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Si le port finasse le sucre s’entasse

8 juillet 2004, 20:00

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L’heure est à l’appréhension pour l’industrie sucrière. Elle entrevoit même, à brève échéance, des arrêts désastreux de la production. La faute en est au port qui rechigne à faire des heures supplémentaires et refuse par conséquent de prendre livraison du contenu des camions de sucre après 15 heures. Par conséquent, les usines produisent davantage de sucre qu’elles ne peuvent transporter au port. Le sucre produit doit être stocké sur place et cela entraîne une hausse conséquente du coût de production, notamment en frais de manutention additionnelle. En 1978, le même problème a coûté aux usines Rs1,8 million. Ces frais additionnels et imprévus risquent fort d’être beaucoup plus conséquents en 1979 car la crise paraît plus grave avec l’imminence de l’entrée en opération du chargement du sucre en vrac.

Conscient de la gravité de la situation, le Syndicat des Sucres se fend d’un communiqué officiel. L’expédition du contingent sucrier destiné à la CEE doit se faire dans des délais précis. Il s’agit d’embarquer, avant le 31 décembre 1979, un reliquat de 116 000 tonnes et d’un nouveau contingent de 305 000 tonnes destiné à la CEE, soit un total de 421 000 tonnes. Un programme précis d’affrètement de navires a été établi en fonction de ces obligations contracturelles. Cela comprend une requête spécifique d’heures supplémentaires sur chaque navire.

Ce programme est désormais menacé par le fait que le port ne fait plus d’heures supplémentaires. La réception des sucres des usines ne se fait plus après 15 heures. L’embarquement du sucre à bord des navires sera automatiquement perturbé sans la pratique d’heures supplémentaires et les engagements contractuels seront menacés.

Le programme d’embarquement des contingents sucriers de 1978 a finalement pu se faire mais à un coût additionnel de Rs 300 millions, d’où une réduction appréciable des prix payés aux producteurs.

C’est donc avec une vive inquiétude que le Syndicat des Sucres voit se profiler une situation qui pourrait devenir catastrophique pour le pays. Sauf retour à la normale dans le port, l’économie subira des conséquences d’une extrême gravité qui rejaillira sur l’ensemble de la population.

Pendant ce temps se poursuit l’examen en comité du budget national 1979-80. Sir Seewoosagur Ramgoolam a l’occasion de préciser qu’il n’y a nul besoin de référendum sur le projet de faire de Maurice une République car les principaux partis sont d’accord sur ce point. Anerood Jugnauth se plaint des salaires insuffisants des huissiers de justice. Razack Peeroo souligne la nécessité d’introduire l’usage des magnétophones dans les cours de justice pour gagner du temps, lors des audiences publiques. Boodhoo réclame l’amendement de la loi sur les outrages afin d’étendre la liberté d’expression. Yousuf Mohamed est d’un avis contraire. Shirin Aumeeruddy-Cziffra évoque des difficultés rencontrées au niveau de l’assistance légale. Kader Bhayat déplore des délais de quatre à cinq ans dans certains procès. Ces procès deviennent à la longue des dénis de justice. Jean-Claude Bibi réclame des juges non pas nommés mais élus et des amendements constitutionnels à cet effet. Anerood Jugnauth souhaite l’abolition du téléphone gratuit pour les députés. Sylvio Michel se plaint des conditions de travail des employés du secrétariat de l’Assemblée législative. James Burty David déplore le manque de documentation parlementaire.

Terminons par le rappel de la vente à l’encan des meubles de la succession de Sir Jules et de Lady Leclézio. Elle rapport la somme de Rs 200 000. Elle a eu lieu dans leur belle demeure coloniale à la Route du Jardin à Curepipe.

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