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Critiques et auto-félicitations marquent les débats
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Critiques et auto-félicitations marquent les débats
Les débats budgétaires ont été peu profonds hier. A la place, majorité gouvernementale et opposition ne cessent de s?envoyer des piques. L?un critique l?action gouvernementale et l?autre fait une sortie en règle contre l?opposition pour son ?échec à assumer son rôle?.
Pour l?opposition, l?actuel gouvernement n?accorde aucune importance à la lutte contre la corruption puisque ?le ministre des Finances n?en a soufflé mot dans le Budget?. Ivan Collendavelloo déplore pour sa part ce qu?il appelle ?le spectacle affligeant de ce qu?une opposition à mi-parcours ne devrait pas faire?. Et répondant à l?opposition, l?avocat parlementaire avance le chiffre de Rs 110 millions mis à la disposition de la commission anti-corruption (Icac).
Celle-ci a été créée par le présent gouvernement à la suite de l?adoption du Prevention of Corruption Act en 2002. ?Ce que l?Icac fait avec cet argent, c?est une autre chose?, précise Ivan Collendavelloo, en éclatant de rire.
Sur un ton des plus solennels, l?avocat lance aussi un appel à l?opposition pour qu?elle ?assume son rôle pleinement, étant une alternative au gouvernement. Ce n?est pas un appel, ce n?est pas un plaidoyer, c?est une supplication? ? Le rire fusent dans l?hémicycle. ?Pa fer zot plore- mo tann Dulloo dire oui, oui, oui?, ajoute Paul Bérenger.
Ivan Collendavelloo aborde également le récent jugement de la Cour suprême qui déclare anti-constitutionnels des amendements apportés à la Constitution elle-même notamment le Dangerous Drugs Act. ?J?aurais voulu savoir de l?Attorney General s?il va accepter cette décision où s?il recherchera l?opinion du Conseil privé.?
La réplique vient du côté de Madan Dulloo. Le député de l?opposition affirme que la somme conséquente allouée à la commission anticorruption n?est pas ?broken down? comme celle allouée au judiciaire. ?Au moins, nous savons quelle proportion de cet argent est destinée aux salaires en ce qui concerne le judiciaire, alors que pour l?Icac, nous n?avons aucune idée de la manière dont cette somme est dépensée.? En ce qui concerne la décision de la Cour suprême, l?avocat parlementaire précise qu?il s?est, à maintes reprises, élevé contre ce qu?il considère comme anticonstitutionnel dans l?amendement du Dangerous Drug Act.
Mais le député Dulloo avoue ne pas être contre un avis du Privy Council en ce qui concerne la séparation de pouvoirs entre le législatif et le judiciaire, comme préconisé par la Cour suprême.
Auparavant, Dulloo dit avoir noté une démarcation voulue entre le ministre des Finances et l?ancien ministre des Finances, Paul Bérenger. Il en conclut que les priorités des deux hommes étaient différentes.
Madan Dulloo relève que Pravind Jugnauth n?a, à aucun moment, remercié le Premier ministre et a laissé ce soin à d?autres. Selon lui, les députés de la majorité ont changé d?attitude depuis que ?certains ont décidé de donner plus de détails sur la winning formula.?
Le ministre des Affaires étrangères, Jayen Cuttaree, aborde de son côté la politique économique du gouvernement. Il affirme que le dernier Budget n?est aucunement en contradiction avec les précédents et qu?ils suivent tous le programme gouvernemental. Arguant que le gouvernement privilégie le social, Jayen Cuttaree procède à un exercice de comparaison entre les différents budgets alloués au social par l?actuel et le précédent gouvernement.
?Don?t shoot the country in the foot ?, lance Jayen Cuttaree à l?opposition. Notamment lorsque les conditions internationales ne sont pas favorables à l?économie. Maurice ne peut se permettre de laver son linge sale à l?échelle mondiale, estime-t-il.
Petite précision du ministre des Affaires étrangères à Madan Dulloo : il ne se présentera pas comme candidat à la présidence de la World Trade Organisation même s?il a été sollicité ? from several quarters?. Auparavant, Madan Dulloo a soutenu que Jayen Cuttaree ne servirait pas les intérêts de Maurice, s?il était nommé.
Jayen Cuttaree explique aussi sa présence à la fête nationale d?Israël. Il cite le message que Navin Ramgoolam a envoyé au Premier ministre israëlien en 1998 qui a souhaité à ce dernier ?every success and prosperity?.
Pour le ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo, le présent budget est ?complémentaire? avec celui présenté par Paul Bérenger. ?Les deux premiers ont créé la richesse. Celui-ci la distribue dans un souci de justice sociale.?
<B>?Remettre le Transport sur les rails?</B>
A son avis, même l?opposition a concédé que le Budget accorde une attention particulière aux plus démunis. Comme ses précédents collègues, le ministre s?attelle à démonter l?argument de l?opposition selon lequel ce gouvernement est très à cheval sur les ?effets d?annonces?.
Pour étayer ses dires, le ministre présente une liste des réalisations dans le domaine de l?éducation, de la santé publique et des infrastructures routières. Mais il reste encore à faire dans le transport public.
Après avoir constitué le Bus Industry Welfare Fund, le gouvernement est inquiet face à la présence des opérateurs illégaux. ?Si on ne fait pas attention, cette industrie risque d?aller à la banqueroute en raison de la hausse du coût du diesel, de la présence des opérateurs illégaux et de l?application du nouveau rapport du TAP?.
Citant la Corporation nationale de transport, le ministre dira que 45 % de ses lignes ne sont pas rentables. Voilà pourquoi, le gouvernement compte sur le prochain rapport du Management Audit Bureau pour formuler les recommandations nécessaires afin remettre l?industrie du transport sur les rails, lance Anil Bachoo.
En ce qui concerne les accidents de la route, le ministre souligne qu?il viendra avec une campagne axée sur le port de la ceinture de sécurité et des casques intégraux. Il compte également procéder à la révision de la limitation de vitesse sur les autoroutes de 80 à 90km/ h à partir de septembre.
Le député de l?opposition, Rashid Beebeejaun, aborde, lui, la politique gouvernementale sur la santé publique. Il ne suffit pas d?introduire la médecine hi-tech mais d?être à l?écoute des patients qui ont des difficultés à communiquer avec des médecins indiens, fait-il ressortir.
Au chapitre du tout-à-l?égout, il trouve exorbitant le tarif appliqué aux contribuables. Selon lui, ?la révision à la hausse du contrat de construction du tout-à-l?égout de Grand-Baie est un scandale?.
LIBERTÉ D?EXPRESSION
<B>La presse, ce bouc émissaire</B>
- Après Veda Balamoody, c?est au tour d?Ivan Collendavelloo de faire une sortie contre la presse, déjà égratignée à plusieurs reprises, lors des débats budgétaires. Ivan Collendavelloo digère mal que ?la presse soit en train de véhiculer des propos qui viennent faire mal à des gens honnêtes et qui travaillent dur?. Cette liberté d?expression qui serait si chère à l?actuel gouvernement est en passe d?être abusée, selon l?avocat parlementaire qui estime que Maurice doit être le seul pays au monde à tolérer qu?une personne, sous le couvert de l?anonymat, fasse des allégations contre d?autres à travers la presse.
?Cette liberté fondamentale de l?individu de s?exprimer est en train d?être pervertie en portant atteinte aux droits fondamentaux des autres. Oui, nous avons élargi l?espace démocratique mais cela ne peut se faire aux dépens d?honnêtes gens. J?espère que l?IBA réagira?, soutient Ivan Collendavelloo
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