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Petits planteurs : Se regrouper pour survivre

5 octobre 2004, 20:00

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L’avenir des 37 000 petits planteurs de canne à sucre dépend du regroupement. C’est ce qui ressort d’un rapport de la Farmers Service Corporation, relayant leurs propositions, émises lors d’un atelier de travail tenu mi-août. Il a été soumis au ministère de l’Agriculture.

Cette réunion s’était avérée nécessaire après l’annonce de l’Union européenne de réformer le régime sucrier, entraînant une baisse du prix du sucre qu’elle importe des pays comme Maurice. Assurer leur survie nécessite, selon ces planteurs, des avantages financiers à chaque étape de la culture.

Ce segment de l’industrie sucrière représente 25 000 hectares, sur les 74 000 sous culture de canne. La majorité (98 %) des petits planteurs possède moins de 10 hectares. Chaque année, indique le rapport, ils encaissent des revenus avoisinants un milliard de roupies.

Un des thèmes abordés lors des discussions a été le regroupement des planteurs, une solution que tient à cœur le ministre de l’Agriculture, Nando Bodha. “La majorité des participants a été en faveur d’un regroupement, qui lui permettrait de réduire les coûts à la préparation des terres, à la plantation, à la récolte et les opérations post-coupe”, met en exergue le rapport.

<B>Exemption</B>

Cependant, l’idée de regrouper les petits planteurs ne date pas d’hier. La Land Area Management Unit, la Block Management Unit avaient été créées à cet effet. Les planteurs ont été réticents à adopter ce système pour diverses raisons : manque de soutien de l’Etat, perte d’indépendance, crainte d’une hausse des coûts à partager, problèmes d’héritage.

La donne internationale ayant changé, les planteurs manifestent cette volonté de regroupement, avec des propositions additionnelles : législation pour les encadrer et entité spécifique pour entretenir les groupes existants. L’aide gouvernementale sous forme de subventions, compensations et infrastructures adéquates est également souhaitée.

Le Global Cess Fund (d’une valeur de Rs 623 millions en 2003) qui fait tiquer les usiniers, principaux contributeurs, est également dans la ligne de mire des petits planteurs. D’emblée ils proposent d’en être exemptés au nom de leur taille restreinte.

Ils suggèrent que l’allocation de ce fonds à diverses organisations de soutien à l’industrie sucrière soit revue, et que l’Etat prenne à sa charge la pension des anciens dockers. “Les petits planteurs contribuent à hauteur de 35 % au Cess Fund. Ils demandent plus de transparence dans l’utilisation de cet argent par les récipiendaires”, affirme un observateur.

Ils vont plus loin. L’Apportionment ratio devra être revu. A ce jour, 78 % des revenus nets du sucre sont versés aux planteurs (tenant compte des déductions pour le Cess Fund et le Sugar Industry Fund Board), le reste allant aux usiniers. Mais ils réclament que 80 % reviennent aux planteurs. Cette demande entraînerait à coup sûr des débats agités.

S’adressant au Mauritius Sugar Syndicate, les petits planteurs souhaitent que 80 % des revenus leur soient versés avant la récolte. Pour bagasse et la mélasse (incluant le prix de l’électricité et autres dérivés), les prix devraient être revus à la hausse, et le paiement effectué au même moment que celui du sucre.

Pour financer le Voluntary Retirement Scheme, les établissements sucriers sont exemptés de la Land Conversion Tax. Les petits planteurs voudraient également en bénéficier.

<B>Exigences multiples</B>

En termes financiers, les exigences sont multiples, tant auprès des banques que de l’Etat. Ils demandent que les institutions bancaires réduisent leur taux d’intérêt à 3 % pour les nouvelles plantations et l’épierrage, baissent le taux punitif pour les paiements en retard, accroissent la limite d’emprunt pour la replantation et éliminent les frais d’enregistrement pour les prêts sécurisés.

Lors de l’atelier de travail, les planteurs se sont appesantis sur chaque étape de culture les concernant. De fait, ils demandent au ministère de l’Agriculture d’intervenir sur le contrôle des prix de fertilisants et herbicides, ainsi que sur la mise en place d’un fonds de stabilisation.

L’irrigation et la mécanisation sont essentielles pour la survie des planteurs. Ils attendent un meilleur réseau de l’Irrigation Authority, et une réduction des coûts en optimisant les ressources. En ce qui concerne la mécanisation, ils postulent pour un meilleur prix par service.

Et quid des laboureurs ? Les planteurs soulignent qu’à l’instar des pêcheurs professionnels, la FSC doit les enregistrer afin de leur accorder une aide financière pendant la saison creuse.

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