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La sucrerie Médine se lance dans le foncier et l?hôtellerie

28 septembre 2004, 20:00

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Médine se positionne pour faire face aux profonds changements structurels en cours dans l?industrie sucrière. Les développements envisagés se situent à plusieurs niveaux : fabrication du rhum agricole, le foncier, l?Integrated Resort Scheme (IRS) de Wolmar, la construction d?un immeuble pour espaces commerciaux et bureaux à Port-Louis, la production de sucres spéciaux et l?accélération de la diversification agricole. L?objectif du groupe est d?optimiser l?utilisation de ses terres non agricoles pour soutenir la croissance de ses revenus.

Médine compte augmenter sa production de sucre organique à partir de la campagne sucrière 2005. Destinée entièrement à l?exportation, la production dépendra de l?évolution de la demande, comme ce sera le cas pour les sucres spéciaux qu?elle compte aussi produire. Au cours de ces deux dernières années, la sucrerie a produit 100 tonnes de sucre organique sur une base expérimentale.

?La production est évidemment plus compliquée que celle du sucre ordinaire. Elle exige beaucoup plus de rigueur. Mais nous avons les équipements et les certifications nécessaires pour le faire. Nous maîtrisons les techniques. Mais il convient de tout mettre en ?uvre pour vendre notre brand name?, dit Jacques Forget, administrateur de Médine.

Le sucre organique est produit sans l?utilisation d?engrais et d?herbicides aux champs et sans produits chimiques à l?usine. Dans le passé, un certain nombre de sucreries ont commencé la production de sucre organique. Mais elles ont cessé par la suite pour différentes raisons.

L?autre projet de la sucrerie est la production du rhum agricole à partir du jus de canne. La production est prévue à partir de juin de l?année prochaine. Mais le produit sera en vente à la fin de l?année.

?Nous l?avons fabriqué jusqu?ici sur une base semi-industrielle. Nous avons effectué des essais l?année dernière. Il convient maintenant de peaufiner la formulation?, dit Jacques Forget.

L?immobilier n?est pas négligé. Médine fait construire actuellement la Médine Mews, un immeuble de 11 étages, à la rue La Chaussée, à Port-Louis. Il abritera des espaces commerciaux mais aussi des espaces pour bureaux. Le bâtiment sera prêt en 2006.

Construction de villas de luxe

L?investissement se chiffre à Rs 450 millions. Une bonne partie des espaces a déjà été réservée. ?Ce qui a d?ailleurs justifié la construction de l?immeuble?, souligne Jacques Forget.

A Wolmar, les travaux ont déjà commencé pour les projets tombant dans le cadre de l?IRS. Estimé à Rs 2 milliards, il vise à donner un nouveau souffle à l?investissement direct étranger. Le projet prévoit la construction de 119 villas de luxe s?étalant chacune sur une superficie d?environ un arpent et l?aménagement d?un parcours de golf aux caractéristiques internationales.

Mais ce projet IRS n?est qu?une des deux principales composantes d?un ?méga? projet de développement intégré du tourisme, de loisirs, et d?activités commerciales et résidentielles. L?autre partie de ce projet est la création d?un ?village? sur des terres de pâturages et de chasses. Un millier de lots, chacun d?environ 15 perches, seront exclusivement destinés aux Mauriciens pour la construction de maisons. Le ?village?, situé non loin des hôtels La Pirogue, Hilton et Sofitel comprendra aussi un parcours de golf.

Cependant, les longues procédures administratives n?arrangent pas les choses. La Letter of Intent émise par le Board of Investment au sujet de ce projet IRS date d?avril 2004.

?Le projet va donner un grand coup de pouce à l?industrie du bâtiment et aidera incontestablement à générer un grand nombre d?emplois. Cela va créer un dynamisme dans la région. Mais tout est bloqué car les permis tardent à venir.? Avec pour conséquence, dit Jacques Forget, que le souhait de Médine d?offrir une formation adaptée aux employés qui partent dans le cadre du plan de retraite volontaire afin qu?ils puissent trouver de l?emploi dans d?autres activités où la sucrerie est engagée, telles que l?IRS, ne peut encore se concrétiser.

Au total, 850 employés de Médine sont partis sous ce plan de retraite volontaire. En raison d?une éventuelle baisse du prix du sucre de 37 % acheté par l?Union européenne, il n?est pas impossible que d?autres personnes prennent une retraite anticipée.

Outre la compensation, ceux qui ont opté pour ce plan de retraite ont aussi obtenu un lopin de terre de 7 perches. Médine, à l?instar d?autres sucreries qui ont procédé à l?application de ce plan, aura à investir dans des travaux d?infrastructures, de l?eau, de l?électricité, et du téléphone pour permettre la construction des maisons. L?application de ce plan et l?aménagement de ces infrastructures atteindraient environ Rs 500 millions.

Ces infrastructures seront aussi utilisées par d?autres acquéreurs de terrains morcelés par la sucrerie aux fins résidentielles. Cela l?aidera à recouvrir ses investissements dans le plan de retraite volontaire et à honorer les prêts contractés auprès des banques à ce sujet.

Au cours des dix dernières années, ajoute Jacques Forget, nous nous sommes préparés à faire face aux changements que nous savions allaient surgir tôt ou tard dans l?industrie sucrière. On savait que les préférences accordées aux pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique n?allaient pas toujours durer.

Nous avons beaucoup investi, dit-il, dans l?épierrage des champs pour faciliter la mécanisation. Aujourd?hui, les opérations dans les champs sont mécanisées à 60 %. Environ un million de tonnes de roches proviennent chaque année des champs de cannes.

?Tout le développement que Maurice a connu ces dernières années, routes, bâtiments, immeubles et autres, a été fait en grande partie grâce aux pierres enlevées des champs de cannes.?

Médine compte accélérer la diversification agricole, notamment de la pomme de terre, de la pomme d?amour, des laitues et des filantes. Au total, 250 arpents seront consacrés à ces cultures. Cela permettra à cet établissement d?augmenter ses ventes à Rs 100 millions en 2005 contre Rs 20 millions actuellement.

En même temps un schéma directeur sur l?utilisation des terres de Médine est en préparation. Il aidera à la sucrerie à mieux planifier ses développements foncier, agricole, résidentiel et récréatif pour les 20 années à venir.

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