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Les Chagossiens dans la tenaille britannique
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Les Chagossiens dans la tenaille britannique
Le contentieux juridique de la saga des Chagossiens, qui jusqu?ici n?a été qu?un jeu de ping-pong entre les Anglais et les Américains, n?est pas prêt de se terminer. En effet, deux Orders in Council de la Chambre des communes mardi dernier mettent les Chagossiens devant le fait accompli : l?impossibilité de s?installer à nouveau aux Chagos.
Cette décision a provoqué beaucoup d?émoi dans la communauté chagossienne. Après le jugement rendu en novembre 2000 qui avait invalidé l?Immigration Ordinance de 1971, la Haute cour anglaise avait donné l?autorisation aux Chagossiens d?aller dans l?île.
« L?action sur le plan juridique va s?accentuer », affirme Robin Mardemootoo, avocat du Groupe réfugiés Chagos. « Nous ne croyons pas à la parole des Anglais. Jusqu?ici, les autorités britanniques n?ont pas respecté le jugement de la cour qui était en notre faveur. Nous allons entamer toutes les procédures et les actions pour que les droits des Chagossiens soient reconnus. Nous allons contester la validité et la légalité du Order in Council du 10 juin 2004. »
Les hommes de loi auront trois mois pour contester cet Order in Council. Le Groupe réfugiés Chagos aura tout le soutien d?un des plus éminents juristes britanniques, sir Sydney Kentridge.
Le jugement de la Haute cour britannique n?a jusqu?ici pas été contesté par le gouvernement britannique. Ce qui devrait ouvrir la porte aux Chagossiens à un possible retour, tout au moins dans un premier temps sur l?îlot Péros Banhos, l?îlot Salomon et sur les autres îlots, sauf Diégo Garcia.
Des visites ont été planifiées. Un bateau a même été affrété. Une liste de 100 personnes a été établie et soumise aux autorités. Cependant, le projet n?a pu se concrétiser devant l?intransigeance des Britanniques.
Si du côté du Groupe réfugiés Chagos, la détermination est de mise pour entreprendre des actions légales, en revanche, le Comité social des Chagossiens (CSC) dont le président est Fernand Mandarin, privilégie la voie des négociations entre les différents gouvernements. « Toute action juridique entamerait les possibilités de récupérer les Chagos », explique Fernand Mandarin.
« Le Premier ministre parle de démarche légale et diplomatique. Nous avons considéré la possibilité d?une action devant la Cour internationale de justice. Cependant, nous pensons qu?une action légale comporte beaucoup de risques. Il faut toujours craindre le pire. Un échec devant cette cour serait en échec terrible. De plus, il faut l?accord préalable des gouvernements avant d?y avoir recours. Devant un tel risque, la négociation demeure la seule voie de secours pour l?île Maurice, les Mauriciens et les Chagossiens », a déclaré de son côté Hervé Lassémillante, l?homme de loi du CSC.
Le combat des Chagossiens sur le plan juridique semble être plus que jamais un « on going process », affirme un éminent juriste.
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