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Il emprunte Rs 33 000? et perd sa maison !
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Il emprunte Rs 33 000? et perd sa maison !
L?univers impitoyable des ?casseurs? fait toujours des ravages. Plusieurs victimes ont fait le récit de leurs malheurs à la commission Glover.
Mooneesamy Veerasamy, un retraité, emprunte Rs 33 000, signe une reconnaissance pour rembourser Rs 77 000, et finit par perdre sa maison, vendue Rs 450 000.
Pourtant, certains de ses paiements ont été faits à l?avoué du ?casseur?. En outre, il dit qu?il ignorait que son terrain et sa maison avaient été hypothéqués dans le contrat de prêt entre le ?casseur? et lui. Il sera mis devant le fait accompli peu avant un séjour à Madagascar. Deux jours auparavant, il effectue un paiement de Rs 10 000 à l?avoué qui le rassure : il n?a rien à craindre.
Son voyage dans la Grande île est perturbé par un appel de sa femme qui l?informe que sa maison a déjà été vendue pour Rs 450 000. Allant aux renseignements, il découvre qu?un avoué, souvent cité devant la commission d?enquête, ainsi que d?autres personnes, veulent bien lui retourner sa maison, mais contre cette somme.
La veuve et deux avoués
Une de ces personnes, un certain Reddy, connu aussi de la commission d?enquête, fait un outbidding pour racheter la maison. Ce dernier lui demande de payer un loyer mensuel de Rs 5 000. ?Couma mo capave payé, zot avoy tapers pu fer mwa sorti dans mo lacaz. La, Reddy pe rod mett procuration lors la caze?, se plaint Mooneesamy Veerasamy.
Il poursuit que ?pake tamassa passe dans sale by levy. Aster, zot pe rod pran lonn lor lacaz la. Zot habitie fer sa lor bann la caz sezi. Zot pran cass ar la bank e apre zot pa paye, e lacaz al sezii enkor?.
La veille de sa déposition devant la commission d?enquête, Reddy, qui connaît bien les rouages de la vente à la barre, lui propose de rencontrer un notaire. Il lui demande de signer des documents comprenant d?autres engagements pour qu?il récupère sa maison. Il refuse, mais offrira quand même Rs 5 000.
Ce cas sera probablement référé à l?Independent Commission against Corruption (Icac). Sir Victor Glover en a fait part à la fin de la déposition de Mooneesamy Veerasamy.
Ce dernier ne sera pas le seul à raconter ses mésaventures avec un ?casseur?. Krishna Sharma Ratan a, lui, emprunté Rs 106 000 pour rembourser des dettes à la State Bank of Mauritius et à la SICOM. Mais chez le notaire, il découvre avec surprise qu?il doit rembourser Rs 250 000.
Il rembourse Rs 75 000, mais, non-voyant, et ayant connu quelques instabilités au travail, il éprouve des difficultés pour continuer à payer. Son terrain est donc vendu pour cause de non-paiement. Mais l?anomalie vient du fait que même le terrain qu?il n?a pas mis en gage a aussi été vendu?
Cette séance de la commission d?enquête a également été marquée par les pleurs de Bibi Fareeda Baulam. Cette veuve emprunte Rs 60 000, et connaît immédiatement des difficultés. Elle a recours aux avoués qui lui promettent monts et merveilles en échange de fortes sommes d?argent, pour éviter la saisie de ses biens. Elle leur fait confiance et paie les montants souhaités. Elle déchantera très vite.
Elle évoque deux noms d?avoués, ce qui ne cause aucune surprise aux commissaires. Ses biens ont été vendus à la barre. ?Zot bann voler. Zot embet mwa. Moi monn faire serma coz la verite, zot fer sema coz menti?, crie-t-elle en pleurant. Sir Victor Glover écoute attentivement les doléances de Fareeda.
La veuve, qui connaît aujourd?hui de grosses difficultés financières, peut à peine articuler son récit, tant elle est en larmes: ?Dir zot ran mo cass. Si mo ti capav, mo ti pu pren enn fizi pou touye li. Zone fer dominer.? C?est avec amertume qu?elle relate son histoire, bien que le ton ne manquera, quelques fois, de faire sourire l?assistance.
Par deux fois, le nom d?un notaire, cité précédemment par quelques victimes, a été évoqué hier. Se rendant chez un notaire pour enlever le ?lien? sur un terrain, Premila Padaruth est conseillée par le secrétaire de celui-ci d?emprunter d?un ?casseur?. Ce qu?elle fait, pour Rs 300 000. Elle n?obtiendra son contrat pour ce prêt que six mois plus tard. Elle sollicite à nouveau le ?casseur? pour Rs 100 000. Mais malgré ses nombreux paiements, même de Rs 57 000 en plus, selon son comptable, elle perd ses biens.
Un délai cher
Dowtee Gooljar n?aura pas plus de chances avec ce même notaire. Elle emprunte Rs 67 000, toujours du même ?casseur?, mais doit rembourser quelque Rs 100 000. Puis, une réclamation de Rs 325 000 lui tombe dessus, de même qu?une menace de saisie. D?ailleurs, l?arrestation de l?avoué Iqbal Dauhoo, à la suite d?une enquête de l?Icac, est liée à cette histoire. Dans ce cas-ci, Sir Victor Glover lance à un des assesseurs : ??On va laisser l?Icac faire son travail.?
Il s?en est fallu de peu que Louis Hedley Monvoisin perde sa maison. Ayant emprunté de la Mauritius Commercial Bank (MCB) pour rembourser un prêt chez la SICOM, il ne sera pas au bout de ses peines. Il a dû attendre 15 jours pour connaître le montant des frais d?un avoué. Ce délai l?a contraint à payer Rs 8 153 de plus : ?Li pas enn gro somm, me zis coz sa larzen la mo ti pou perdi mo la caze.?
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