Publicité
Phir Milenge vu par Pils :Bouleversant !
Par
Partager cet article
Phir Milenge vu par Pils :Bouleversant !
Phir Milenge confirme que le cinéma bollywoodien est au mieux de sa forme. En quelques plans, on est ailleurs. Absolument dépaysé. Rythmé par de beaux accords de guitare et par une caméra contemplative et intimiste, Phir Milenge ne s?accommode d?aucun cliché pour aborder le thème du sida.
Le film de Revathy est à mille lieux des comédies doucereuses de Bollywood. Au bout d?une demi-heure, le film bascule. On passe de la romance, filmée dans des décors somptueux, à l?essentiel : la descente aux enfers d?une jeune femme à qui tout réussissait.
Tamanna, incarnée par une Shilpa Shetty absolument investie dans la peau de son personnage, est une belle jeune femme de vingt-six ans. Menant sa carrière de publicitaire tambour battant, elle vit comme dans un rêve, jusqu?au jour où elle apprend qu?elle est séropositive. Passés les moments de désespoir, la jeune femme se lance à corps perdu contre les a priori afin de regagner la reconnaissance et la dignité qu?on lui a enlevées.
Phir Milenge est le premier film du genre à aborder sans misérabilisme, le thème du sida à Bollywood. Le réalisateur réussit le pari de ne pas sombrer dans la banalisation de ce thème brûlant d?actualité. A la place, il offre une réflexion dense sur le thème revendiqué, par l?association PILS : « sida pas get figir.» Phir Milenge bouleverse.
<B>Le sida démystifié</B>
Le film bouleverse parce qu?il traite dans un cinéma qui a fait du divertissement son point fort, d?un thème douloureux. Lorsque le sida est abordé au cinéma, il fait mal. Il fait mal à ceux qui vivent la détresse du personnage, mais il fait mal à tous ceux qui manquent de tolérance. Le cinéma indien réputé populaire, souvent construit autour de nombreuses invraisemblances, n?en déplaise à certains, mise cette fois sur le réalisme. Il explique, démystifie le sida et réussit, grâce à unemise en scène fluide et des dialogues bien rodés sur le sujet, à faire taire toutes les idées préconçues autour du sida.
Tamanna a peur. Peur de ce qui l?attend, peur d?abandonner sa flamboyante jeunesse, lorsque la maladie la rongera, mais elle est prête à se battre. «What would you do if someone tried to take your personal life away from you ?» s?exclame-t-elle à son avocat ? incarné par Abishek Bachchan, qui convainc, enfin! Dans sa plaidoirie finale, Tarun, le personnage qu?incarne l?acteur, est saisissant. Il a compris la leçon et mis de côté tous ses préjugés contre le sida et les séropositifs. «I was scared because I was ignorant.»
Cette prise de conscience est nécessaire, car Phir Milenge creuse le sujet, secoue les esprits et ouvre les yeux. L?histoire de Tamanna pourrait être la nôtre. La tragédie qui s?abat sur elle : la maladie, la perte de son emploi, la perte de son amour, est criante de vérité, parce que la vie est souvent injuste. Mais elle le serait davantage si elle refusait de se battre. Phir Milenge reste ainsi un film d?espoir. Dans le combat de cette jeune femme pour le respect de la vie et de sa dignité, c?est la vie elle-même qui gagne.
<B>«Sida pas get figir»</B>
L?express-samedi est allé vers ceux et celles qui se dévouent corps et âme dans la lutte contre les discriminations autour du sida. Dirren Moher, Pascal Gourreg, Rachel Constantin, tous engagés au sein de l?association PILS, nous livrent leurs impressions sur Phir Milenge.
«Ce qui arrive à Tamanna est la preuve flagrante qu?il suffit d?une seule fois pour que tout bascule,» nous explique Pascal Gourreg. Ce dernier qui ne s?est jamais déplacé au cinéma pour voir un film indien, avoue être agréablement surpris de «la façon dont le film traite du sujet. Il n?y a aucune image ou aucun dialogue de trop. C?est proche de la réalité et ça n?en fait pas trop,» ajoute-t-il. De son côté, Dhiren Moyer, avoue avoir été très «impressionné» par le film. «C?est un film indien et c?est vraiment fort. Il passe de nombreux messages et peut aider à mieux
comprendre le drame, le rejet et les on-dit autour du sida. Rohit (incarné par Salman Khan) a vécu avec sa séropositivité sans le savoir. C?est la preuve que des tests de dépistage sont essentiels. Ce film est fort. Il m?a bouleversé. Je le recommande à tout le monde,» a-t-il ajouté.Rachel Constantin est d?avis que «le film est réussi au niveau de son contenu. Il véhicule bien des messages sur le sida et pourrait éduquer le public, particulièrement les jeunes. C?est frais et cela peut aider à démystifier le problème» explique-t-elle.
Publicité
Publicité
Les plus récents