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Boodhoo veut un rapport intérimaire

24 septembre 2004, 20:00

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Harish Boodhoo ne lâche pas prise. Dans la mesure où les procédures de la vente à la barre n?ont pas été gelées, il serait souhaitable qu?un rapport intérimaire de la commission d?enquête soit soumis. C?est qu?il a soutenu hier, lors d?une rencontre avec la presse, en présence d?un bon nombre de victimes.

«Il est important que certaines décisions puissent être appliquées, avant les conclusions finales. J?avais souhaité une instance à visage humain. La commission d?enquête est allée dans le même sens en proposant une commission sur l?endettement», affirme Harish Boodhoo.

Il compte organiser un rassemblement devant la Cour suprême lorsque Sir Victor Glover et ses deux assesseurs auront soumis leurs conclusions. «Nous allons démasquer ces avoués qui ont été blâmés par la commission d?enquête», menace Harish Boodhoo.

Il estime que les avoués sont divisés sur la question : «Les jeunes, surtout, savent que nous avons raison. Il faut que cette voix silencieuse n?abdique pas devant la voix tapageuse.»

La réticence des témoins à venir déposer devant la commission d?enquête inquiète l?Association des victimes de la vente à la barre. Le président, Hassenjee Amode, a fait un appel aux témoins pour qu?ils «ne se laissent pas intimider par des avoués». Sheila Padayachy, autre victime, va dans le même sens : «Nu bizin continie lite. Nu touzour cose la verite e li pou trionfe.»

Les menaces de poursuites des avoués ne devraient pas faire peur, insiste Harish Boodhoo. Il cite l?article 12 de la Commission of Inquiry Act. Celui-ci prévoit que «no evidence given before a commission shall give rise to any civil or criminal proceedings other than a prosecution for a parjury, against any person giving such evidence».

Se basant toujours sur la législation, Harish Boodhoo, fait ressortir que la commission d?enquête a le pouvoir de «cause the books and the documents,if any, belonging to any person, to be examined». Il souhaite donc que les comptes bancaires des témoins soient épluchés. La Law Society objecte à cette demande. Son président, Narain Appajalah, estime que «cette demande est ridicule. Le récent amendement au Bank Act sur la confidentialité des comptes doit être souligné. Seule la Cour suprême peut autoriser la divulgation d?un compte bancaire. C?est de la démagogie. Heureusement que nous sommes dans un Etat de droit et pas sous un régime dictatorial ou totalitaire.»

Le prochain combat d?Harish Boodhoo sera la prescription des terres. «Il y a énormément d?abus dans ce système aussi. Je viens d?envoyer un cas d?une vieille dame à la Land Fraud Sqaud pour enquête. Elle a perdu son terrain à Port-Louis à cause des abus dans le système.» Il avait écrit au Premier ministre pour lui demander d?inclure la prescription dans les attributions de la commission Glover. Sa requête avait été rejetée.

Par ailleurs, un témoin s?étant présenté devant la commission d?enquête, Christian Tonta, compte réfuter la déposition d?Ayesha Jeewah, avouée et secrétaire de la Law Society. Il a écrit à la commission pour pouvoir à nouveau déposer. «Contrairement à ce qu?elle (NdlR ; Ayesha Jeewah) a affirmé, je n?ai pas acheté de maison à Arnaud Berthelot mais à son père Rubert. En revanche, j?ai emprunté Rs 1 650 million avec Arnaud Berthelot.»

Il ajoute que «les commissions se font sur le recouvrement de la dette uniquement. Je lui ai remis Rs 100 000 en deux occasions. Et au lieu de prendre sa commission de 10 %, soit Rs 10 000, elle a pris deux fois Rs 25 000. Elle a fait une parjure devant la commission et je vais le démontrer.» Ayesha Jeewah nie les allégations de Christian Tonta. Cette affaire fait aussi l?objet d?une enquête policière.

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