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Ils parlent de leur père (1)
<B>Le père idéal pour Adil Lauthan, c?est Sam</B>
À priori, Adil ne ressemble pas à son père. C?est un grand introverti qui ponctue chaque phrase de longs silences. Et pourtant dans le peu de mots qu?il prononce, on sent une sagesse, un peu celle de son père. Comment voit-il ce dernier ? « C?est un père ordinaire, comme tous les autres, un ami qui sait aussi être sévère quand il faut ». Adil n?a pas oublié le savon que lui a passé Sam lorsqu?il a kap lesson il y a trois mois. Il se souvient encore qu?il n?a plus de téléphone portable parce que son père le lui a confisqué pour « abus de sms ».
Mais entre Adil et son père (qu?il vouvoie), il y a une complicité. Ils parlent de sujets de société, comme la campagne « 16 jours 16 droits », ils regardent la télé ensemble, font du jogging le dimanche, et son père lui apprend à conduire? Mais être fils de ministre, ça doit tout de même faire une différence ? Adil ne voit pas pourquoi. Avant d?être ministre, Sam est avant tout son père, sauf qu?il souhaiterait quand même qu?il soit plus souvent à la maison, qu?il n?ait pas besoin de regarder les infos pour le voir. Adil ne tient pas du tout à être ministre ou à prendre la relève dans le social. Du moins ce ne sont pas dans ses projets actuels (il n?a que quinze ans). Il voudrait être économiste. N?empêche, il admire son père, notamment pour son sens de l?honnêteté et de la loyauté. Le papa idéal pour lui, c?est Sam Lauthan. Si Adil ne se souvient plus du dernier cadeau qu?il lui a offert, il n?oubliera pas de sitôt le cadeau que son père lui a offert pour son anniversaire : un flower horn, poisson d?aquarium.
<B>Nicolas Moutien et son père « ce grand monsieur »</B>
« Passer une journée en compagnie de monsieur Moutien ? Vous avez de la chance car vous en ressortez ragaillardi. » Ce sont là les paroles de Nicolas Moutien, le fils de Lindsay Moutien, l?homme de spectacle. Nicolas a 25 ans et souvent au cours de l?interview, il parlera de son père comme d?un grand monsieur. « Mon père a toujours su deal avec ses fils. On le voit comme le chef de famille et même s?il cultive la bonne humeur, même si on est très copains avec lui, on l?a toujours respecté comme un père. » Ainsi quand Nicolas est en conflit avec Lindsay (pas de gros crossing, précise-t-il), il préfère baisser la tête. Lindsay Moutien, un père sévère ? « Comme tous les pères. Il a su trouver le juste milieu pour nous élever. Nous sommes trois garçons, il n?y en a pas un qui boit ou qui fume. C?est dire qu?on a été à la bonne école. » Son plus beau souvenir reste le premier spectacle de son père, Flics en délire. « C?était la première fois que j?allais au théâtre, au Plaza qui plus est, et j?étais tellement fier de voir mon père jouer impeccablement et faire rire le public. » Nicolas n?est pas un comique, il ne monte pas scène et reste dans les coulisses. Il travaille avec ses frères dans une entreprise de chapiteau mais qui sait, peut-être qu?il sera un jour sous les feux des projecteurs. « Je sais que cela ferait plaisir à mon père de me voir sur scène, et j?envisage de le faire? »
<B>Patrick Chui Wan Cheong et Patrick Jr : la complicité</B>
Il s?appelle Patrick?tout comme son père. Il est médecin, son père l?est aussi. Patrick Chui Wan Cheong Jr a souvent la désagréable surprise de se rendre compte qu?au téléphone, que c?est à son père qu?on croit parler. Si c?est une fierté d?avoir le même prénom que lui, ça peut aussi être incommodant. Mais ce n?est pas pour en faire une copie que Patrick Senior l?a prénommé ainsi. « Je suis né le 17 mars, jour de la Saint Patrick et le gynécologue a suggéré de m?appeler ainsi. » Patrick Jr confie que son père a consacré toute sa vie à son travail. « Il n?était presque jamais à la maison. Il avait eu une enfance difficile. Il n?a jamais voulu qu?on connaisse la misère, et il a travaillé pour que ses enfants puissent étudier. » Le seul moment où Patrick Jr a vraiment appris à connaître son père, c?est lorsque ce dernier l?a accompagné pendant trois semaines à Dublin, alors qu?il entamait ses études de médecine. « Quand j?ai choisi d?être médecin, il a fait des démarches. Il m?a inscrit dans la même école qu?il avait fréquentée autrefois. On s?est vraiment rapproché pendant ces trois semaines, à tel point que j?ai eu les larmes aux yeux quand il est parti. »
Aujourd?hui Patrick Jr est radiologue dans la clinique que gère son père, la City Clinic. Il tient à être présent pour ses enfants, à être moins strict que son père, plus cajoleur, mais aussi leur transmettre les mêmes valeurs que celles de Patrick Senior. « On a parfois des frictions au travail, mais même si mon père n?a pas eu l?habitude de montrer ses sentiments, je sais qu?il nous aime et que ce qu?il veut, c?est que nous réussissions. Il a déjà construit les bases. Aujourd?hui ses enfants bénéficient de cela et n?ont pas à faire autant de sacrifices que lui. »
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