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Kill Bill 2
Si l?on s?en tient au fait que Kill Bill Vol. 2 n?est que la «suite», pas le prolongement de Kill Bill Vol. 1, alors, ce film, c?est du grand art. Si l?on s?en tient au raisonnement que le volume 2 ne devrait faire qu?un avec le premier, Kill Bill n?aura déçu personne. Le film n?a été coupé en deux que pour des raisons purement commerciales.
Si Kill Bill Vol. 1 a privilégié l?action, Kill Bill Vol. 2 privilégie l?émotion. Ce grand écart dans la mise en scène des deux opus signés Quentin Tarantino, constitue un tout qu?il convient de regarder de préférence en ayant personne qui dévore un énorme paquet de chips à vos côtés. Alors qu?Uma Thurman descend à plus de six pieds sous terre et que seuls ses soupirs haletants s?échappent des haut-parleurs, comment certains spectateurs trouvent-ils le moment idéal pour plonger avec plus de ferveur au fond de leurs paquets de chips ?
Personne avant Tarantino, n?avait réussi à filmer avec autant de minutie, une scène sous terre, sans abuser des effets spéciaux ou autre stratégie cinématographique. Le cinéaste se contente de laisser l?imagination faire ce que l?image ne pouvait plus montrer. Rien que pour cela, il faudrait lui décerner l?Oscar de la mise en scène.
Mais cette scène n?est pas la seule de ce Kill Bill Vol. 2, à nous avoir accrochées. On se retiendra néanmoins de vous les raconter. Sachez seulement que nous sommes passées de l?étonnement à l?admiration, de l?admiration à la jubilation, sans connaître le moindre fléchissement dans notre enthousiasme.
La mise en scène de Kill Bill, se renouvelle constamment, tant et si bien qu?il est quasi impossible de prévoir la prochaine séquence. En sabrant les lois de la chronologie, Kill Bill Vol. 2 transporte le spectateur de la Chine au désert de Mojave et à Pasadena, sans que celui-ci n?en soit perturbé. Chaque séquence est millimétrée et chacune d?entre elle ou presque, élucide les interrogations que le volume 1 aura suscitées.
Outre l?hommage à la culture cinématographique populaire chère à Tarantino : le cinéma d?arts martiaux et le western spaghetti, Kill Bill Vol. 2 peut être vu comme une histoire d?amour bouleversante dans laquelle les deux amants ont fait des choix. Chacun de son côté, croyant agir pour le mieux, selon ce que leur dictait leur bon sens. Ce «mélo-spaghetti» ne fonctionne pas comme des films de série B, mais comme un polar des années 40.
Et que dire de l?interprétation ? Cela ressemble à l?interprétation de l?ensemble des acteurs dans Le Seigneur des anneaux. Ils sont tous à la hauteur. Contrairement à la trilogie de Peter Jackson, Kill Bill a une interprète principale. Elle déchire.
Troquant son magnifique survêtement jaune contre des tenues «plus modernes», Uma Thurman est tout aussi éblouissante.
Du haut de ses 1m83 et de son prénom emprunté à la déesse de la lumière de la mythologie hindoue, Uma Thurman a rompu avec son image d?actrice à paillettes ou de faire-valoir auprès d?autres acteurs. Elle irradie totalement. «La guerrière aux cheveux d?or», entraînée aux arts martiaux, au japonais et au sabre, n?a jamais été aussi convaincante. On regarde le volume 2 en ayant constamment en tête le premier opus, parce que l?un ne va pas sans l?autre. Le monologue de David Carradine à la fin du film sur Superman, est une belle métaphore qui se rapporte au génie de Quentin Tarantino. Ce dernier est incontestablement un Superman de cinéaste.
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