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Un derby de feu !

19 juin 2004, 20:00

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Déjà tendu par une rivalité régionale historique, le choc ibérique entre l?Espagne et le Portugal, ce soir, à Lisbonne, pour le compte de la dernière journée du groupe A, va en plus être décisif. C?est ni plus ni moins qu?un billet pour les quarts de finale que se disputeront les deux équipes.

L?Espagne, victorieuse de la Russie 1-0 puis tenue en échec par la Grèce 1-1, part avec une longueur d?avance puisqu?un nul lui suffirait. Mais le Portugal, qui doit absolument gagner devant son public, aborde ce match le couteau entre les dents, comme il l?a fait mercredi lors du match gagné 2-0 face aux Russes, cela après des débuts catastrophiques contre la Grèce, 1-2.

Théoriquement, Espagne et Portugal peuvent passer ensemble le premier tour mais il est probable qu?une seule équipe ibérique sera en quarts. « Il nous faudra beaucoup de volonté et de détermination. Il ne faut pas raisonner en termes de rivalité ou de vengeance », assène le Portugais Costinha, qui veut évacuer la dimension affective de cette rencontre. La vengeance qu?il évoque est une allusion à la défaite des siens face à l?Espagne, au Portugal, 0-3, il y a neuf mois, en amical. « Ce match est une référence, il va me servir à montrer aux joueurs que nous pouvons les battre », glisse de son côté le sélectionneur espagnol, Inaki Saez, alors qu?une certaine nervosité semble gagner son camp.

Sa tactique est critiquée et l?attaque sujette à débat puisque Raul, en panne d?inspiration, Morientes et le jeune Fernando Torres sont en balance. Idem pour le milieu, où les supporters réclament Xabi Alonso et Joaquin.

Par ailleurs, les journaux espagnols glosent sur le fait que le match sera arbitré par le Suédois Anders Frisk, qui avait sifflé un penalty contre l?Espagne en huitième de finale du Mondial 2002, l?obligeant à se qualifier aux tirs au but face à l?Eire.

En outre, l?élimination en quarts de finale de cette compétition par la Corée du Sud, sur un arbitrage contesté, est encore dans toutes les mémoires. La presse espagnole craint ainsi un arbitrage maison de la part de M. Frisk.

Le sélectionneur brésilien du Portugal Luiz Felipe Scolari, lui, planche sur son onze de départ. Il avait été l?auteur d?une petite révolution contre la Russie, titularisant cinq joueurs du FC Porto, club vainqueur de la Ligue des champions, et laissant notamment sur le banc le capitaine aux 108 sélections, Fernando Couto.

Et si besoin est, il pourra se servir des livres d?histoire comme d?un aiguillon pour l?orgueil de ses joueurs : la dernière victoire portugaise contre l?Espagne, le 20 juin 1981, remonte à exactement 23 ans.

<B>La Grèce pour l?histoire</B>

La Grèce a l?occasion de se qualifier pour la première fois de son histoire pour les quarts de finale d?une grande compétition internationale, à l?issue du match qui l?oppose à la Russie, ce soir à Faro.

Le meilleur moyen pour la sélection de l?entraîneur allemand Otto Rehhagel d?assurer sa place parmi les huit meilleures équipes d?Europe, est de ne pas perdre. Sinon, c?est la règle à calcul entre la Grèce, qui participe à son troisième tournoi international, l?Espagne et le Portugal.

« Une chance unique s?ouvre au football grec et nous voulons la saisir », a déclaré le Roi Otto, 65 ans. « Rien n?est gagné. Chacun dit que nous sommes qualifiés, mais ce n?est pas vrai », ajoute-t-il, prudent.

Le technicien, qui a inculqué ordre et discipline à son groupe, voit son milieu de terrain affaibli par le forfait de Giannakopoulos, blessé à un mollet, et la suspension de Karagounis. Rehhagel ne pense pas que ses joueurs vont pécher par arrogance : « Le danger existe toujours. Mais ces garçons gardent les pieds sur terre. »

Les Russes, pour leur part, ne peuvent que sauver l?honneur. Ils doivent remplacer leur gardien Sergei Ovchinnikov, exclu contre l?Espagne, et leur capitaine Alexei Smertin, suspendu. «Les gens qui disent que nous n?allons pas nous battre commettent une grosse erreur. Nous ne pouvons quitter le tournoi de cette manière », a averti l?entraîneur Georgy Yartsev.

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