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Marclaine Antoine conduit en cellule

1 juin 2004, 20:00

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?Monn fair ène cur dan la natir hier, ek mo la guitar, ça fer cinq ans qui mo pé débat, aster mo rende mwa, mo fair confiance la loi !? Après avoir échappé aux policiers plus de trois semaines durant, le chanteur Marclaine Antoine a été arrêté hier matin au Centre social Marie-Reine-de-la-Paix. Ses amis artistes l?y ont accompagné, en tentant une dernière fois de protester contre ce qu?ils considèrent une injustice. Le chanteur, détenu aux Casernes, sera conduit à la prison de Petite-Rivière dans quelques jours pour y purger une peine d?un an.

L?affaire remonte à 1998. A la suite d?une dénonciation, des policiers découvrent chez le chanteur à Rose-Hill des objets dont certains sont suspectés d?avoir été volés : une carabine, un ?air gun?, un pistolet, des caméras, une télévision et autres gadgets musicaux sont confisqués lors de cette descente. Les preuves contre lui sont accablantes. Condamné par la cour intermédiaire, le 10 septembre 2002, Marclaine a été reconnu coupable de possession non autorisée d?armes à feu ainsi que d?objets suspectés d?avoir été volés. Il a recours à deux reprises à la Commission de pourvoi en grâce mais sans succès. En conformité avec la justice, Marclaine Antoine doit donc payer une amende de Rs 10 000 et purger une peine d?un an de prison.

Tonton Empeigne, Eric de Chasteauneuf, Véronique Leclézio, Serge Lebrasse, Bruno Raya, Ram Joganah et bien d?autres encore, ils sont tous là, venus exprimer leur indignation. Pendant que Véronique Leclézio distribue des feuillets de prière, d?autres font circuler une pétition sur laquelle figurent déjà 150 signatures. Ils comptent rencontrer samedi le président de la République. Une initiative qui s?avérera vaine, la justice étant l?autorité suprême.

?C?est enn problème vraiment bête ! Alors, on ne peut même plus exposer les vieux canons dans les endroits publics si c?est comme ça !? lance Ram Joganah. A quoi Bruno Raya répond qu?il avait lui-même emprunté les fusils concernés pour des manifestations commémorant l?abolition de l?esclavage. Entre la colère de l?un et la consternation de l?autre, c?est la tristesse de voir incarcérer un ami qui domine. ?Ene gran artist ça, li na pa mérite la prison, laisse li servi so pays !? s?exclame l?un d?eux.

Seules les paroles de l?avocat ont quelque chose de raisonnables. Me Rama Valayden annonce son intention de récupérer tous les dossiers afin d?éviter la prison à son client et de tenter de convertir sa peine en Community Service Order.

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