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Ras Ti Lang : Une voix qui ne souffre plus

19 juillet 2004, 20:00

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Sa voix donnait le frisson, ressemblait à celle de Kaya. Ras Ti Lang, frêle sous son bonnet rouge, jaune, vert, ne chantera plus la cause des Citoyens. Ne dira plus Assez Assez pour que les oiseaux de mauvais augure le laissent en paix. L?enfant de Vallée des Prêtres qui s?est éteint dimanche à l?hôpital Nehru, où il était admis en proie à des douleurs à l?abdomen, a été enterré hier à Mahébourg. Arrêté pour vol à Pamplemousses, il avait été placé en détention préventive le 24 juin.

Trentenaire habitant Terre Rouge avant son arrestation, Ras Ti Lang, de son vrai nom Jean Webb Brigitte, cultivait le mystère. La philosophie rasta, il l?a découverte avec l?illustre Berger Agathe. Ras Ti Lang a été bassiste de Ovajaho, formation d?Agathe. ?Nou ti partaz mem trans meditasion mizikal,? martelait Ti Lang au souvenir des disparus de février 1999, palpable dans ses solos. Au divorce d?Ovajaho en 1992, Ras Ti Lang forme un noyau dur autour de lui : Evo 8. De concerts en animations de quartier, il est repéré par Clifford Candahoo, qui est alors membre de Jalsa trio, produit par la maison Wanadoo. Frappé par la similitude vocale avec Kaya, celui-ci le présente à Michael Chang, le producteur. La collaboration aboutira à un premier album en 2001 : Evolusion. Huit titres émouvants de simplicité. Du seggae aux sentiments épurés. Des clichés d?un quotidien poignant par sa misère, ses révoltes, son attente d?un ailleurs qui ne vient pas?

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