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Le Caudan Waterfront largue les amarres
SIROTER un verre sur la terrasse d?un des cafés du front de mer, le visage caressé par le vent du large. Faire du lèche-vitrines au rythme jazzy d?artistes jouant live. Flâner sur l?esplanade les après-midi d?été parmi les couples enlacés admirant le coucher du soleil et les enfants gambadant, barbe à papa en main .
Grâce au Caudan Waterfront, Port-Louis, la nuit, suscite d?autres frissons que ceux de la peur. Et les développeurs du projet remettent ça ! D?ici quelques années, supermarché, pharmacie, quincaillerie et autres commerces proposant des articles de maison viendront s?ajouter à la panoplie de facilités déjà offertes.
Il y a dix ans, un pari fou était lancé : construire le Caudan Waterfront. Les sceptiques prédisaient que culturellement les Mauriciens ne sont pas prêts à accepter un front de mer. ?Rien qu?à voir les familles du faubourg de Port-Louis venir prendre l?air ici durant les après midis, on se dit que nous avons gagné notre pari?, se réjouit René Leclezio, directeur de Promotion and Development (Pad), chargé de l?administration du Caudan Waterfront.
En huit ans, le complexe de loisirs de la capitale s?est érigé en un endroit privilégié de détente pour tous les Mauriciens. Cet exploit a valu au Caudan Waterfront le Tourism Award pour 2003, le premier à être accordé depuis 1998. Le trophée lui a été remis il y a deux semaines. Cette reconnaissance ne fait qu?affirmer les promoteurs dans leur volonté de développer davantage le complexe. Leur objectif : offrir un service plus complet aux visiteurs. ?La tendance est vers le shopping utile dans un environnement agréable. Le convenience shopping, comme on l?appelle. Le front de mer de Cape Town duquel nous nous sommes inspirés ou encore Darling Harbour à Sydney ont vécu la même pression?, révèle René Leclézio.
Des facilités additionnelles au Caudan feront partie d?une deuxième phase du projet qui comprendra aussi des espaces bureaux. Les plans ont été soumis aux autorités depuis 1997. Les investissements requis étaient alors estimés à Rs 400 millions. Le site devant accueillir les travaux sert actuellement de parking en face du complexe abritant le Cinemaxx.
Aggraver l?embouteillage
Mais qu?est-ce qui retarde le projet ? Des considérations relevant du trafic routier, explique René Leclézio. Dans les présentes conditions, la deuxième phase viendrait empirer le bouchon à hauteur du rond-point de Caudan. ?Ce serait mortel pour nous?, estime l?administrateur du complexe. Et même si ce problème devait être réglé, il faudrait attendre que le tracé pour le métro léger soit finalisé.
L?idée fait néanmoins sourciller : supermarché et quincaillerie au Caudan ? Adieu environnement paisible et propre du front de mer qui suscite tant l?admiration ! Mais René Leclezio rassure : ?Nous réfléchissons à un certain type de service. La livraison des articles de construction, de décoration ou autre ne se ferait pas sur place. En revanche, nous pourrions proposer au client un service conseil professionnel, qu?aujourd?hui il ne peut avoir qu?en engageant des consultants.?
Au départ, il était question de construire une douzaine d?appartements de grand luxe au Caudan. Les plans sont prêts et la vente allait même commencer. Mais ?le marché n?est pas encore prêt pour ce type de projet?, avance le directeur de Pad
Le succès du Caudan repose grandement sur le ?client mix?. Boutiques haut de gamme, librairie, disquaire, restaurants et salles de cinéma se partagent l?espace avec food courts au menu varié et bazars d?artisanats et du prêt-à-porter. ?La perception est que les produits vendus sur place sont coûteux. Or, tel n?est pas le cas. Nos clients textiles, par exemple, pratiquent ici les mêmes prix que ceux de leurs boutiques se trouvant ailleurs dans le pays. Notre bazar d?artisanat fourni le marché central qui revend les produits à trois fois plus cher??, démythifie René Leclézio.
Au départ, Caudan Waterfront devait combler le manque d?espace shopping de qualité ressenti par l?industrie du tourisme. Ces commerces comptent à 50 % sur cette clientèle au pouvoir d?achat élevé. Huit ans plus tard, force est de constater que cette industrie ne soutient pas le complexe comme elle le devrait. ?Nous avons tout essayé. Les opérateurs ne jouent pas le jeu. On peut comprendre qu?ils veulent garder le touriste dans les hôtels. Mais lui faire découvrir le pays ne peut qu?être bénéfique à l?industrie sur le long terme?, fait remarquer l?administrateur.
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