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«La concentration de pouvoir chez les cadres doit être revue»

26 mars 2004, 20:00

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La Mauritius Commercial Bank (MCB) devra revoir la concentration des pouvoirs accordés aux membres de son personnel. C?est l?une des principales conclusions des experts en forensic de la firme singapourienne nTan Corporate Advisory. Celle-ci enquêtait, à la demande de la Banque de Maurice, sur les malversations financières au sein de la MCB et dont la découverte remonte à février 2003.

Le Gouverneur de la Banque centrale, Ramesh Basant Roi, a rencontré les membres du conseil d?administration de la banque hier après-midi pour évoquer le contenu du rapport. Il a demandé aux responsables de l?institution bancaire d?accélérer l?exécution des recommandations formulées par les experts.

La Banque centrale avait décidé, dès la découverte de la fraude, de confier la tâche d?une investigation exhaustive sur les malversations à une organisation indépendante, vu l?envergure et les implications des irrégularités sur l?ensemble du système bancaire. Le cabinet nTan commença son travail une fois nommé par les autorités bancaires mauriciennes en mars 2003. Les experts singapouriens avaient bénéficié du soutient des cadres du département de la supervision de la Banque centrale pour mener à bien leur mission.

Revoir les systèmes de contrôle

Pendant des mois, les enquêteurs se sont attelés à mettre à plat les diverses pratiques en cours au sein de la MCB. L?investigation devait révéler les techniques utilisées pour falsifier les comptes des dépôts fixes ainsi que celles utilisées pour détourner les fonds du National Pensions Fund (NPF). Pour les experts du forensic, il était clair que les mécanismes traditionnels de contrôle au sein de la première banque à Maurice avaient été abusés.

C?est ainsi que nTan Advisory Corporate recommande que la MCB prenne des dispositions pour consolider ses systèmes de vérifications internes. Les mécanismes de contrôle reposant sur les relations de confiance entre les différents échelons d?employés n?auront plus la cote.

La banque devra d?ailleurs demander aux cadres traitant avec des clients de prendre des congés (Compliance Leave), pendant lesquels les superviseurs et les auditeurs concernés procéderont à une vérification de leur travail. Cette pratique éviterait qu?un employé n?occupe un poste pendant suffisamment longtemps que pour être capable de contourner les règles de contrôle.

La Banque de Maurice note cependant «avec satisfaction» que la MCB a, depuis février 2003, pris beaucoup de mesures pour améliorer sa structure de gouvernement d?entreprise. La banque a entrepris depuis une vaste réorganisation de ses zones à risques. Un comité d?audit opérant sous la tutelle du conseil d?administration fut même institué.

L?agence de notation Moody?s avait du reste trouvé «positif» les efforts déployés par la banque pour améliorer ses procédures de gestion de risques opérationnels. L?organisation bancaire a en effet mis en place un département spécifique, dont la tâche sera de gérer les risques conformément aux normes internationales.

En début de semaine, Moody?s avait décidé de maintenir la note de la MCB à «D». En juin 2003, l?agence de notation avait rétrogradé le Financial Strength Rating de l?institution mauricienne de «D+» à D dans le sillage de la découverte de la fraude.

La notation fut placée sous surveillance depuis. Les efforts entrepris par la banque ont pu lui éviter une détérioration de sa note.

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