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“Eduquer le consommateur pour déjouer la contrefaçon”
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“Eduquer le consommateur pour déjouer la contrefaçon”
<B> Comment la contrefaçon nuit-elle au consommateur ?</B>
Le consommateur qui achète des produits contrefaits ne se met jamais à la place de celui qui crée. Il tue petit à petit la création, car où est la motivation du créateur s’il n’est pas rémunéré pour ce qu’il produit? Si une personne est attirée par une griffe, c’est que celle-ci lui apporte un prestige particulier – un label de qualité dont l’origine est garantie est un “plus” pour le produit. En achetant cette griffe moins chère chez un revendeur non agréé, il est en train de déprécier lui-même la valeur de ce label qu’il affectionne.
Refuser la contrefaçon peut aussi être un acte de civisme. Il n’y a pas longtemps, les propriétaires d’une grande marque ont refusé d’investir à Maurice car ils ont eu peur de la contrefaçon. C’est l’image même et la crédibilité de notre pays comme terre d’investissement qui prend un mauvais coup avec des consommateurs encourageant le piratage. Plus d’investissement, bien sûr, implique davantage d’emplois, plus de produits haut de gamme et de meilleurs salaires pour les employés.
<B> Comment le consommateur ou le douanier peut-il reconnaître un produit contrefait ?</B>
A Maurice, le consommateur n’étant pas averti, c’est la responsabilité des organisations non gouvernementales et des autorités de faire son éducation. Il incombe au ministère du Commerce de faire l’effort d’éduquer ceux qui veulent acheter des grandes marques.
Les douaniers, eux, ont souvent la volonté de combattre le piratage, mais ils sont malheureusement bloqués par les paramètres légaux. Il n’y a en effet pas assez de législation pour permettre des saisies à Maurice. Cependant, le douanier qui a un doute a à sa disposition une hotline qu’il peut appeler en permanence pour un avis d’expert sur tout produit louche qu’il découvre dans les valises d’un passager.
<B>Que prévoit la loi pour les contrevenants ?</B>
Il y a d’abord la possibilité de saisie des produits contrefaits, de même que du matériel servant à fabriquer ces produits. Puis il y a les peines criminelles contre ceux qui sont trouvés coupables de vendre des produits contrefaits. Les propriétaires de marques piratées peuvent aussi poursuivre les contrevenants au civil.
<B> Comment améliorer le combat contre la contrefaçon ?</B>
Le support technique fait sérieusement défaut dans cette lutte. Il n’est pas normal que l’unité policière contre le piratage (APU) ne dispose que de neuf personnes pour combattre une pratique qui concerne quelque Rs 4 milliards. L’APU devrait avoir les mêmes moyens logistiques que la brigade antidrogue s’il y a vraiment une volonté pour combattre ce fléau. La douane non plus n’est pas assez équipée en termes d’encadrement légal. Ensuite, il y a le manque d’éducation des consommateurs. Si on a une vision à long terme pour arrêter la contrefaçon à Maurice, il faut tout mettre en oeuvre pour combattre cette pratique au niveau de la loi et de la logistique de répression. Et pourquoi pas en sanctionnant tous les acteurs du trafic, consommateurs inclus ?
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