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L’assassinat de Mountbatten et les félicitations de Burrenchobay

26 août 2004, 20:00

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L’escalade de la violence en Irlande est fatale à Lord Mountbatten, le dernier vice-roi de l’Inde, l’ami intime du duc de Windsor, l’ancien roi Edward VIII, le mentor de la reine Elizabeth, l’oncle du duc d’Edimbourg, mais que l’Irish Republican Army (IRA) assassine froidement en faisant exploser son yacht, Shadow Five. Son assassinat, dans des conditions atroces, suscite une vive émotion et plonge dans la consternation la Grande-Bretagne mais aussi cet empire britannique qu’il a contribué à démanteler en accordant l’indépendance (mais aussi la partition) à son plus beau joyau, la Grande Péninsule indienne.

Les Mauriciens ne peuvent oublier qu’il avait visité leur île en 1976. Il fut alors accompagné de sa fille et de son gendre, Lord Brabourne. Sa visite avait coïncidé avec celle de la grande dame de l’Inde, Indira Gandhi. Il présida avec elle l’inauguration officielle de l’Institut Mahatma-Gandhi. Il fut accueilli par le gouverneur général, Sir Dayendranath Burrenchobay.

Ce dernier se signale à l’attention de tous en félicitant publiquement son ministre du Travail, Me Yousouf Mohamed. “Vous avez été à la hauteur de l’événement.” La guerre du bon droit, menée par le ministre du Travail, contre une grève syndicale à caractère politique et le dénouement qui a vu des syndicats céder et accepter les propositions du gouvernement, refusées auparavant, ont suscité la satisfaction de ceux qui croyaient le gouvernement incapable de réagir devant les pressions, écrit l’express. Burrenchobay en félicite le maître d’œuvre et la cheville ouvrière, Me Yousouf Mohamed : “You have every right to feel satisfied at having completed your thankless task with vision, honour and efficiency. The country owes you a debt of gratitude.” Yousouf Mohamed se contente de demander qu’on mette fin aux démagogies politico-syndicales et qu’on les remplace par une politique de vérité afin que les travailleurs puissent en être les premiers bénéficiaires.

Gaëtan Duval s’inquiète de la double victoire de Seewoosagur Ramgoolam et de Paul Bérenger. Ce dernier voit enfin s’ouvrir devant la GWF la route des check-off de l’industrie sucrière. Pour atteindre ce résultat, il a fallu paralyser l’économie mauricienne pendant tout un mois. Les pertes se chiffrent à environ 40 millions en devises étrangères alors que le pays dispose de réserves pour seulement deux semaines d’importation. Des milliers de travailleurs ont perdu leur gagne-pain et des dizaines d’années de service. Ils se retrouvent sur le pavé, après avoir été en grève. Le gouvernement sait désormais que, lorsqu’il amendera l’Industrial Relations Act (IRA) et le Public Order Act (POA), il s’attachera les mains derrière le dos, ne pourra plus gouverner et livrera le pays à l’anarchie politico-syndicale. Chaque pays a le gouvernement et l’opposition qu’il mérite.

Le retour à la normale est décidément le temps des menaces. Yousouf Mohamed menace de radier les syndicats s’étant rendus coupables d’organiser des grèves illégales. Bérenger ordonne aux compagnies d’autobus, ayant déposé leur bilan financier, de reprendre leurs opérations sans tarder et de remettre sur route leurs autobus.

M. Koomara Venkatasawmy, président du Front syndical national (FSN), entend soumettre Bérenger et la GWF au test de la sincérité et de la discipline. Le FSN ne peut oublier certains événements récents. Il veut bien de l’unité syndicale à condition qu’elle soit durable et pas seulement limitée à quelques questions. La GWF veut obtenir la réintégration des travailleurs licenciés pour cause de participation à des grèves illégales, la semaine des 40 heures dans l’industrie sucrière, l’amendement de l’IRA et une compensation salariale plus substantielle. Le FSN souhaite un débat plus approfondi sur les grands principes de base pouvant assurer une unité syndicale à toute épreuve.

Mais d’autres événements encore plus dramatiques se préparent dans l’ombre des cellules carcérales.

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