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Le marchand est ceinture noire

19 mai 2004, 20:00

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Shyam Bhugoo pousse sa moto et la range tranquillement dans un coin tout près de sa maison, située, à la route du Club, Beau-Vallon. Ce marchand de dholl purees vient de rentrer pour une pause après quelques heures passées sur la plage de Blue-Bay pour écouler ses produits, fraîchement préparés ce samedi matin.

A écouter parler cet homme à l?air timide, on ne devinerait pas qu?il détient un dan dans le Taekwondo. Dans une pièce, sont soigneusement installés des équipements pour des exercices physiques.

?J?ai toujours aimé faire les choses en toute discrétion et je pense qu?on réussit bien de cette manière?, dit-il.

Lorsque qu?on découvre les différentes étapes qu?il a traversées avant d?arriver à ce niveau, Sanjay a toute les raisons d?être fier. Il est maintenant entraîneur dans cette discipline et a créé sa petite entreprise de dholl purees, avec comme employés, trois de ses proches.

?Quand vous n?avez que quinze ans et que vous avez à soutenir et protéger une famille, je vous assure que ce n?est guère facile. Il faut le faire en toute simplicité?.

A 33 ans, Sanjay décide de se mettre à son propre compte après avoir tâté plusieurs métiers : laboureur, service de sécurité dans un établissement hôtelier avant d?enfourcher sa moto, pendant ses heures libres, pour vendre des dholl purees, une source de revenus supplémentaire.

?Mo pa ti ena soi . Mo ti oblizé fer li?. Après des kilomètres et des kilomètres dans la région de Mahébourg, Blue-Bay, Ville-Noire, pour vendre ses dholl purees, Sanjay se dit heureux d?avoir pu créer de l?emploi pour trois personnes dans sa petite entreprise. ?Si ou pe capav fer viv enn fami ou capav fer viv lezot oussi?, dit-il.

Dans le même souffle, il explique la philosophie qui l?a poussé à partager ses connaissances avec les jeunes qui veulent s?initier au Taekwondo. ?Je le fais par amour pas pour l??argent, même si je leur réclame une somme bien minime. Car le Taekwondo est un art qui exige une certaine discipline, pas seulement physique mais morale, également.?

A force de regarder papa entraîner et conseiller, trois fois par semaine, ses stagiaires, garçons et filles, âgés entre 7 et 30 ans, Medhna, la fille de Sanjay n?a pu résister. ?Je voudrais suivre les traces de papa?, déclare-t-elle, très sérieusement.

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