Publicité
Philippe Noiret, bourru-au-grand-coeur
Cannes, printemps 1989. Le public de la grande salle du Palais des Festivals, debout, applaudit à tout rompre, larme à l??il... C?est un triomphe pour Cinema Paradiso et ses interprètes, Philippe Noiret en tête. Le film obtiendra d?ailleurs le Grand Prix du jury et sera couronné d?un joli succès, Noiret confirmant qu?il est très apprécié du grand public. Sa bonhomie le préserve de tout effet de mode. Il suscite toujours la sympathie, qu?il incarne un aristocrate éclairé ballotté par les événements de 1789, dans Chouans!, ou l?empereur du Brésil dans Toscanini. Ce sont ces qualités humaines, ainsi que sa facilité à jouer les ?bourrus-au-grand-c?ur? qui s?épanouissent dans La vie et rien d?autre; ce film qui lui apporte un second César d?interprétation et le Félix du meilleur acteur européen.
Noiret apparaît aussi bien en France qu?en Italie (sous la direction de Rosi, Zeffirelli, Tornatore...), tournant avec frénésie, reprenant parfois d?anciennes créations comme dans Ripoux contre ripoux, ou jouant des partitions ?sur mesure? (chez Leconte, Berri ou Oury). Mais il étonne en abordant un cinéma estampillé ?d?auteur?, avec un contre-emploi d?homosexuel las, dans J?embrasse pas. De son abondante filmographie ressortent aussi sa création puissante et ambiguë d?un écrivain inspiré d?Émile Ajar/Romain Gary dans Faux et usage de faux, et l?ampleur qu?il a donné au tueur retraité de Max et Jérémie. ?J?interviens très peu dans le déroulement de ma carrière, je laisse venir les choses? déclare-t-il au moment de la sortie de ce film. Et il semble alors effectivement fonctionner à l?envie, s?amusant beaucoup en compagnie de ses compères Rochefort et Marielle dans Les grands ducs ou jouant son propre rôle dans Grosse fatigue. Il semble au-dessus des préoccupations de box-office et tourne certains films intimistes pour le plaisir..
Dominique Maillet lui offre un rôle de monstre sacré, Le roi de Paris, inspiré de Sacha Guitry (dont il tourne en 1996 un scénario porté au petit écran par Philippe de Broca, (Le veilleur de nuit). Le même lui avait consacré en 1989, un ouvrage dont la préface fut écrite par le président Mitterrand. Suprême honneur, pour une personnalité régulièrement citée par les enquêtes d?opinion comme l?une des dix ou quinze favorites des Français. Il incarne un nouveau personnage historique, Pablo Neruda, dans Le facteur, qui connaît un succès mondial. Enfin, en septembre 1997, il revient au théâtre en compagnie de Michel Bouquet dans Les côtelettes, première pièce écrite par Bertrand Blier.
(Source : Monsieur Cinéma)
Publicité
Publicité
Les plus récents