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Drogue : faut-il alléger les peines ?
<B>Oui
José Ah-Choon Directeur Du Centre D?accueil De Terre-Rouge</B>
<B>Les délits liés à la drogue sont-ils tous de la même gravité ? </B>
J?ai une opinion partagée là-dessus. Beaucoup de personnes ont touché au cours de leur vie à la drogue, un joint par exemple, sans pour autant devenir toxicomane. Au vu de cela, je dirai que la drogue n?est pas un délit grave. En revanche, le délit devient grave quand on est accroc et qu?on devient une menace pour la société. Certains volent pour leur dose.
<B>En quoi les peines actuelles sont-elles trop sévères ? </B>
Parfois, certaines peines sont exagérées. Comme, par exemple, dans le cas d?un garçon pris avec moins d?un gramme d?héroïne, qui a été condamné à 30 ans de prison. Ce n?était pas un trafiquant. On aurait dû lui donner une chance de se réhabiliter. Paradoxalement, certains pris avec des kilos de drogue, n?ont été condamnés qu?à la moitié de cette peine ?
<B>Les peines pour les trafiquants doivent-elles être sévères ? </B>
Certainement. Ces gens-là sont des tueurs en série.
<B>Un petit dealer ne risque-t-il pas de devenir un gros trafiquant ? </B>
Si. Mais ce petit dealer peut encore être récupéré et participer ensuite activement dans des campagnes de prévention. Mais s?il reste enfermé, il est irrécupérable et constituera un danger pour la société, même en prison.
<B>Pour quels types de délits devrait-on alléger les peines ? </B>
L?initiation à la drogue se fait jeune, autour de 13-14 ans. Un first offender ne devrait pas côtoyer en prison les endurcis. Nos prisons sont de véritables universités du crime. Pourquoi ne pas convertir la prison ouverte de Richelieu en centre de réinsertion ? On devrait faire la différence entre le délit de consommation et de possession et celui de trafic, qui reste un délit très grave. On devrait pouvoir convertir l?emprisonnement des first offenders en travaux communautaires. Les gros requins sont rarement pris et nos prisons débordent de petits délinquants condamnés pour des délits mineurs liés à la drogue.
<B>Non
Dr Roodrasen Neewoor Président Du Sanram Sewa Sadan Day Care Centre For Substance Abuses
Nos lois anti-drogue sont-elles efficaces ? </B>
On a certes renforcé nos lois, mais les trafiquants ont tellement de ressources qu?ils arrivent facilement à les contourner. Aucune loi ne sera jamais assez sévère pour eux.
<B>Doit-on rendre les lois plus sévères mêmes pour les petits délits ? </B>
Oui. Car la répression n?est qu?un aspect de la solution. Les autres sont la prévention, le traitement et la réinsertion. Si nos lois sont moins sévères, plus de gens se laisseront tenter par la drogue. On ne doit en aucune circonstance relâcher nos lois, car on arrive difficilement à avoir les gros requins. Relâcher nos lois, c?est rendre la drogue plus attrayante. Devant la gravité de la situation, n?est-il pas temps de reconsidérer la possibilité de la peine de mort pour les gros trafiquants.
<B>Les autorités sont-elles à la hauteur ? </B>
Une Prevention Unit a été créée. On vient d?introduire une thérapie de substitution à base de codéine. Mais ce n?est pas assez. D?où mon plaidoyer pour une salle de désintoxication.
<B>Quelle est l?ampleur de la toxicomanie à Maurice ? </B>
Les gens sur le terrain reconnaissent tous que la situation est alarmante. Le nombre de drogués a augmenté ces dernières années. Surtout depuis la fermeture, il y a quatre ans, de la salle de désintoxication à l?hôpital ENT de Vacoas.
<B>Comment expliquez-vous cette augmentation ? </B>
C?est la loi de l?offre et de la demande. Il y a manifestement davantage d?offre sur le marché. Les fréquentes importantes saisies en témoignent.
<B>Pourquoi ? </B>
D?abord le toxicomane reste souvent dans le même milieu. Puis, dans beaucoup de cas, le traitement n?est pas adapté.
<B>Pensez-vous que la toxicomanie est une maladie ? </B>
Ce n?est pas une maladie. On devient très vite accro. On développe rapidement une dépendance à la drogue. Mais la toxicomanie est une accoutumance, pas une maladie.
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