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Environ Rs 11 m allouées annuellement aux fédérations

31 mai 2004, 20:00

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Les fédération concernées sont, sans nul doute, impatientes de connaître le montant qui leur sera alloué pour la nouvelle année financière. ?L?aide qui est accordée aux fédérations sportives, annuellement par le MJS, avoisine les Rs 11 millions ?, répond le Principal Assistant Secretary (PAS) du MJS, Moobarak Boodhun.

Le suspense ne durera plus trop longtemps, puisque le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, présentera le budget 2004-2005 à l?assemblée nationale, le 11 juin prochain. Les fédérations prennent, normalement, connaissance de la somme qui leur est allouée, par le MJS, peu après cet exercice.

Comme tous les ans, la satisfaction sera de mise dans le cas de certaines fédérations tandis que d?autres, insatisfaites, n?hésiteront pas à afficher leur mécontentement.

Quels sont les critères qui sont pris en considération lors de la distribution de l?enveloppe budgétaire ? Pourquoi l?aide est plus conséquente pour certaines fédérations et dérisoire pour d?autres ?

Moobarak Boodhun s?explique : ?Aux yeux du MJS, il n?existe pas de petites ou de grandes fédérations. Néanmoins, le partage est effectué en fonction de la popularité de la discipline, du nombre de licenciés et surtout du résultat en termes de performance sur le plan international.?

?Le MJS est l?unique bailleur de fonds du sport local. La performance de nos athlètes à l?étranger rejailli, donc, directement sur l?image du MJS?, soutient-il.

Contrat d?objectif et budget proviso ire

Le plus gros travail se fait au début de l?année. Chaque fédération est appelée, dans un premier temps, à présenter ses propositions ?pré-budgétaires? pour la prochaine année financière. ?Dans bien des cas, les demandes sont exorbitantes. D?où leur déception après le partage de l?enveloppe budgétaire?, souligne le haut cadre du MJS.

Les demandes des fédérations sont, par la suite, examinées par le MJS. Troisième étape : les dirigeants des instances fédérales sont convoqués pour discuter de leurs priorités. C?est à l?issue de cet exercice que le MJS décide du montant qui doit être alloué à chaque fédération. Les fédérations sont convoquées une dernière fois, après que le MJS a pris connaissance du budget qui lui a été alloué pour la nouvelle année financière.

C?est à partir de là que les fédérations sont informées de leur budget pour la nouvelle année financière. Un contrat d?objectif est signé entre les deux parties ? MJS et fédérations.

Toutefois, l?argent accordé aux fédérations est minutieusement contrôlé par le ministère. ?En aucun cas, l?argent n?est versé sur le compte de la fédération. C?est l?argent des contribuables. Nous devons nous assuré qu?il soit correctement utilisé?, précise le PAS.

Même si Moobarak Boodhun ne le dit pas, il y a aussi l?élément de confiance qui entre en jeu. A voir la manière dont fonctionnent certaines fédérations, on ne donnerait pas tort au MJS.

Toutefois, il faudrait préciser que le système d?allocation a beaucoup évolué ces quatre dernières années. Avant l?année 2000, les fédérations ne savaient pas exactement la somme qui leur était consacrée. Proposée par l?ancien régime (le Parti Travailliste), cette nouvelle pratique avait été adoptée par l?actuel ministre des sports Ravi Yerrigadoo, après la victoire de la coalition MSM-MMM en 2000.

Cependant, c?est le MJS qui décide de quelle manière l?argent des contribuables doit être utilisé. Un cahier des charges (contrat d?objectif) est présenté aux fédérations et qui comporte plusieurs items : (i) Sport promotion, (ii) Regionalisation, (iii) National Training Centres, (iv) Major International Events et (v) National Team

Le premier item ?Sport Promotion? englobe le ?High Level Sports? qui est destiné à financer le déplacement des athlètes à des compétitions internationales, le ?Sports Cadres Training? soit la formation des entraîneurs, et l??Assistance to High Level Athletes? (voir tableau pour plus de détails).

Les fédérations ne peuvent en aucun cas utilisé l?argent destiné à un item pour financer d?autres projets. A chaque demande, les fédérations doivent présenter leur projet accompagné d?un budget provisoire. ?L?argent ne transite jamais sur le compte de la fédération?, insiste le PAS.

?Nous donnons de l?argent en espèces à la fédération uniquement lors des déplacements à l?étranger pour l?hébergement et la nourriture des athlètes?, souligne-t-il.

Il est toutefois malheureux de constater que certaines fédérations ne respectent pas les engagements pris au début de l?année financière. ?Nous constatons, avec regret, à la fin de l?année financière, que les promesses n?ont pas été tenues. L?argent destiné à certains items n?est jamais utilisé. Par contre l?argent destiné au ?High Level Sports? est épuisé avant même que ne se termine l?année financière. Ce qui nous amène à dire que les dirigeants des fédérations sont plus intéressés par les voyages que par le développement de leur discipline?, constate un autre haut cadre du MJS.

D?où la décision du MJS d?appliquer des mesures très strictes en ce qui s?agit du budget qui est alloué aux fédérations (voir texte plus loin).

Selon, le PAS, il existe des cas où les fédérations viennent réclamer, à chaque fin de l?année financière, l?argent inutilisé. ?Ces fédérations doivent comprendre que la fin de l?année financière n?est pas la fête de Noël ?, ironise-t-il avant de conclure : ?Nous conseillons à chaque fédération, d?épuiser leur budget avant la fin de mai.?

Il existe également des situations où les fédérations ont déjà épuisé la totalité leur budget avant même la fin de l?année financière. Cela ne les empêche pas de solliciter à nouveau le MJS pour d?autres projets, bien souvent, il s?agit des déplacements. Toutefois, il est très rare que le ministre des Sports fasse de dérogation dans ces cas.

RÉUNION D?INFORMATION

<B>Le MJS recevra les fédérations individuellement</B>

Suite aux nouvelles mesures annoncées par le ministre des Sports (MJS), Ravi Yerrigadoo, récemment au sujet de l?allocation budgétaire, les fédérations seront convoquées individuellement dès demain pour une réunion d?information.

Le MJS les informera officiellement de l?application d?un système de Key Performance Indicators (KIP) qui permettra de mesurer la performance des fédérations par rapport aux engagements pris au début de l?année financière. Les fédérations seront également informées des mesures qui seront prises à leur égard, en cas de non respect des engagements.

Les discussions se porteront également sur les propositions budgétaires qui ont déjà été faites par les fédérations en début d?année et sur le calendrier des activités pour la prochaine année financière.

L?athlétisme, le badminton, le basket-ball, le judo et le football seront les premiers à être reçus par le MJS demain. L?exercice d?information s?échelonnera sur plusieurs jours. Le tennis, la boxe, la natation, le cyclisme et le volley-ball seront entendus jeudi alors que l?après-midi de vendredi sera consacré aux sports handicapés. Les consultations reprendront la semaine prochaine.

<B>RÉPARTITION DU BUDGET :</B>

<B>Sports Promotion</B>

Cet item englobe le High Level Sports, le Sports Cadres Training, le National Level et la Assistance to High Level Ahletes

(i) High Level Sports (sport de haut niveau)

L?argent accordé sous cet item est utilisé pour financer les déplacements des athlètes à des compétitions internationales. Le MJS ne finance jamais les frais de déplacement des arbitres ou encore des juges arbitres a tenu à préciser Moobarak Boodhun.

(ii) Sports Cadres Training

La loi oblige les fédérations à former leurs entraîneurs. L?argent accordé sous cet item varie entre Rs 10 000 et Rs 30 000.

(iii) National Level

L?aide accordée sous cet item permet aux fédérations de financer l?organisation des compétitions locales.

(iv) Assistance to High Level Athletes

Plus connue comme la bourse de haut niveau, cette aide financière accordée mensuellement aux athlètes de haut niveau leur permet de s?entraîner dans de meilleures conditions. Elle varie selon le niveau de l?athlète.

<B>Régionalisation</B>

Une somme d?argent est allouée à chaque fédération pour assurer la promotion de la discipline dans les régions.

Elle peut varier entre Rs 20 000 à Rs 1 m dépendant de la discipline.

<B>National Training Centres</B>

Cet item concerne, uniquement, les fédérations qui ont un centre de formation. Elles ne sont, valeur du jour que six fédérations qui en possèdent un, à savoir l?athlétisme, le football, le judo, le basket-ball, la boxe et le volley-ball. C?est normalement le football qui se taille la part du lion avec un budget de Rs 1 m pour cet item, suivi de l?athlétisme : Rs 500 000.

<B>Major International Events</B>

L?argent consacré à cet item est utilisé à financer des évènements internationaux sur le sol mauricien. Et, là encore il faudrait que la manifestation soit de taille, précise le PAS.

<B>National Team </B>

Il y a deux ans, cet item était consacré uniquement au football, d?ailleurs, il était connu comme la National Football Team. Mais il est dorénavant applicable à toutes les disciplines, que ce soit par équipes ou individuelles. Cet argent est utilisé pour financer le déplacement des grands groupes d?athlètes lors des compétitions à l?étranger.

LE MJS SE MONTRE PLUS SÉVÈRE

<B>Des mesures strictes annoncées pour la nouvelle année financière</B>

Le ministère de la Jeunesse et des sports (MJS) se montrera à la fois exigeant et sévère vis-à-vis des fédérations qui ne respecteront pas leur cahier des charges (contrat d?objectif) durant l?année financière 2004-2005.

Lors d?un point de presse, il y a quelques jours, le ministre des Sports a annoncé des mesures strictes à l?encontre des fédérations qui ne respecteront pas, en effet, les engagements pris. Il avait également déclaré que les fédérations qui se trouveraient en situation de conflits et qui ne font aucun effort pour mettre un terme à leur problèmes internes se verront priver de toute aide du MJS pour la nouvelle année financière. Toutefois, il avait rassuré en déclarant que : ?Nous allons tout de même continuer à assurer les frais de fonctionnement.?

Le MJS a décidé d?introduire, cette année, un nouveau système d?allocation qui tiendra en considération à la fois, la performance et le respect des engagements pris en début d?année financière.

<B>Un système de mesure des performances</B>

Le MJS mettra sur pied, à cet effet , un ?Key Performance Indicators? (KPI) qui permettra de jauger la performance des fédérations par rapport aux objectifs fixés. Un rapport régulier sera exigé à la fédération et c?est à partir de là que l?assistance financière leur sera versée.

Le système proposé par le MJS n?est pas sans faille non plus. Si les fédérations que nous avons contactées sont d?avis que la politique adoptée par le MJS en 2000 ? soit l?annonce du chiffre qui leur sera allouée pour l?année financière ? est une bonne chose, par contre, elles estiment que les procédures devraient être revues.

Bien des fédérations auraient préféré gérer elles-mêmes leur budget.

?Une fédération doit avoir un objectif à long terme. Dans le cas des disciplines olympiques ce sont les Jeux Olympiques. Le programme doit se faire donc, sur une olympiade. La fédération est donc, mieux placée pour connaître ses priorités. Or, le MJS nous impose un budget sans même prendre en considération nos priorités. Par exemple à l?approche des JO, notre priorité sera d?aligner nos joueurs à un maximum de compétitions afin de décrocher la qualification. Pour cela, il nous faudra un budget plus conséquent mais à notre grand étonnement on se rend compte qu?aucun effort n?est fait sous l?item de ?High Level Sports?, explique Rajen Sooben, président de l?Association mauricienne de badminton (AMB).

Vivian Gungaram, secrétaire de l?Association mauricienne d?athlétisme (AMAA) partage l?avis de Rajen Sooben sur ce point. ?C?est toujours le MJS qui a le dernier mot. Or, la fédération connaît mieux ses priorités. La meilleure solution serait que l?argent soit versé à une institution comme le Mauritius Sports Council et que nous puisions dedans pour nos dépenses ?, propose-t-il avant de poursuivre : ?Ce que je ne comprends pas, c?est que le MJS paye les billets d?avion plus cher que nous. Je comprends que l?Etat ne peut verser l?argent directement sur le compte des fédérations. Mais pourtant, il le fait dans le cas des centres de formation. Nous devons bien sûr présenter les documents justificatifs.?

Selon, le secrétaire de l?AMAA, il y a trop de bureaucratie dans le système actuel.

Réactions sur le système de KPI

Kayssee Teeroovengadum (président de l?Association mauricienne de volley-ball)

<B>? Il faudrait un système de partenariat ?</B>

?Personnellement je suis favorable à l?introduction d?un système de Key Performance Indicators. En effet, j?ai toujours dit qu?il faut professionnaliser la gestion des fédérations. Nous avons besoin de gens compétents et qui savent comment diriger une fédération. Le KPI favorisera la transparence au sein des fédérations. Mais qui mesurera la performance des fédérations, j?espère que ce ne seront pas des gens qui sont aussi moins performants que les dirigeants de fédération. Pour que le projet fonctionne, il faudra des gens compétents qui sauront ?monitor and mesure? le système. Il ne faudra pas que les autorités viennent se substituer aux fédérations. Sinon on se retrouvera dans une situation chaotique.

Pis, les fédérations doivent avoir leur mot à dire dans l?exercice de l?allocation budgétaire car elles connaissent mieux leur priorités. Il faudrait également plus de transparence au niveau du MJS. Car il faut le dire, souvent les officiers de ce ministère sont incapables de nous dire exactement combien d?argent il nous reste.

Pour résumer, je pense qu?il faut même aller plus loin que l?introduction d?un système KIP. Il faudrait un système de partenariat entre le MJS et les fédérations. Mais que ce partenariat soit sain. Les fédérations doivent pouvoir aussi juger la performance du MJS. Nous aurons alors un ?two-sided feedback.?

Acktar Toorawa (secrétaire de la Fédération mauricienne de tennis)

<B>?Le tennis considéré comme le parent pauvre?</B>

?Nous avons toujours obtenu ?well below?, de ce que nous avons toujours demandé. Les jeunes que nous avions encadrés depuis 1999 sont aujourd?hui âgés entre 16 et 17 ans.

Précison que , souvent à cet âge, nous les perdons car ils préfèrent se consacrer à leur études. La seule façon de les retenir c?est de leur donner l?occasion de participer à des compétitions ITF U18. Jusqu?ici, ils se sont toujours contentés des championnats d?Afrique juniors ou des championnats d?Afrique Australe.

En sus de cela, nous avons les tournois habituels dans lesquels nous participons comme la Coupe Davis.

Il ne faut pas oublier que nous avons également de grands projets. A l?exemple de Kamil Patel qui souhaiterait organiser un tournoi international doté de U$ 25 000.

Nous pouvons réunir le cash prize grâce à nos sponsors mais nous avons besoin du soutient du MJS pour pouvoir financer l?organisation. Même si nous pourrons compter sur l?aide de la Fédération internationale de tennis, sa contribution ne dépassera pas les 50 % du financement du projet.Aussi nous devons nous activer.

Le tennis a toujours été considéré comme le parent pauvre du sport mauricien. La FAB a fait ses preuves. Nous avons un centre que nous gérons nous-même. Cela nous attriste de voir que d?autres fédérations ont plus d?argent que nous et qui ne sont forcément pas performantes. Nous n?avions rien à les envier même en termes du nombre de licenciés.

Je pense que le ministre Ravi Yerrigadoo a été assez courageux d?introduire le système de KIP qui récompensera les fédérations les plus performantes.?

<B>Dossier réalisé par Neeta PERSAND</B>

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