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L?État providence se lézarde
La nouvelle est tombée lors du récent discours du budget : les prestations sociales sont désormais ciblées. Seuls ceux ayant des revenus mensuels ne dépassant pas Rs 20 000 pourront prétendre à la pension de vieillesse à partir d?octobre prochain.
Cette restriction sera étendue dès janvier pour les pensions aux veuves, aux invalides et aux orphelins. De même, ceux dont les revenus dépassent les Rs 30 000 par mois, n?auront plus désormais droit à la remise de 50 % pour leurs enfants aux examens de la School Certificate (SC) et ceux du Higher School Certificate (HSC).
Les syndicats ont dès mercredi exprimé leur mécontentement en manifestant devant l?hôtel du gouvernement. Ils considèrent que cette mesure marque le début du « démantèlement de l?État providence ».
<B>Voler aux riches pour donner aux pauvres</B>
L?opposition, pour sa part, en a fait ses choux gras avec deux Private Notice Questions (PNQ) adressées au ministre de la Sécurité sociale, Sam Lauthan, sur cette question durant la semaine. Toutefois, cette mesure était longuement attendue dans les milieux avertis. La mesure est qualifiée de « courageuse » par l?économiste Pierre Dinan, de Dcdm. « L?État providence continue, mais pour ceux qui en ont vraiment besoin. » Pour sa part, la firme Kpmg y voit de humour à la Robin des bois : voler aux riches pour donner aux pauvres. De même, les intervenants à un petit-déjeuner organisé le lendemain du budget par l?Association of Chartered Certified Accoutants (ACCA), à la Flore mauricienne, ont approuvé la mesure.
Selon le ministre de la Sécurité sociale, seuls 3 % des pensionnés seront touchés par cette mesure. Ce pourcentage est confirmé par le Household Budget Survey de 2001-2002. Le concept de l?universalité des pensions est d?accorder une aide sociale à tous les citoyens quels que soient leurs revenus. « La philosophie qui sous-tend ce budget, est une distribution plus équitable des revenus », a expliqué le ministre des Finances, Pravind Jugnauth.
Il y a actuellement 121 000 bénéficiaires, ce nombre triplera en 2041. « De Rs 4,8 milliards aujourd?hui, la pension passera à Rs 8 milliards en 2041, si rien n?est fait », explique encore Sam Lauthan. Il y aura alors trois fois moins de salariés pour contribuer. C?est ainsi que le gouvernement a mis sur pied dès avril 2002 une Task Force on Pension Reforms. Celle-ci comprend deux comités ministériels, l?un présidé par le ministre Lauthan et l?autre par le ministre des Services financiers, Sushil Kushiram. Les avenues à explorer : report de l?âge de la retraite, augmentation de la contribution, amélioration de la rentabilité des investissements, entre autres.
Le dernier rapport de l?actuaire (Battersby Report) sur le Fonds national de pension constate que c?est à moyen et à long termes que le problème se pose. Une vraie bombe sociale qui risque d?exploser si rien n?est fait.
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