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Vite, le grand nettoyage !

22 juillet 2004, 20:00

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Au rythme où vont les choses, on va finir par regretter ce bon vieux temps où Iswarduth Sawaram et Annirao Dajee se tiraient dans les pattes à longueur de journée. Tout compte fait, c?était folklorique.

Mais les choses ne sont plus ce qu?elles étaient. Avant, c?était un remake burlesque de ?Je t?aime, moi non plus? avec, pour acteurs principaux, deux dirigeants suffisamment égoïstes pour placer leurs intérêts personnels au-dessus de tout, mais par ailleurs suffisamment naïfs pour ne pas se rendre compte du tort qu?ils pouvaient causer au badminton.

Depuis décembre, on n?a vraiment plus envie de rigoler. Le badminton a changé d?époque. Il est aujourd?hui l?otage d?hommes de peu de foi. En clair, des putschistes ont pris le pouvoir. Et ils sont autrement plus dangereux, autrement plus affûtés. De vrais kamikazes qui ne reculent devant rien et qui achèvent en ce moment d?assassiner le badminton.

En six mois, il y a eu deux putschs parmi les putschistes. Rajen Sooben, nommé président faute de mieux, a en effet été renversé à deux reprises par son encombrant secrétaire général, Naz Teeroovengadum. A défaut d?être calife à la place du calife, l?homme se nourrit de coups fourrés et s?est depuis longtemps spécialisé dans les guerres de clan. Les fédérations en perdition, c?est sa tasse de thé. Avant de s?attaquer au badminton, il avait d?ailleurs fait ses preuves dans le culturisme et les sports corporatifs.

Naz Teeroovengadum n?a pas lésiné sur les moyens pour s?entourer, dans ses nombreuses missions, d?une imposante garde rapprochée. Au premier rang de celle-ci figure son frère Kaysee, celui qui, le 28 juin dernier, lors d?une énième assemblée générale, avait déposé la seconde motion de blâme contre Sooben. Et puis, il y a Haroon Durbass. L?indispensable bras droit de Naz Teeroovengadum, parachuté au sein du comité directeur de la fédération de badminton au sortir d?une honteuse élection à Vacoas-Phoenix-Curepipe qui a notamment valu à un garçon aussi serviable et dévoué qu?Abeenesh Dussain, par ailleurs ancien joueur, de terminer dernier de la classe. Derrière, en deuxième ligne, on retrouve Gianchand Gopaul, Mahen Ramroop, Rajiv Karamchand. Tous, bien entendu, ont la particularité de n?avoir aucun lien naturel avec le badminton.

La plaisanterie a assez duré, l?épuration doit commencer. Le badminton, qui a offert à l?île Maurice sportive ses premières heures de gloire, ne mérite pas cette triste et lente agonie. C?est pour cette raison qu?on ne peut que se féliciter de la présence à Maurice d?une imposante délégation de la Fédération internationale. Reste à savoir si messieurs Lar, Gacheru et Keys auront le courage de procéder au grand nettoyage. Il y va de la survie du badminton.

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