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Un « terroriste » à l?Assemblée

19 juin 2004, 20:00

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Des insultes qui pleuvent, des menaces, des walk out. Le speaker, debout, qui doit élever la voix pour se faire entendre. À l?Assemblée régionale de Rodrigues, malgré un problème de personnel ? qui a nécessité cette semaine au Parlement, un amendement du Rodrigues Regional Assembly Act ? l?ambiance électrique des séances n?a rien à envier à celle de l?hémicycle portlouisien?

« Elle nous a menacés avec le doigt. Elle m?a traité de terroriste. This is unparliamentary? ».Le jeune Minority Leader, Johnson Roussety, se met debout, évoque un Point of Order et interpelle le président de séance, Joseph Lam VoHee : « I want to hear your ruling ».

En face, (la chambre comprend deux travées de chaque côté et les deux camps sont obligés de se regarder en chiens de faïence), la colère gronde du côté des commissaires. Serge Clair est visiblement vexé, mais il ne pipe mot. En revanche, ses deux voisins, Daniel Spéville et Arlette Perrine Bégué, ne tiennent plus en place. Ils lancent des invectives. C?est le brouhaha généralisé.

« I cannot give any ruling simply because I can?t hear anything », se justifie le speaker Lam Vo Hee. Le Minority Leader n?est pas content et peste : « Tout le monde a entendu? le mot terroriste ». Comme le font nombre de députés à Maurice, Johnson Roussety a évoqué un Point of Order, sans savoir lequel précisément.

Ce petit doigt accusateur

Ce 8 juin à Port-Mathurin, alors que de nombreux Rodriguais scrutaient le ciel pour observer le transit de Vénus, ça a chauffé, comme d?habitude, à l?Assemblée régionale. Mais il n?y a pas eu de walk out. « C?est toujours mouvementé. C?est parce que nous posons des questions qui ne font pas plaisir aux commissaires », explique le Minority Leader, Johnson Roussety.

Le chef commissaire, Serge Clair, est d?un avis contraire : « Dans l?opposition, ils ne sont pas sérieux. Ils ont toujours été contre le principe d?autonomie. Et c?est pour cela que bien souvent, ils tournent les séances en dérision. Ils sont irresponsables. »

Depuis sa première séance, qui date du 12 octobre 2002, l?Assemblée ne chôme pas. Quelque 500 questions ont été adressées jusqu?ici et quatre comités ont été institués.

Le gros problème, cependant, demeure celui d?un manque accru de personnel et d?équipements. Ce qui retarde, entre autres, la circulation des réponses, malgré la bonne volonté du personnel qui se démène avec les moyens du bord. C?est pour changer cela que la loi a été amendée, mardi, au Parlement, pour faciliter le recrutement afin de permettre à l?Assemblée régionale, qui n?a pas le pouvoir d?amender des lois, de tourner à plein régime?

Quant aux sempiternelles guéguerres politiciennes, à Rodrigues comme à Maurice, elles font partie du folklore parlementaire? sauf qu?à Port-Mathurin, on a tendance à exagérer, comme ce petit doigt accusateur qui devient une « attaque terroriste ».

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