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La police à la recherché des ?justiciers? de Babooram
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La police à la recherché des ?justiciers? de Babooram
Jacques André Babooram est-il mort à cause des coups infligés par ceux qui le pourchassaient après le vol qu?il venait de perpétrer ? Ou est-ce parce qu?il a violemment heurté un pylône en béton ?
La Major Crime Investigation Team (MCIT) du Central Criminal Investigation Department tente de répondre. Elle a enregistré la déposition du principal témoin. Elle recueille également des informations autour du marché de Curepipe pour retracer ceux qui avaient agressé le suspect Babooram.
Arrêté par la police après l?incident samedi, le suspect Babooram a été retrouvé mort dans sa cellule du poste de police de Curepipe, le lendemain matin. Le Dr Sudesh Kumar Gungadin, médecin légiste, a attribué le décès à une fracture du crâne. Il a aussi décelé des blessures superficielles sur le côté gauche du corps. Il avait des blessures aux lèvres, à l?épaule, à la jambe et à l?estomac.
Agé de 37 ans, André Babooram était fiché au poste de police de Beau-Bassin comme un récidiviste. Ce ?sans domicile fixe? était un habitué du marché de Curepipe où il effectuait des petits boulots. Il est aussi connu dans la région de Barkly, Beau-Bassin, pour avoir habité chez un proche, à la rue Pope-Hennessy.
?Li finn enkes omoin enn poi 200 kilo lor so fron.? Un charcutier, dont l?étal a été la scène macabre, décrit la violence avec laquelle André Babooram a percuté un pylône en béton de la section boucherie du marché de Curepipe.
Ce samedi-là, à 14 h 30, André Babooram vient de commettre, selon des témoins, un vol à la tire aux dépens d?une dame. Surpris en plein forfait, il est tabassé par des passants. Il réussit à prendre la fuite et traverse la route devant le bureau de poste. Mais un groupe de personnes le pourchasse.
Impact violent
Des maraîchers entendent des bruits et voient un homme portant une casquette qui court à toute vitesse. Tout en courant, il regarde en arrière. C?est à ce moment précis qu?il percute de plein fouet l?entrée de cette section du marché. Le rideau métallique témoigne encore de la violence de l?impact.
André Babooram s?affaisse à l?entrée. Les personnes qui le rouaient de coups reprennent de plus belle. Une femme, qui travaillant à cet endroit, en est encore toute bouleversée. ?Mo pa ti pe capav guet sa vole kout pie ki li ti pe gagne la.?
Selon certains maraîchers, il existe des colporteurs qui se prennent pour des justiciers en tabassant des voleurs. ?Mo pa dakor zot kokin me les lapolis fer so travay?, ajoute l?un d?eux.
Entre-temps, la police de Curepipe est alertée. Une équipe arrive sur place et prend André Babooram à bord du véhicule. Il est toujours inconscient. A cause de sa forte corpulence, il a fallu plusieurs policiers pour le soulever.
Pourquoi les policiers ne l?ont-ils pas emmené à l?hôpital ? En fait, ils n?y sont tenus que si le prisonnier le demande. Or, André Babooram, qui avait repris connaissance à son arrivée au poste de police, ne s?est pas plaint de douleurs.
Il a même pris son dîner le soir dans la cellule qu?il partageait avec un autre détenu. Ce dernier, a dans une déposition, confirmé qu?André Babooram s?est rendu aux toilettes à 2 heures du matin dimanche.
A l?arrivée de celui-ci au poste de police, une jeune fille qui déposait une plainte pour le vol de son portefeuille, l?a identifié comme étant le voleur, selon un policier. Et une fouille corporelle effectuée sur André Babooram avait permis de récupérer deux portefeuilles, dont un appartenant à la jeune fille.
D?après un autre policier de Curepipe, le poste de police a été très sollicité ce samedi-là, dont pour une requête concernant un vol. Des policiers rendus sur les lieux ont arrêté trois suspects. L?un d?eux n?est autre que le compagnon de cellule de feu André Babooram.
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