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L?odyssée tragique d?un psychiatre-assassin

25 septembre 2004, 20:00

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Le verdict est finalement tombé. Jean-Éric Gassy, 48 ans, un ex-psychiatre d?origine mauricienne, devra passer le reste de sa vie dans les geôles australiennes pour meurtre.

Mercredi, la Cour suprême du sud de l?Australie l?a trouvé coupable du meurtre du Dr Margaret Tobin, directrice du service psychiatrique de cet état, en l?abattant par balles à Adélaïde, le 14 octobre 2002.

Jean-Éric l?a assassinée, lui reprochant d?être à l?origine de sa radiation de l?Ordre des psychiatres en 1997. Il a alors dû abandonner la blouse blanche pour gagner sa vie comme simple gardien.

Trois ans avant cette mise à pied, le Dr Tobin, chef hiérarchique de Jean-Éric Gassy au St George Hospital, à Sydney, avait rédigé un rapport contre lui. Elle avait fait part au conseil médical du New South Wales (NSW) de ses appréhensions quant aux capacités de Jean-Éric Gassy à traiter des patients. Il semblait en effet être atteint de troubles mentaux.

Souffrant d?une forme de mythomanie, il se disait « persécuté ». Il doit alors abandonner son poste, mais peut exercer sous certaines conditions imposées par le conseil médical du NSW.

Une première tentative échoue

Mais son état empire peu à peu. En 1997, un tribunal médical le déclare inapte à exercer comme psychiatre. Radié, on le contraint à s?installer chez ses parents. Jean-Éric Gassy est alors animé d?une haine farouche envers le Dr Tobin à qui il attribue tous ses malheurs. Pour corser le tout, il s?est auto diagnostiqué une infection au VIH, et ce malgré l?avis de différents spécialistes.

Dès lors, il traque sa « persécutrice ». Il s?informe sur ses moindres déplacements grâce à une newsletter destinée aux psychiatres. En mai 2002, il loue une voiture sous un faux nom et se rend à Brisbane où le Dr Tobin assiste à une conférence, mais il rate son coup.Plusieurs témoins le reconnaissent. L?un d?eux le voit même jeter une arme à l?extérieur du centre de conférences.

Cinq mois après, il récidive. C?est le 14 octobre 2002, deux jours après les attentats terroristes à Bali. Le Dr Tobin revient d?une réunion pour la prise en charge des familles de rescapés et de victimes.

Elle regagne son bureau, mais ne reconnaît pas Jean-Éric Gassy parmi les trois personnes qui ont pris place dans l?ascenseur avec elle. Il est méconnaissable. Au huitième étage, elle se retrouve seule avec lui.

Lorsque les portes s?ouvrent, elle se dirige vers la réception. C?est alors que son assassin ouvre le feu à quatre reprises. Elle est atteinte aux poumons, à la poitrine, à l?estomac et au foie. Une infirmière qui est sur place ne peut rien faire, et l?ambulance arrive trop tard.

Il ouvre le feu à quatre reprises

L?enquête policière s?oriente vers Jean-Éric Gassy. La vidéo de la caméra de surveillance d?une station service montre un homme qui jette un sac dans une poubelle. La fouille d?un dépotoir permet par la suite de découvrir l?arme du crime, un pistolet automatique Glock.

Jean-Éric Gassy a deux exemplaires de la même arme chez lui et il est fin tireur. Il a aussi une «hit list» des médecins responsables de sa radiation.

Il n?en faut pas plus pour le coincer, bien qu?il clame son innocence. Assurant sa propre défense, il attribue la mort du Dr Tobin au fait qu?elle serait une lesbienne. Il déclare également qu?elle a tout aussi bien pu être assassinée par quelqu?un qui se sentait menacé par les changements intervenus dans le secteur de la santé dans le sud de l?Australie.

Mais le jury a finalement délibéré après une première tentative où il n?a pas pu arriver à un verdict: la poursuite publique a pu démontrer que, malgré sa folie, Jean-Éric Gassy était un être intelligent et plein de ressources qui a froidement planifié son crime.

L?ex-psychiatre devra désormais méditer sur son acte à l?ombre d?une cellule australienne.

L?Adsu fait le ménage à Karo Kalyptis

Depuis que l?assistant-commissaire de police Rampersad Sooroojbally est à la tête de l?Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu), ses hommes font aussi autre chose que la lutte antidrogue. Mercredi, entourés d?une équipe impressionnante d?éléments de la police, de la Special Supporting Unit et de la Special Mobile Force, ils étaient à Karo Kalyptis pour faire la chasse aux récidivistes qui s?y cachent, et pour raser les bicoques inoccupés du bidonville. L?opération a permis de coincer des malfrats recherchés et de saisir une quantité non négligeable de stupéfiants. Une opération similaire conduite en juillet avait permis l?arrestation de quatre récidivistes.

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