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Le petit cirque de la politique

25 septembre 2004, 20:00

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La saison est lancée en politique. Et les envies de succès des principaux leaders politiques commencent à s'afficher. En pleine confiance, Navin Ramgoolam se présente déjà en rassembleur et en champion du petit peuple. Il faut dire qu'il est grandement aidé dans sa tâche par ses concurrents directs. Ceux-ci sont encore à rassurer sur le fait qu'ils se présenteront ensemble aux prochaines législatives. Ce qui les limite à une stratégie de défense alors qu'ils auraient dû être engagés dans l'identification d'un angle d'attaque. Pourtant il existe des données objectives qui témoignent de la synergie électorale qu'ils sont capables de dégager. Du moins, c'est le cas de l'un des deux partenaires de l'alliance majoritaire, le MSM.

Autant ce parti se doit de porter le bilan du gouvernement, autant il peut se permettre une stratégie du long terme. En effet, aujourd'hui le MSM et son leader, Pravind Jugnauth, sont les seuls à ne plus jouer leur avenir sur le court terme. Quelque part, il ne manque à Pravind Jugnauth que le poste de leader de l'opposition pour présenter un CV politique complet ! Par contre, l'enjeu est plus crucial pour Navin Ramgoolam. Le leader des Rouges est celui qui a le plus à perdre des prochaines législatives. Un nouvel échec électoral le condamnera à chauffer les bancs de l'opposition pour des années encore.

Et le leader du PTr le sait. C'est ce qui explique le radicalisme de son discours aujourd'hui. Son combat est contre le colonialisme ! Ses ennemis sont les possédants ! Son discours est digne des anciens éléphants marxistes-léninistes ! Il ne faut pas seulement y voir du populisme mais surtout la peur et l'angoisse de voir le pouvoir lui échapper une nouvelle fois. Car, dans l'éventualité d?une victoire de l?alliance MSM-MMM, avec un Pravind Jugnauth occupant à un moment donné le poste de Premier ministre, Navin Ramgoolam court le risque de vivre ses pires années en politique.

C'est la raison pour laquelle ceux qui exigent plus de pugnacité de Pravind Jugnauth risquent d'être déçus. Ce dernier ne subit pas d'ultimatum politique immédiat. Même un passage dans l'opposition ne lui serait pas catastrophique. Il pourrait même dire qu'il ne manquait à sa garde-robe politique que le blouson du leader de l'opposition. C'est aujourd'hui le luxe auquel il peut consentir.

Les donnes sont différentes pour le leader du MMM. Une victoire aux prochaines législatives, au sein d'une alliance avec le MSM, serait le scénario idéal pour le leader mauve. Quoi qu'on en dise, Paul Bérenger, de par son obsession de l'histoire, est davantage engagé à tailler sa silhouette parmi les grands hommes d'État plutôt qu'à s'investir dans la politicaille. Ce qui rend crédible son intention de prendre du retrait afin de se consacrer à son parti une fois qu'il quitterait le poste de Premier ministre. Un grand leader est celui qui agit en sage et qui désigne un successeur. Jusqu'ici cette problématique ne s'est pas posée pour les autres partis parce que la succession était automatique. Or, le MMM est fondé sur le seul Bérenger. Et celui-ci, après avoir été leader historique d'un parti, leader de l'opposition et chef de gouvernement, est moins attiré par le poste honorifique de locataire de la State House que par la posture d'un averti qui saura quitter son parti en lui laissant un avenir. Mais, il ne faut pas s'y méprendre non plus, aucun leader n'accepte de dauphin de son vivant.

On peut cependant compter sur l'homme des formules qu'est Paul Bérenger pour nous pondre, le moment venu, une nouvelle liturgie politique au sein de son parti. Entre-temps, c'est à voir lequel des leaders saura faire la pirouette qui lui épargnera de se casser la figure dans le petit cirque de la politique avec le seul Pravind Jugnauth comme chef de parti avec un calendrier politique qui se décline au-delà de 2010, 2015.

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