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Reprise en Europe?
Compte tenu des relations commerciales que Maurice entretient avec l?Europe continentale, principalement la France et à un degré moindre l?Allemagne, la situation économique de cette zone tend à influencer considérablement la situation économique locale. Le nombre d?arrivées de touristes est ainsi très lié à l?évolution économique en Europe.
Après le désintérêt, voire le désaveu des opinions publiques lors des récentes élections européennes, il a été surprenant d?entendre ce week-end le Premier ministre français se dire extrêmement optimiste quant aux chiffres de croissance à venir, pariant sur une croissance supérieure aux 1.7 % généralement prévus.
Effectivement, la zone Euro a progressé, au cours du premier trimestre 2004, de 2.3 %. La France seule a fait +3.1 %. C?est cependant moins que les Etats-Unis : +4.7 % et que le Japon : +6.1 %, mais mieux que la Grande-Bretagne : +2.5 %.
Si on analyse de plus près les statistiques, les chiffres de croissance en Europe ont été récemment dopés par deux éléments : d?une part, les investissements et les dépenses des gouvernements se sont maintenus à des niveaux élevés, dans le but de relancer les machines économiques, qui étaient au bord de la déflation en 2001 et 2002.
D?autre part, depuis le début de l?année, les entreprises, dont le moral des chefs est dopé par la reprise mondiale, ont reconstitué des stocks importants, en prévision d?une croissance durable. Ceci est en contradiction avec le moral des opinions publiques.
Si les gouvernements ont des marges de man?uvre de plus en plus réduites, car les réformes structurelles se font à des rythmes beaucoup plus lents qu?elles n?auraient dû se faire, la croissance ne pourra être confirmée qu?en cas de commandes importantes au niveau des entreprises. Or en 2003, les exportations européennes, mesurées en parts de marchés, ont été en baisse : -3 % pour l?Allemagne, -6 % pour la France et -8 % pour l?Italie.
En 2004, avec un Euro plus de 10 % plus cher que le dollar par rapport à l?année précédente, il est fort peu probable que les parts de marchés des pays européens s?améliorent. Les consommateurs étant peu joyeux et les gouvernements obligés de se serrer les ceintures, les statistiques pour la seconde partie de l?année pourraient être inférieures aux prévisions.
Ce qui aurait un impact sur la performance des marchés financiers en Europe : les marchés actions, qui habituellement reflètent l?évolution de ces mêmes marchés aux Etats-Unis, pourraient être affectés, alors que les marchés obligations seraient eux soutenus par une éventuelle baisse des taux d?intérêt en Europe. Le découplage de la croissance mondiale pourrait ainsi aller de pair avec le découplage des taux d?intérêt, qui ont déjà progressé de 1 % en Angleterre.
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