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On en redemande

27 août 2004, 20:00

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Ils étaient trois au départ. En finale, ils étaient deux. Sur le podium, il n?y a eu personne.Qu?importe. Cette place en finale était déjà un podium, une médaille.

Comme à Edmonton ou Paris, on a rêvé, on a été séduit, on a espéré et on n?a pas été déçu. Pendant plus d?une semaine, trois gaillards nous ont tenus en haleine, ont provoqué des retards au travail et ont sans doute augmenté la consommation de café dans le pays. Tout compte fait, ils nous ont sortis de notre routine d?une île Maurice qui n?échappe pas, ces temps-ci, aux crises socio-économiques. Ça nous a fait un grand bien.

Le temps de deux semaines olympiques, les démagogues de tous poils se sont calmés, du moins ont été bâillonnés, pour laisser le champ libre aux soldats de la République de Maurice, envoyés au front à Athènes. Stéphan Buckland, Eric Milazar et Jonathan Chimier ont le mérite de reléguer ceux-là au dernier plan à chacune de leur sortie. Merci pour cela.

La réussite de notre trio n?est cependant pas un hasard. Pourquoi l?athlétisme et pas une autre discipline ? Ce n?est surtout pas parce que courir avec des pointes derrière le chrono ou sauter dans le bac à sable est plus facile. Mais force est de constater que c?est l?approche et la gestion de la MAAA qui fait la différence, sans oublier la persévérance des sportifs.

À Réduit, la fédération internationale n?est pas intervenue pour mettre en place un vulgaire caretaker committee et on ne se bouscule pas pour mettre une injonction en cour et encore moins pour interdire l?utilisation de certains couloirs à certains athlètes. Tout n?y est pas forcément rose. Mais à Réduit on bosse !

Dans toutes les fédérations de Maurice, nos dirigeants auront beau dire qu?on est heureux que trois Mauriciens ont montré nos couleurs à Athènes. N?empêche qu?après Athènes, ils ne seront pas nombreux à penser à Beijing ou 2012 et encore moins à 2016. Ils seront vite retombés dans les bonnes vieilles mauvaises habitudes. Place aux guerres de tranchée. C?est plus excitant et passionnant à ce qu?il paraît que de réfléchir à un plan à long terme pour faire éclore un petit champion ou une équipe de champions. On n?en finira jamais avec ceux-là.

Au train où vont les choses, c?est toujours l?athlétisme qui nous réservera encore de belles surprises. Stéphan Buckland parle déjà de 2008, Chimier est encore un jeunot (22 ans), Milazar, quant à lui, veut se reposer, tout guerrier mérite un repos, et la marmite de Réduit bouillonne encore et toujours. Manifestement, on a pris goût au gratin mondial. Athènes, Edmonton, Ottawa, on connaît et on voudrait y retourner. D?autres rendez-vous attendent nos héros. Le meilleur est à venir et on en redemande.

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