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S?accrocher coûte que coûte?

19 mai 2004, 20:00

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Impressionnée dès l?âge de douze ans par la dextérité des Rodriguaises qui excellent dans l?art du crochet et a convertir des pelotes de laine en objets d?art, Doriana Charlette a voulu les égaler dans ce domaine. Elle poursuit aujourd?hui cette activité chez elle, à Ville-Noire.

Consciente que le crochet révélerait ses secrets grâce à l?effort et la persévérance, Doriana ne râte pas l?occasion de profiter de l?expérience des autres. Elle se rend deux fois par semaine au centre social et au centre de Jeunesse de la localité pour des cours d?apprentissage.

Ayant acquis une certaine expérience, elle décide de faire de l?artisanat son métier. Pour y arriver, elle met toutes les chances de son côté et sollicite la National Woman Entrepreneur Council (NWEC) pour une meilleure orientation et comprendre la réalité du marché dans ce secteur. Cette organisation lui prête une oreille attentive et donne le bon signal à Doriana en lui proposant d?exposer ses oeuvres à Quatre-Bornes. En attendant, elle ne reste pas les bras croisés. Elle se creuse les méninges pour avoir de nouvelles idées pour son exposition.

?J?étais très émue lorsqu?on m?a fait entrevoir cette possibilité. Cette démarche m?a incitée à faire plus d?efforts pour augmenter le volume des produits d?artisanat?.

Malgré cette expérience enrichissante avec le National Woman Entrepreneur Council (NWEC), Charlotte est consciente qu?il y aura beaucoup d?obstacles à surmonter dans ce domaine avant de se lancer dans un programme d?expansion.

Elle explique qu?elle se bat depuis plus de quatre ans pour avoir un permis et développer sa propre entreprise. ?Je suis toujours dans l?attente d?une réponse. Et avec la cherté du loyer et le coût de la vie, je ne suis pas sûre de couvrir nos frais à long terme?.

Elle pense que la mobilisation des femmes entrepreneurs dans la région de Mahébourg est nécessaire pour augmenter la capacité de production dans le secteur de l?artisanat, améliorer la gestion, le contrôle de leur entreprise, même si chacun des promoteurs veut préserver l?originalité de ses produits. ?J?y crois,? dit-elle , même si une première tentative a été un échec dans le passé.

En attendant, Doriana suggère aux autorités d?aménager des espaces plus appropriés, sur le front de mer par exemple, où les visiteurs et les touristes pourraient voir les artisans à l??uvre étant donné qu?une grande partie du travail se fait manuellement.

Sur le plan de la formation, notre interlocutrice croit qu?il faut également offrir à la femme de nouvelles opportunités pour développer l?artisanat de manière plus professionnelle à Maurice. ?Avec les nouvelles exigences du marché, il nous faut des cours de formation, que ce soit dans la vente, le marketing et la communication. Nous ne pouvons plus opérer dans les mêmes conditions si nous voulons vraiment nous positionner sur le marché local, d?autant plus que les Malgaches ont déjà commencé à envahir le marché?, explique Doriana.

Pour que les femmes s?embarquent davantage dans les petites et moyennes entreprises à Maurice, cette mère de deux enfants suggère que les institutions bancaires revoient à la baisse les conditions qui sont attachées aux prêts et l?assouplissement des procédures avant d?y avoir accès. ?Ou bizin faire beaucoup démars. Ou decourazé parfois. Imaginé aster enn dimun qui pas kon ni lir ni ekrir?, fait-elle remarquer.

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