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Peut-elle vous faire fléchir
■ Sam Lauthan, ministre
« En tant que politicien, j?ai à c?ur l?opinion des autres, surtout si elle peut m?aider à rectifier le tir, corriger une erreur ou aider là où il faut. Je le dis toujours : un politicien ne peut prétendre avoir la solution à tous les problèmes du pays ou du monde. Si le gouvernement a changé quelques fois de décisions qui pouvaient paraître impopulaires, mais qui sont en fait nécessaires, patriotiques et dans l?intérêt du pays, c?est que ce gouvernement dirigé par Paul Bérenger, lui-même un homme de conscience, a toujours tenu compte de l?opinion publique », affirme Sam Lauthan. Le ministre de la Sécurité sociale affirme que l?accent doit être mis sur le sens du dialogue et du partage. « Je pense que nous devons tenir compte de ce qu?on appelle souvent « la majorité silencieuse », qui analyse tout à froid, et qui prend ses décisions ou dit quelque chose après mûre réflexion. Trop souvent, la spontanéité et l?impulsivité caractérisent certains propos. Tant qu?ils restent dans les paramètres légaux et démocratiques, ils sont les bienvenus. »
■ Sheila Bappoo, du PTr
« Dicter la conduite ? Quand on ne sait pas tout, il faut aller au fond des choses pour éclairer les zones d?ombre. On se consulte et on réfléchit. L?opinion publique peut bien faire fléchir quand il y a un manque d?informations émanant du public ou des autorités sur un sujet spécifique », soutient Sheila Bappoo. Pour l?ancienne ministre des Droits de la femme et membre du PTr, il est primordial d?effectuer des exercices consultatifs entre l?État et les autres partenaires sociaux pour favoriser le dialogue et ainsi éviter le conflit. « Il faut bien voir les choses. Notre société bouge vers une société progressiste où on entame des changements. Donc, de nouvelles mesures sont appliquées, ce qui implique une nouvelle adaptation. Toute décision affecte forcément de manière effective. Il faut favoriser les consultations. »
■ Violet Moutia, du PMXD
Violet Moutia, la présidente de l?aile féminine du PMXD est catégorique : pas de capitulation ! « Je ne crois pas que l?opinion publique puisse me faire fléchir. Car je ne suis pas une girouette. J?ai un idéal basé sur la justice sociale, le respect des droits humains et des principes visant à renforcer l?espace démocratique. Je pense qu?il faut guider l?opinion publique, essayer de la convaincre et de l?éduquer et non pas la suivre aveuglément. Tant que l?opinion publique ne fait pas dans la démagogie ou que des groupuscules veulent détruire le pays, nous pouvons nous aligner dans la même direction », dit-elle. Elle ajoute que la population montre davantage son mécontentement aujourd?hui, étant acculée devant les problèmes sociaux : « Face à la misère, le peuple sent qu?il ne peut se procurer ses besoins essentiels. Il est forcé de manifester, de montrer son mécontentement, de communiquer cette frustration ».
■ Les médias et l?opinion publique
Les médias peuvent-ils influencer l?opinion publique ? Ashok Radhakissoon, président de l?Independant Broadcasting Authority est de cet avis : « Il est clair que les médias peuvent influencer l?opinion publique, dépendant de ce qui est en jeu. Par exemple, la publicité peut susciter des réactions. Mais dans certains domaines, comme la politique, l?opinion publique a déjà des idées qui ne peuvent être sujettes à cette influence des médias ». Il ajoute que la libéralisation des ondes a contribué à interpeller davantage l?opinion. « Il y a de plus en plus de choses que le public dit à l?antenne. Les radios privées et l?audiovisuel permettent aux gens de s?exprimer. Cela réside dans le fond du concept de la libéralisation des ondes qui leur permet de véhiculer leur pensée. »
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