Publicité

L?Asie pleine de promesses pour l?offshore

25 mars 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

MAURICE a beaucoup à gagner à se faire mieux connaître sur les marchés asiatiques dans le domaine de l?offshore. Le potentiel est réel. La Financial Services Promotion Agency (FSPA) ouvre une première brèche avec la mission qu?elle mène actuellement dans cette région.

Le séminaire sur l?offshore mauricien, qui s?est tenu hier à l?hôtel Raffles de Singapour, permet deux principales observations. Maurice suscite un grand intérêt de la part des professionnels singapouriens. La salle comble pour cette présentation de l?offshore, qui a réuni 260 participants, en témoigne. De plus, il semble qu?à Singapour, on ne jure que par les centres offshore des îles Vierges britanniques et des îles Cayman. Maurice est assez méconnue.

?J?ai rencontré de nombreux opérateurs singapouriens qui investissent beaucoup en Chine mais qui passent par les British Virgin Islands. Ils ne connaissent pas les avantages que Maurice peut offrir à travers son traité de non double imposition avec la Chine?, déclare Christiane Yeung, de l?International Management (Mauritius) Ltd.

La présentation d?hier à Singapour a donc le mérite de placer Maurice sur la carte des professionnels de ce pays. ?Nous faisons beaucoup de business avec les îles Cayman mais, après avoir entendu cette présentation, je pense que Maurice est plus intéressante. Pour un fonds de pension américain réputé comme Calpers, ce serait mieux de traiter avec Maurice qu?avec les îles Cayman. Maurice offre une meilleure crédibilité et une meilleure image. S?il s?agit de gérer une fortune familiale, qu?importe la juridiction mais, pour un fonds de pension ayant pignon sur rue, Maurice serait mieux?, déclare David Spence de la société Eurekahedge Pte.

Crédibilité, sérieux et transparence sont justement les principaux arguments développés par le ministre de l?Industrie et des Services financiers, Sushil Khushiram, dans sa présentation. Le développement de l?offshore et des services financiers à Maurice s?inspire des préceptes de Lee Kwan Yew, notamment la crédibilité à tout prix, lorsque ce dernier avait lancé ce secteur d?activité au Singapour.

Absente de la liste des paradis fiscaux

S?inspirant de cet exemple, Maurice mène depuis ces trois dernières années un vaste programme de réforme au niveau de l?encadrement légal et institutionnel de l?offshore et des services financiers en général, rappelle Sushil Khushiram. Maurice a pris les devants pour se conformer au nouvel environnement mondial où la lutte contre le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme est devenue une préoccupation majeure.

Le pays ne figure pas sur la liste des paradis fiscaux et le système financier a été bien noté par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. ?La crédibilité est ce qui importe le plus pour le développement d?un secteur financier viable à long terme?, poursuit Sushil Khushiram.

Par ailleurs, le ministre a profité du séminaire d?hier pour positionner Maurice une nouvelle fois comme courroie de transmission entre Singapour, l?Inde et l?Afrique. Il a rappelé à l?assistance que Maurice, à travers son centre offshore, est la deuxième source d?investissements en Inde.

De même, Maurice est un tremplin naturel vers l?Afrique grâce à son appartenance aux blocs régionaux de la SADC et du Comesa. Avec l?explosion des prix des commodités, le continent africain est certainement ?la dernière frontière? pour les investisseurs internationaux.

Mike Rees, Chief Executive Officer de la Wholesale Bank de la Standard Chartered Bank, a abondé dans le même sens en prévoyant une évolution du flux de capitaux de région à région. Les investissements ne se feront plus uniquement de l?Occident vers l?Orient. L?économie mondiale se rétablit. La confiance repart. Le commerce et l?investissement connaissent une croissance supérieure à la croissance économique mondiale.

La Chine s?éveille et influence les flux commerciaux en Asie et au niveau mondial. L?Inde aussi. La demande chinoise occasionne une flambée des prix au niveau des commodités au bénéfice de l?Afrique, notamment. La croissance se répand au Moyen-Orient et en Afrique. Ce scénario implique des besoins croissants en investissements dans les infrastructures, analyse Mike Rees.

Avec leurs énormes réserves en capitaux, les investisseurs singapouriens ont devant eux de bien belles opportunités. ?Maurice a son rôle à jouer pour le montage financier de ces investissements. Il est idéalement bien placé et son réseau de traité de non double imposition permettra aux investisseurs singapouriens et asiatiques de réaliser des placements plus profitables?, ajoute Mike Rees.

Grandes ambitions

Sur ce chapitre, Muhammad Uteem, avocat spécialisé dans la constitution de trusts et Keith Tuberville, directeur d?Investec Trust (Mauritius) Ltd, ont donné à l?assistance des exemples concrets de la manière dont la juridiction mauricienne peut être utilisée pour réaliser des bénéfices et des économies profitables.

Par ailleurs, le ministre Khushiram et les responsables de la FSPA ont eu un petit-déjeuner de travail avec les associations d?hommes d?affaires de Singapour, notamment le Network India qui regroupe les investisseurs et facilitateurs sur le marché indien et la Singapore Business Federation. Une trentaine de personnes y étaient réunies.

Organisée par la Standard Chartered Bank qui est implantée dans l?offshore mauricien, cette réunion témoigne de la confiance que place cette institution dans le développement du centre financier local. ?Nous sommes heureux de notre progression depuis que nous nous sommes installés à Maurice et nous sommes confiants que ce pays émergera comme un centre international et que les flux d?investissements en provenance d?Asie seront croissants?, a témoigné son CEO Mike Rees.

Sushil Khushiram a, pour sa part, déclaré que Maurice est un petit pays avec de grandes ambitions. ?Nous aimerions être à l?Afrique et à l?Inde ce que Singapour a été pour le Sud-Est asiatique.? Le pays dispose d?avantages compétitifs qu?il peut faire valoir. En partenariat avec l?Inde, Maurice veut se positionner comme le premier centre d?externalisation francophone du monde, a ajouté le ministre.

La Standard Chartered Bank a aussi organisé hier un déjeuner de travail entre, d?une part, la FSPA et des prestataires de services locaux triés sur le volet et, d?autre part, une trentaine des plus importants clients corporate de la banque.

Ce type d?action correspond à la volonté de la FSPA d?avoir un impact marketing plus important en s?appuyant sur les réseaux établis de nos partenaires. Plutôt que la pêche à la senne, la FSPA privilégie la pêche à la ligne avec des cibles définies qui devraient donner de meilleurs résultats.

De notre envoyé spécial à Singapour

Stéphane SAMINADEN

Publicité