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Starmania manie des graines de star
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Starmania manie des graines de star
Guy Lagesse pose rarement sa bible. Sous le bras ou contre son c?ur, le dossier aux couvertures en plastique rouge n?est jamais loin de lui. Derrière ses lunettes rondes, Guy Lagesse n?a d?yeux que pour ces pages couvertes de notes. A peine s?il nous laisse jeter un rapide coup d??il à ce trésor : le texte de Starmania, avec dans la marge, les notes de Gérard Sullivan.
?Vous voyez, il y a tout là dedans.? Tout de l?univers prémonitoire de Monopolis, tel que l?a imaginé le curé de Notre Dame de Lourdes. ?Le plus difficile quand on remplace quelqu?un au pied levé, c?est de faire en sorte que le bébé vous aime.? La méthode Lagesse, mélange de nervosité et de douceur a des allures de pont suspendu. Passerelle entre la réalité des délais de production et la magie d?une comédie musicale mythique, vieille de 25 ans.
Pour apprivoiser zonards, serveuse automate, présentatrice télé ou homme d?affaires insatisfait, le metteur en scène man?uvre de manière radicale. Capitalisant sur le temps qui s?écoule inexorablement, il s?empare énergiquement du micro. ?Si on ne s?y met pas maintenant, on ne sera jamais prêt.? Le ton ne plaisante pas. C?est le signal. La pause est finie. Les foyers d?activités ? régie son et lumière, orchestre ? peuvent rompre le silence imposé par une équipe de tournage de la télé venue mettre en boîte quelques images.
Sur des airs de... rock?n?roll
A droite de la scène, le groupe Witness peut continuer à brancher guitares et ampli. Hans Mallet réchauffe l?air en pinçant les cordes de sa basse chargée d?électricité. Gérald Grenade, responsable de l?orchestre donne de la voix. ?Kouma to sorti biro to vinn fer balans.? Un pli barre son front quand le bassiste lui signale le branchement sommaire d?une multiprise.
De l?autre côté, Audrey Poussin et Jean Claude Labat répètent face à des miroirs. Ils s?attaquent à l?une des scènes où le businessman ?qui aurait voulu être un artiste? joue à ? je t?aime moi non plus? avec Stella Spotlight, flamboyante animatrice vedette de Télé Capital. Dans le miroir, elle lui lance une ?illade enflammée avant de flirter sur l?air d?une chanson. ?Dès fois je t?aime pas du tout ?, lui lance-t-elle. ?Je t?achète?, répond-t-il en repoussant une mèche blonde.
?Cela m?arrange d?avoir ce rôle?, nous dira Audrey Poussin entre deux sourires et un coup d??il à la queue de cheval haut perchée sur sa tête. ?Je crois que c?est dans mon caractère. ?
Guy Lagesse revient à la charge. Tape du pied, exige de la discipline. Les autres interprètes de Starmania mâchent rapidement les dernières bouchées de pain fourré qui leur sert de dîner. Hop, une rasade de boisson gazeuse et il est temps de s?équiper d?un micro portatif. Auparavant, Thierry Béchard, l?imposant Johnny Rockfort enfile son bandana et ses lunettes noires. A mi-chemin entre le pirate et le loubard, celui qui avait campé ce rôle une première fois en 1995, entre directement dans son personnage de terroriste.
Le temps de rajuster le châle épais qui protège ses puissantes cordes vocales contre le vent, Patricia Retournée, l?interprète de Sadia, l?étudiante agitatrice nous avoue : ?ce n?est pas simple de s?y adapter. La manière de chanter est différente quand on porte ce type de micro.? Véronique Chauveau, blonde, Crystal de Starmania ne communique que par des signes. Une méchante grippe a emporté sa voix. ?Mais elle se soigne ?, précise Dominique Couve, responsable de la logistique et de la communication du spectacle.
Les petites conversations reprennent. Guy Lagesse s?impatiente. Six danseurs au milieu desquels on reconnaît la silhouette menue d?Anthony Joseph, montent sur scène. Sauts, pirouettes, retour au point de départ. ?Non, vous n?êtes pas à la bonne place, vous sortez de l?arrière.? Le froid et la nuit pimentent cette quatrième scène du deuxième acte. Sadia et Ziggy ? campé par Alexandre Koenig ? sont poussés sur scène sur une sorte de tribune à roulettes.
Musiciens, chanteurs et danseurs s?élancent au même moment. Debout au pied de la scène, le metteur en scène veille aux détails. Les voix amplifiées par les micros résonnent entre les vieilles pierres. Sitôt le passage exécuté, les critiques pleuvent de deux côtés.
A droite, Gérald Grenade parle aux musiciens : ?Zot tou fer repeat bokou tro for.? A gauche, Guy Lagesse a posé sa bible sur le bord de la scène pour mimer la scène.
Rien n?est trop beau quand on a l?art de manier des voix puissantes, des étoiles naissantes. La scène sera remise sur le métier quatre fois. Les cheveux en bataille, la bouche sèche d?avoir tant parler, Guy Lagesse lâchera laconiquement : ?On y arrivera.?
LES BONNES
Gérard Sullivan se porte bien
■ La nouvelle a secoué plus d?un. La semaine dernière, la maladie forçait le dynamique prêtre et metteur en scène à abandonner l?opéra rock qu?il projette de monter depuis 1999. Selon Dominique Couve, responsable de la logistique et la communication de Starmania : ?Gérard Sullivan va bien. Il s?est fait opéré en Afrique du Sud et se porte mieux. Il se repose et nous espérons qu?il sera avec nous pour les deux dernières représentations. La nouvelle nous a tous rendus très tristes, mais en même temps, cela a suscité une très forte décharge d?émotion. C?est cette énergie qui va nous aider à mieux jouer.?
BILLETTERIE
Huit séances... pas une de plus
■ Gérard Sullivan nous aura prévenus. Starmania sera joué huit fois dans une Citadelle couverte du mardi 28 septembre au mardi 5 octobre, à 20 heures, sans possibilité de reprise. Solistes, ch?urs, musiciens se produiront en direct, en compagnie d?une quinzaine de danseurs. Les sièges numérotés sont en vente à Rs 250, Rs 200 et Rs 100. Les réservations peuvent être effectuées en appelant au 466 9999 ou en tapant www.otayo.com. Les recettes seront versées à Marriage Encounter et l?association Ki Nou Eté.
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