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Le vieillissement de la population coûte de plus en plus cher à l?Etat

5 mai 2004, 20:00

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Le vieillissement de la population continue à gonfler la note pour le paiement de la pension non-contributive (pension de vieillesse) et à mobiliser une bonne partie des revenus de l?Etat. Le problème ne fera que s?accentuer à l?avenir.

Les derniers chiffres sur les prestations sociales de l?Etat publiés hier par le Central Statistics Office (CSO) confirment cette tendance. La population du pays vieillit. En termes de pourcentage par rapport à la population totale, le nombre d?enfants âgés de moins de 15 ans est en déclin, passant de 26,2 à 23,2 % entre 1998 et 2003. En termes absolus toutefois, le nombre d?enfants est en légère hausse, de 303 000 à 307 000 durant la même période.

Par contre, durant la même période, le nombre de vieux âgés de plus de 60 ans augmente en termes absolus comme en termes de pourcentage. Maurice comptait 101 274 personnes de plus de 60 ans en 1998, contre 112 444 cinq ans plus tard.

Cette tendance démographique affecte les dépenses de l?Etat à l?item des prestations sociales. Le budget alloué à ce poste est passé de Rs 4,5 milliards en 1998, à Rs 7,8 milliards en 2003. Toutefois, le pourcentage que représente la sécurité sociale dans les dépenses globales a connu un repli marginal passant de 20,5 % en 1998 à 20,3% en 2003.

Rien que le paiement de la pension de base non contributive (pension de vieillesse) représente 37 % de cette enveloppe suivi par la pension des fonctionnaires à 27 %.

Le nombre de bénéficiaires de la pension de vieillesse a augmenté de 6 % passant de 108 784 à 116 966 de 1998 à 2003. Durant la même période, le montant payé a passé de Rs 1 150 à Rs 1 700. Aussi, le déboursement total à l?item de la pension de vieillesse a connu une hausse significative pour passer à Rs 2,8 milliards en 2003, contre Rs 1,7 milliard en 1998.

Trois fois plus de retraités en 2040

Selon le CSO, le poids de la pension de vieillesse deviendra de plus en plus lourd à supporter. Selon les projections, le nombre de retraités triplera en 40 ans pour atteindre 364 000. Le paiement de la pension de base, si elle n?augmente pas au cours des prochaines 40 années, coûtera à l?Etat Rs 9,4 milliards comparé à Rs 2,8 milliards l?an dernier.

Les autres types de prestations sociales, telles que les pensions pour veuves et pour handicapés augmenteront aussi à l?avenir.

Actuellement, on compte sept personnes qui travaillent pour un retraité. En d?autres termes, sept salariés contribuent au paiement de la pension de base non contributive d?un retraité. Dans 40 ans, il n?y aura plus que deux salariés pour supporter la pension d?un retraité.

Cette situation sera ingérable et insoutenable si rien n?est fait d?ici là. Plusieurs solutions ont déjà été formulées notamment le report de l?âge de la retraite à 65 ans. De multiples comités se sont penchés et planchent toujours sur la réforme du système de pension.

Par ailleurs, au niveau de la pension contributive sous le National Pensions Fund, les chiffres sont en progression. Entre 1998 et 2003, le nombre de bénéficiaires est passé de 28 295 à 34 7745. Le montant payé aux bénéficiaires de ce type de pension est aussi en hausse, passant de Rs 153 millions à Rs 310 millions.

Créé en 1976, le NPF réceptionne les contributions d?environ 15 100 employeurs. Ces contributions représentent en moyenne 6 % des salaires des employés. Les salariés quant à eux contribuent à hauteur de 3% de leurs salaires au fonds de pension. Les contributions reçues par le NPF sont en hausse. Elles se sont élevées à Rs 1,1 milliard en 2003, contre Rs 840 millions en 1998.

La croissance des contributions, de même que de meilleurs retours sur les investissements, ont permis aux actifs NPF de doubler en cinq ans pour passer de Rs 14 milliards à Rs 28 milliards durant la même période.

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