Publicité
Petit meurtre entre amis
L?équipe de France entame la défense de son titre à l?Euro 2004 aujourd?hui, par la face Nord : l?Angleterre. Descendus de leur nuage au premier tour du Mondial asiatique, les Bleus doivent gérer une double pression. Il leur faut effacer le souvenir de 2002 et tenter de devenir la première nation à conserver sa couronne européenne.
A Lisbonne, la confrontation avec les hommes de Sven-Göran Eriksson aura des allures de réunion de famille. Tout le monde se connaît et quelques petits coups entre amis devraient fuser.
« Le premier tacle est toujours important pour les Anglais », rappelle Patrick Vieira, à Arsenal depuis 1996. « Leur point faible, c?est peut-être l?engagement physique », note le défenseur de Chelsea, William Gallas. « Avec les nouvelles directives arbitrales, ils devront faire très attention. »
La France devra absolument gagner si elle veut pouvoir gérer au mieux son parcours dans le groupe B et garder toute sa fraîcheur en vue d?un possible quart de finale délicat contre l?Espagne ou le Portugal, pays hôte de la compétition.
Six des onze titulaires probables de l?équipe de France évoluent en Premier League et Fabien Barthez a joué à Manchester United.
« C?est bien de commencer par les Anglais. On entre tout de suite dans la compétition », estimait Robert Pires la semaine dernière à Clairefontaine. Un avis partagé par la majorité de ses équipiers.
« Quand on regarde les matches de Premier League, on voit qu?il n?y a pas de tactique, peu de technique. C?est de l?attaque-défense. Les Anglais jouent avec leur coeur », dit-il.
« Mais aujourd?hui ce ne sera pas ouvert. Ils vont peut-être jouer avec un milieu à cinq et pratiquer le marquage individuel. »
Pour venir à bout de l?Angleterre, Jacques Santini compte sur une dynamique de groupe presque infaillible initiée depuis son arrivée en remplacement de Roger Lemerre en juillet 2002.
Le train bleu, lancé à toute allure vers le Portugal depuis une campagne de qualification parfaite, ne s?arrête pas en chemin et peut compter sur sa locomotive Zinedine Zidane. Aussi Marcel Desailly, capitaine aux 115 sélections, ne sera-t-il probablement pas dans le onze de départ.
Avec un Zidane qui dit être au sommet de sa forme, l?affaire semble largement jouable, même si le meneur du Real Madrid a chuchoté qu?un nul ne serait pas si mauvais que cela.
« Il faut gagner », martèle pour sa part Pirès. Car les Anglais, dont le gardien David James n?est pas une assurance tous risques, devront composer sans le défenseur central de Chelsea, John Terry, qui souffre d?une blessure à la cuisse. Il pourrait être remplacé par Jamie Carragher.
Alors, même si Thierry Henry voue une grande admiration à Michael Owen, on se dit qu?il a les moyens de justifier son statut de meilleur buteur de la Premier League.
L?Anglais Paul Scholes, lui, veut faire manger ses mots à Pirès : « J?ai lu qu?il avait dit qu?il pensait nous battre 3-1. Ils sont juste trop confiants. C?est juste une chose à dire après le match, pas avant. » Reste que personne n?a entendu Pirès donner le moindre pronostic. La guerre des mots a commencé.
Publicité
Publicité
Les plus récents