Publicité

Faites entrer les artistes !

11 juin 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Fini le compte à rebours. C?est Jour-J. Plus la peine, le matin, à l?heure du réveil, de cocher les dates, impatients que nous étions de voir arriver le 12 juin, le grand jour. L?Euro s?offre à nous ce soir. Il était temps.

Faites donc entrer les artistes, que la fête commence. En guise d?apéritif à cette folle quinzaine de football, un match plutôt inédit à un tel niveau de compétition, Portugal-Grèce.

On vous le concède, ce n?est pas France-Angleterre, la nouvelle version de la guerre de cent ans, qui tiendra en haleine, demain soir, la planète tout entière. Mais c?est quand même le Portugal et son football champagne. Les Brésiliens de l?Europe, quoi. C?est le beau jeu, la technique, la passion. C?est Cristiano Ronaldo, Figo, Deco et Pauleta réunis sous le même maillot.

Pour sa grande rentrée dans l?impressionnant Do Dragao, l?antre du FC Porto, la Seleçao version européenne n?a bien évidemment pas droit à l?erreur devant son chaud public. Tout un pays attend ce match contre la Grèce, première étape du rendez-vous annoncé avec la gloire.

C?est que le Portugal, vous l?aurez compris, ne vise pas moins que la couronne continentale cette année. Et, autant le dire tout de suite, le petit cousin de l?Espagne a largement les moyens de ses ambitions.

Déjà, il jouera ses matches à douze, l?influence du public étant certaine à un tel niveau. Un avantage qui, dans le passé, a profité à quelques-uns, à l?image de l?Espagne en 1964, de l?Italie en 1968 et de la France en 1984.

Le Portugal peut également se féliciter d?avoir opté pour le meilleur technicien disponible sur le marché, le charismatique champion du monde brésilien Luis Felipe Scolari, lequel a la particularité d?avoir dirigé douze clubs pour quinze titres. Sans faire de révolution, Scolari a mis de l?ordre dans la maison rouge et verte, se débarrassant, au passage, de quelques têtes encombrantes, à l?image du gardien de but Vitor Baia.

Lors du dernier championnat d?Europe, en terre hollandaise, le Portugal avait particulièrement séduit avec un football spectaculaire, résolument porté vers l?attaque. L?Angleterre, la Roumanie, la Turquie et surtout l?Allemagne, balayée 3-0, s?en souviennent encore. Mais spectaculaire ne veut pas dire réaliste. La belle machine à gagner s?est ainsi enrayée en quarts de finale, il est vrai face à l?ogre français.

C?est bien d?attaquer, encore faut-il savoir défendre. C?est tout le paradoxe du football portugais. Le premier défi de Scolari a donc été de changer d?approche. Le football champagne a ainsi laissé la place, depuis, à un jeu plus classique, plus stéréotypé, mais à même d?emmener le Portugal vers les sommets. Un football qui a inspiré le FC Porto de José Mourinho, lauréat inattendu de la Ligue des champions cette année. Et ce n?est pas tout à fait un hasard si pas moins de six joueurs des Dragons figurent cette année en sélection : les défenseurs Nuno Valente, Paulo Ferreira et Ricardo Carvalho ainsi que les milieux de terrain Francisco Costinha, Luis Deco et Nuno Ribeiro.

Pour toute une génération d?internationaux portugais, à commencer par les vaillants trentenaires Figo et Pauleta, l?Euro 2004 sera sans doute l?ultime occasion de conquérir le vieux continent. Demi-finaliste en 1984 et 2000, le Portugal, en réalité, mérite amplement d?être récompensé pour l?ensemble de leur ?uvre. Mais la route est encore longue et les obstacles ne manqueront pas.

Publicité