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L?innovation
Le rideau tombera cet après-midi sur la polémique autour des places réservées dans les collèges catholiques. Avec, en outre, l?aboutissement de la revendication pour la comptabilisation des langues orientales au CPE et la fin du ?ranking? à cet examen, les questions passionnelles qu?il fallait résoudre d?urgence sont maintenant derrière nous. Le moment est venu d?intéresser les décideurs publics à la qualité et au contenu de l?enseignement.
Certes, le diocèse n?a pas encore entièrement mis au point la formule qu?elle adoptera pour admettre les élèves en ?Form 1? dans ses collèges mais on peut supposer qu?il est tout près de la solution finale. Du reste, il a annoncé hier qu?il compte, dès cet après-midi, ?communiquer les décisions qui ont été prises au sujet des critères d?admission dans les collèges catholiques?. Il pourrait, tout au plus, décider de jouer les prolongations pendant quelques jours mais on peut considérer que ce chapitre est clos.
Ce dénouement comptera parmi les résultats accomplis en trois ans et demi par le ministre Steven Obeegadoo. Des problèmes d?ordre identitaire qui parasitaient le débat éducatif sont évacués. L?aberration de la ?rat race? en fin de cycle primaire a disparu. Un dispositif est mis en place dans les écoles dites ZEP pour favoriser l?ascension sociale des plus modestes. Mais une question prioritaire demeure. Rien n?a été fait jusqu?ici pour moderniser le contenu de l?enseignement. Pour l?essentiel, les programmes scolaires actuels datent du temps colonial. La formation secondaire débouche encore sur le ?Cambridge School Certificate?.
Maurice est entrée dans l?ère de l?informatique et des services financiers sans que l?éventail des disciplines offertes soit devenu plus large. On n?a pas pensé à ceux qui entrent sur le marché du travail avec seulement un diplôme du secondaire. En revanche, ceux qui poursuivent des études tertiaires sont favorisés par le système parce qu?il est calqué sur un modèle anglais. Notre système d?éducation ne peut évoluer significativement tant que le cadre général reste fixé par les Britanniques de Cambridge.
Il est impossible de rénover le contenu de notre enseignement tant que le cordon ombilical avec Cambridge perdure. Nous sommes le dernier des pays africains à maintenir cette dépendance. Certains pays ont effectué le sevrage progressivement en conservant le HSC dans un premier temps. Mais tous ont fini par confier à des organismes locaux l?organisation des examens secondaires, quitte à négocier la reconnaissance de leurs diplômes avec des institutions prestigieuses.
On ne peut dans l?état actuel des choses, assurer une plus grande diversité dans les cours offerts. Certains ont préconisé le développement de l?esprit entrepreneurial à l?école, d?autres évoquent l?apprentissage de la citoyenneté et d?autres encore souhaitent voir inculquer la e-culture. Tout cela restera des v?ux pieux aussi longtemps que l?objectif de l?étudiant est d?acquérir les ?credits? de Cambridge.
Au niveau primaire, nos écoles ont été incapables de s?engager sur la voie des nouvelles technologies malgré les perspectives ouvertes par la promesse d?un ambitieux School IT Project. Si les décideurs ne veulent pas continuer à accentuer notre retard par rapport aux pays développés ils doivent vite régler les problèmes d?intendance qui bloquent l?exécution du projet.
La conception traditionnelle et les pratiques de l?enseignement doivent évoluer pour aboutir à une formation adéquate. C?est désormais l?équation à résoudre.
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