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Shalom demande à Paris de passer à l’action

25 août 2004, 20:00

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La lutte contre les actes antisémites a dominé mardi la visite à Paris du chef de la diplomatie israélienne Silvan Shalom, pour qui les déclarations des responsables français doivent se traduire en actes.

“Nous sommes très encouragés par les dernières déclarations du président Chirac, du ministre de l’Intérieur (Dominique de Villepin) et du maire de Paris (Bertrand Delanoë) qui montrent une détermination à combattre le phénomène”, a-t-il déclaré après une rencontre avec Dominique de Villepin, place Beauvau.

“Si les déclarations sont très importantes, l’action est très importante aussi. Nous aimerions que ces propos envoient un signal très fort aux personnes faisant autorité et au système judiciaire, afin qu’ils punissent ceux qui commettent ce genre d’attaques”, a-t-il ajouté, invitant la presse, la justice et le système éducatif français “à lutter ensemble contre le phénomène”.

Organisée au tout dernier moment, la visite du ministre israélien survient 48 heures après l’incendie qui a détruit, dimanche, le centre social juif de la rue Popincourt, dans le XIe arrondissement de Paris.

Silvan Shalom est attendu mercredi matin sur les lieux du sinistre, où ont été retrouvés des inscriptions à caractère nazi et antisémite. Il rencontrera également des responsables de la communauté juive.

Selon Dominique de Villepin, la France a compté 160 actes de ce type (agression contre les personnes ou détérioration de matériel) entre janvier et juillet, contre 75 pour les sept premiers mois de 2003.

“Cette situation est bien évidemment inacceptable. Il s’agit d’actes odieux, contraires à l’esprit même et au fondement de notre République”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune avec Silvan Shalom.

Dîner de travail au Quai d’Orsay

Insistant sur “la mobilisation totale des pouvoirs publics et du gouvernement”, le ministre de l’Intérieur a ajouté que 147 personnes avaient été arrêtées entre janvier et juillet pour des actes ou des menaces à caractère antisémite.

Silvan Shalom s’est rendu à l’Hôtel de Ville en fin d’après-midi pour un entretien avec le maire socialiste de Paris.

Bertrand Delanoë, qui avait appelé les Parisiens à ne “pas céder à l’indifférence” après l’incendie de la rue Popincourt, a annoncé le déblocage de 300 000 euros supplémentaires pour sécuriser les lieux fréquentés par la communauté israélite dans la capitale.

Il a également écrit aux directeurs d’école et chefs d’établissement du second degré pour les inciter à organiser, le jour de la rentrée scolaire, une “initiative concrète” (débat, réflexion...) autour du thème de la lutte contre l’antisémitisme, le racisme et les discriminations.

Lors d’un dîner de travail au Quai d’Orsaey, Silvan Shalom a assuré à son homologue français Michel Barnier qu’il avait “toute confiance dans la capacité de la France à assurer la sécurité de tous ses citoyens”.

Les actes antisémites sont “inqualifiables et inacceptables pour tous les Français”, a déclaré Michel Barnier lors d’une conférence de presse à l’issue de ce dîner.

“La France est déterminée et intransigeante pour lutter contre toutes les formes de racisme, d’antisémitisme et de xénophobie”, a-t-il ajouté. “Tous les citoyens français, quelle que soit leur croyance, ont précisément et exactement droit à la même protection de la République.”

Les deux hommes ont également abordé le conflit israélo-palestinien.

“La France et l’Union européenne sont fermement attachées à l’objectif de la feuille de route: deux Etats vivant en paix côte à côte dans la sécurité”, a déclaré Michel Barnier, pour qui “la France est et restera intransigeante à l’égard de tout ce qui touche à l’existence et à la sécurité d’Israël”.

Le ministre a insisté pour que “soit reconnu et consolidé” le rôle de l’Union européenne dans la réussite du processus de paix.

De son côté, Silvan Shalom a appelé la France et l’Europe à “user de leur influence auprès des Palestiniens pour qu’ils abandonnent leur politique négative et destructrice et qu’ils se mettent à oeuvrer de façon constructive pour la paix”.

La solution au conflit “se trouve à Gaza ou à Ramallah, pas à New York ni à La Haye”, a-t-il insisté. Michel Barnier, qui a effectué en juin dernier une visite officielle dans les territoires palestiniens, doit se rendre en Israël en octobre.

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