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Mood
Il y a un nouveau ?mood? dans le tourisme. Le Premier ministre le constate et s?en réjouit. La Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) et les principaux moteurs de l?industrie, les hôteliers et Air Mauritius, ont consenti à donner une nouvelle impulsion à leur partenariat. Si bien que le Premier ministre parle d?équipe neuve. A son crédit, il faut dire qu?il l?a provoqué, ce ?mood?. Sinon, probablement, Air Mauritius et les hôteliers se blâmeraient encore mutuellement pour la contre-performance du secteur touristique.
N?était-ce la prise en charge du dossier par Bérenger, la MTPA gérerait encore son maigre budget, essayant de concilier marketing de la destination et fréquents déplacements de son ministre de tutelle. Si l?on en croit justement le ?mood? dans l?industrie, elle n?est pas toujours parvenue à équilibrer ses calculs ces derniers temps.
Le problème d?accès aérien est largement saisonnier et Air Mauritius, affirmant disposer de capacité excédentaire, s?engage à répondre aux besoins des hôteliers à chaque fois qu?elle serait sollicitée. Pari ambitieux pour une petite compagnie à la flotte vieillissante.
Mais le Premier ministre se contente de l?explication et dit adieu au sempiternel problème de goulot d?étranglement, cauchemar des hôteliers. Il place sa mise sur le droit de transit qui, espérons le, améliorera l?accès à l?île lointaine où nous vivons.
Et Paul Bérenger s?emballe. Il verse dans le superlatif et parle de "breakthrough". Il est confiant d?avoir réuni les conditions pour relancer les arrivées touristiques. Ne vient-il pas également d?enlever l?obligation de visa pour les ressortissants indiens ? Bientôt, les Chinois, les Libanais et les Jordaniens bénéficieront également de cette dispense. Le choix de certains de ces marchés alternatifs laisse sceptique. Mais accordons à nos dirigeants le bénéfice du doute.
Nous avons envie de dire : ?Très bien, Monsieur le Premier ministre. Mais quid du budget de promotion ? N?est-ce pas de cela qu?on aurait aussi dû se préoccuper prioritairement ?? Au tréfonds de la vague, quand nous devrions être en train d?investir pour profiter de la reprise prédite par l?Organisation mondiale du tourisme (OMT), nous sommes encore à deviser des plans et des stratégies. Un comité conjoint secteurs privé-public commence seulement à se pencher sur la question.
En attendant, on se perd dans des thèses pour justifier les mauvais résultats. On va jusqu?à faire peu de cas de la stagnation dans les arrivées. Après tout, les recettes ne sont-elles pas en hausse ? En voilà un autre secteur de l?économie qui semble vouer sa survie à la dépréciation de la roupie. Une dépréciation qui, à bien y voir, aurait dû avoir enflé les arrivées et non le contraire?
Vous dites conjoncture ? Expliquez-nous comment le Sud-Est asiatique, foyer du SARS, fait plus de 15 % de croissance. Le Moyen-Orient, théâtre de turbulences quasi permanentes, affiche la pleine forme. Même les Etats-Unis, pays du "Ground Zero", reprend rapidement. Vous conviendrez, Monsieur le Premier ministre, que quelque chose de fondamental ne tourne pas très rond chez nous. Et pourtant, une gestion plus pointue de ce portefeuille aurait pu régler vos soucis de création d?emplois et de richesses pour quelques années au moins.
L?OMT a choisi la Malaisie comme pays hôte pour célébrer en ce 27 septembre, la Journée internationale du tourisme. Le message est clair pour qui veut bien décoder. Au plus vif du déclin de son industrie touristique, ce pays a su galvaniser tous les acteurs pour reconquérir les marchés. Il a bien voulu consacrer les moyens nécessaires à une gigantesque campagne de promotion, professionnellement conçue et menée.
Professionnellement. Pas au gré du ?mood? des acteurs.
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