclage du fer, Samlo fait d’une pierre deux coups. Il contribuera à assainir l’environnement, tout en s’approvisionnant en matières premières pour sa fonderie.
Alliance du business et de l’écologie</B>
La société produit des barres de fer de diamètre allant de 8 à 25 millimètres. Prochainement, elle se lancera dans la fabrication de barres de 6 mm. Elle avait investi près de Rs 18 millions dans les équipements pour sa fonderie à La Pipe. Les déchets recyclés lui permettront d’obtenir sur place une des 25 composantes métalliques nécessaires à la production des barres de fer.
Le ministère de l’Environnement est très favorable a ce genre de projet, alliant business et écologie. Ananda Rajoo conseiller à ce ministère souligne que c’est une façon de valoriser les déchets. “Nous encourageons ce genre d’initiative. Au lieu de se débarrasser de ces carcasses à Mare-chicose, elles peuvent être réutilisées de manière économique. D’autant plus que cela permettra de lutter contre les dépotoirs sauvages et les eyesores”.
Samlo n’en est pas à sa première expérience dans la récupération de déchets métalliques. “Cela fait quinze ans que nous sommes dans ce domaine et nous y avons acquis une grande expérience”, déclare Mahen Gowresso.
Ses activités ne se limitent pas uniquement à Maurice. En 1997, la compagnie décroche un contrat du gouvernement seychellois pour récupérer de vieux métaux. Ils sont ensuite réexportés en Indonésie et en Malaisie, entre autres. L’entreprise emploie 25 personnes et obtient même une subvention du gouvernement.
Samlo est aussi présente à Madagascar à travers l’entreprise Madarail. Elle reprend les anciens rails des voies ferrées pour les réexporter. Contrairement aux Seychelles, l’activité y est beaucoup moins florissante. “Nous pensons nous retirer graduellement de Madagascar”, envisage Mahen Gowresso.
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