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Les logements passoires de la NHDC
Le ton est bien triste chez ces habitants de la résidence Les Jasmins, à Forest-Side. Il faut dire que les Maderbocus, qui ont acquis leur deux-pièces auprès de la National Housing Development Company (NHDC) il y a trois ans, ne s?attendaient pas à avoir à colmater les brèches. Murs et plafonds suintent en permanence et ils ne peuvent mener une vie normale.
Eshan partage l?habitation avec sa fille. Il est persuadé que les infiltrations sont dues à une tuyauterie défectueuse et non à la pluie. Il explique que des travaux ont bien été effectués par la NHDC ces deux dernières années, mais que les problèmes n?ont pas été réglés pour autant, puisqu?ils doivent éponger murs et meubles tous les jours.
Veuf depuis quelques semaines, Eshan raconte que son épouse était particulièrement déprimée et épuisée par la situation. Deux mois avant sa disparition, dit-il, un cadre de la compagnie lui a assuré que la fin de ses soucis était proche. Les travaux d?étanchéité (actuellement en cours de finition) devaient régler le problème. Son épouse avait alors adressé un courrier au bureau de Rose-Hill : « I can no longer bear the promises from the NHDC. I suffer from heart disease and such stress is damaging my health. It is not livable, daily and continuously. »
Eshan est éc?uré. Il ne compte pas rester les bras croisés et poursuit la NHDC. Il réclame le remboursement de ses mensualités. « Li pa fasil pu pey Rs 4 494 sak mwa ek viv dans enn lacaz ki kul partou. Mo pa pu kapav kontinie pey pou enn lakaz kot mo pa gaign aukaine satisfaksion. » Son regard s?attarde sur une fissure dégoulinante qui traverse le plafond du salon jusqu?à la terrasse. Une large tâche jaunâtre macule l?emplacement d?un lustre. « Sa delo la inn kauz court-circuit ek mo finn bizin tir lustre. » Le canapé n?a pas échappé au massacre et depuis quelque temps, des fissures apparaissent dans la chambre de sa fille, dans la cuisine et la salle de bains. « Qu?il pleuve ou qu?il vente, l?eau s?infiltre ! Elle a abîmé la peinture et les prises et une des chambres est inutilisable à cause des moisissures. »
Pouvoir enfin passer l?éponge
Au niveau du syndic, Santa Jacquette affirme qu?un tiers des dix blocs d?appartements est concerné par le problème. Quant à la NHDC, elle fait savoir, par son directeur, Eshan Khodabocus, que le climat humide de la région n?a pas dû être pris en considération par les constructeurs. « Nous demandons aux résidents d?être patients car ces problèmes seront bientôt résolus grâce aux travaux. L?eau accumulée sur les toits s?infiltre dans les murs, ce qui explique les suintements aux rez-de-chaussée. Nous interviendrons aussi à ce niveau. » Il ajoute que la tuyauterie sera également réparée.
Santa Jacquette se veut rassurante : « Je suis les travaux de près et même si je ne suis pas une spécialiste, je constate que les ouvriers font du bon travail. » Plusieurs familles se battent depuis longtemps avec ce problème. Elles attendent cette fois de pouvoir enfin passer l?éponge.
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