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Avortement : un homme dans la tourmente

4 août 2004, 20:00

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La femme n?est pas la seule à souffrir des conséquences d?un avortement clandestin. Lorsque l?expérience lui est fatale, elle laisse souvent derrière elle une famille déchirée. Un mari et des enfants désorientés? Les larmes aux yeux, Naden Pakkiri, un laboureur habitant Surinam, partage son expérience lors d?une rencontre organisée par le Muvman Liberasyon Fam (MLF). Au c?ur de sa tragédie : un avortement qui s?est avéré fatal.

Il y a six mois, Naden menait une vie paisible avec son épouse Padmini et leurs trois enfants. Lorsque celle-ci tombe à nouveau enceinte, c?est le dilemme : ils n?ont pas les moyens d?avoir un quatrième enfant et l?avortement est illégal. Padmini décide alors de se faire avorter sans l?accord de son mari. Elle meurt de septicémie à la suite de l?intervention, le 7 février, laissant derrière elle, trois orphelins dont un bébé de neuf mois.

Aujourd?hui, Naden est un homme complètement détruit. Sa profonde douleur se lit sur son visage. Il arrive à peine à parler lorsqu?il montre des photographies d?une Padmini souriante. Mais ce veuf fait aussi preuve d?un courage admirable, élevant seul ses trois enfants.

?Mo pa envi bann lezot koup soufer mem tromatism ki mwa.? Son témoignage ne fait pas partie des débats stéréotypés sur l?avortement. Il s?agit d?une perspective masculine sur une question qui affecte les femmes. Contrairement à un grand nombre de personnes, Naden ne veut pas se voiler la face. Il parle de sa tragédie car il veut que les autorités réagissent et que les gens réfléchissent à ce problème social.

Pour Naden, il est plus que jamais important que l?avortement soit légalisé. Car ?dan bann vilaz bokou dimounn pa kone ki enn avorteman klandestin kapav koz la mor.?

Lindsey Collen du MLF a rappelé que la présente loi est beaucoup trop restrictive et que les amendements proposés par la Ministry of Women?s Rights? Task Force sont trop limités.

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