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Les cliniques se désemplissent

4 avril 2004, 20:00

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?ENA JOUR ou pas pou croire , travail batte lamoque, dimoune pas éna.? Ces propos tenus par un employé d?une importante clinique des Plaines-Wilhems résument la situation qui prévaut depuis presque deux ans dans nos cliniques privées. Selon les chiffres parvenus au ministère de la Santé, leur taux d?occupation aurait chuté de plus de 50 % ces deux dernières années. Le Dr Shyam Sungkur, Chief Medical Officer du ministère de la Santé, confirme avoir reçu l?information.

Le Dr Patrick Chui Wan Cheong, actuel président de l?Association des cliniques privées de l?île Maurice et directeur de la City Clinic à Port-Louis, s?inquiète de ce faible taux d?occupation. Des dizaines de millions de roupies ont été investies, dit-il, dans la médecine de pointe par le privé pour diminuer la pression dans les hôpitaux. Or, aujourd?hui on peut trouver les mêmes équipements dans le service public, constate-t-il. Les cliniques disposent d?environ 700 lits contre 3 000 dans les hôpitaux.

Jean Pilot, le directeur de la clinique Darné, à Floréal, est du même avis que le Dr Chui Wan Cheong. Il admet que certains soins dans les hôpitaux se sont considérablement améliorés et impute le problème à la prolifération des cliniques privées. Il ajoute que le pouvoir d?achat des Mauriciens s?est érodé et que nombre d?entre eux n?ont pas d?assurance-santé. Néanmoins, dit-il, sa clinique est une référence dans la région, même si elle n?est pas à la portée de tous.

La Clinique Mauricienne, à Réduit, cherche de son côté à offrir un service de qualité à un prix très compétitif, explique le Dr Haw Ng Leung Kit, selon la philosophie de son fondateur, le Dr Edgar Laurent. Il précise que ce sont surtout les Mauriciens de la classe moyenne et ceux au bas de l?échelle qui fréquent sa clinique parce qu?elle est abordable. L?accent y est mis sur les chambres communes et les soins personnalisés. Néanmoins, il concède que le taux d?occupation a aussi baissé. A son avis, les Mauriciens sont trop endettés et préfèrent investir, souvent à crédit, dans les téléphones portables, une nouvelle télé ou d?autres produits pour la maison. Il reconnaît aussi que les hôpitaux se sont bien améliorés.

La Nouvelle Clinique du Bon Pasteur, à Rose-Hill, essaie tant bien que mal à se tirer d?affaire. Ce n?est pas facile, explique, son directeur, le Dr Francois Tadebois. Si les cliniques privées en sont là aujourd?hui, dit-il, c?est parce qu?il n?y a pas de régulateur dans ce secteur où tout est devenu possible sans aucune planification. ?On ouvre des cliniques comme des boutiques et certaines pratiques suscitent des interrogations?? Il précise que la culture d?assurance-santé doit être encouragée par les autorités pour faire progresser ce secteur. Sinon, conclut-il, de nombreuses cliniques mettront la clé sous la porte.

Équipement high-tech

L?hôpital public est aujourd?hui en concurrence directe avec les cliniques. Certains responsables du privé soulignent que les hôpitaux qui investissent dans des équipements high-tech risquent de ne pas pouvoir les utiliser à l?avenir faute de personnel qualifié.

Les hôpitaux, naguère boudés par la classe moyenne, ont aujourd?hui la cote. Simla, la quarantaine, mariée et mère de deux enfants, est l?épouse d?un haut fonctionnaire. Elle accompagne sa mère aux urgences de l?hôpital Victoria. La malade, âgée, souffre de diabète et d?hypertension.

Simla précise que depuis son enfance sa famille ne fréquente que les hôpitaux. Selon elle, les soins sont meilleurs que ceux des cliniques privées malgré ce qu?on dit sur les médicaments. Elle précise qu?il y a toujours un médecin présent à l?hôpital. Pour elle ce n?est pas grave s?il faut attendre une ou deux heures pour les soins. Elle suggère que l?hôpital fasse payer ceux qui en ont les moyens, ce qui permettrait d?améliorer le service.

D?autres personnes interrogées sont d?accord pour payer au moins Rs 20 par mois afin d?obtenir un bon traitement à l?hôpital, à condition d?attendre moins longtemps, car les cliniques sont encore beaucoup trop chères.

Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, le nombre d?interventions chirurgicales, qui était de 34 827 en 2002, a dépassé la barre des 40 000 en 2003.

La tendance est toujours à la hausse et ce chiffre ne tient pas compte des opérations cardiaques. Le nombre d?accouchements dans les hôpitaux est de plus de 1 600 par an et les consultations ont atteint la barre de 2,7 millions en 2003.

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