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Obéissance quasi-totale à la désobéissance civile
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Obéissance quasi-totale à la désobéissance civile
LA presse du 23 juin 1979 s’étend volontiers sur l’ampleur de la journée de désobéissance civile de la veille. Opération “île morte” réussie dans l’ensemble. Les secteurs-clés de l’économie sont pratiquement paralysés. Acculé, Ringadoo doit négocier avec ceux contestant son budget. Même les bookmakers se joignent à la résistance anti-Ringo. Cela n’empêche pas la MBC, plus boîte à propagande que jamais, de prétendre que la protestation tous azimuts est l’œuvre du patronat et de la haute bourgeoisie et que le petit peuple n’y a pris aucune part. Pourquoi le ministre des Finances choisit-il alors de faire marche arrière, de modifier ses options fiscales et de renouer le dialogue avec contribuables et consommateurs. Il reçoit, en effet, Philo Blackburn et onze délégués. A 18 heures, ils lui présentent leurs contre-propositions. Les services essentiels sont à la hauteur en dépit de perturbations au niveau des hôpitaux. La capitale est désertée par sa population active. Grande effervescence cependant à l’Hôtel du gouvernement où le Conseil des ministres planche sur les modifications à apporter au budget. Pas question cependant de réduire, même symboliquement, les salaires des ministres et leurs privilèges duty free. Les taxes sur les articles de luxe seront maintenues afin de réduire celles sur les produits de nécessité.
Ringadoo présentera à ses pairs, le lundi 25 juin 1979, une version corrigée de son budget 1979–80. Ce sera finalement un budget Blackburn, se plaignent certains ministres. SSR leur demande de play it cool. Cela fait partie de la démocratie. Ils paient la taxe. Ils ont le droit de protester s’ils sont mécontents.
Les secteurs font le bilan de la désobéissance civile. Le sucre en estime le coût à deux millions de roupies. Un laboureur sur deux a chômé. Les cadres sont restés chez eux. Le patronat sucrier se déclare innocent de tout “lock-out”. Les usines sont restées ouvertes mais, faute de travailleurs, ne fonctionnent pas.
Le port est paralysé. De nombreux travailleurs sont pourtant présents. Les cadres se préparent à répartir les tâches. Soudain arrive Michel Gérard Nina, dit Ti-Moignac, qui donne l’ordre de débrayer. Le Neddloyd Seerooskerk repart sans avoir déchargé 455 tonnes de marchandises. Les surestaries coûtent Rs 35 000 par navire et par journée d’attente forcée.
Quelque 1 400 autobus restent au garage. Les taxis en profitent à fond.
Les hôtels parviennent à donner satisfaction à leurs clients. La diminution du nombre de taxis à la disposition des touristes les affecte.
La MBC demande aux membres de la Croix Rouge et de la Saint-John’s Ambulance de prêter main-forte aux effectifs hospitaliers réduits. Faute de transport en commun, de nombreux infirmiers ne peuvent rejoindre leur poste de travail.
La précédente journée de désobéissance civile remonte au 16 juillet 1974. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, des propositions fiscales impopulaires de Ringadoo l’occasionnent. Il traite le secteur privé de tous les noms mais consent quand même à lui faire des concessions. Le MMM s’en prend à la “grève des patrons et des possédants” les accusant de récupérer à leur profit le mécontentement des petits. Gaëtan Duval proclame de son côté : “Plus jamais de coalition avec le PTr !”. Mais cela se passait en 1974.
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